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Fan Fictions - L'adieu aux braves - Acte 1 (Kcaj Coleman) Actualités Star Wars

L'adieu aux braves - Acte 1 (Kcaj Coleman)

Auteur : Grand Admiral Thrawn


Prologue : Fatalité

C’était le jour fatidique où la République allait s’effondrer. Le jeune Anakin Skywalker, torturé à l’idée de perdre Padmé et terrifié d’affronter à nouveau l’inéluctabilité de ses visions finirait, aujourd’hui, par basculer du Côté Obscur de la Force. Tel était le plan de Darth Sidious, ou plus communément appelé « Chancelier Suprême Palpatine ». Et la découverte de sa personnalité réelle par le jeune homme n’allait pas à l’encontre de ses intentions, bien au contraire. Il allait sans doute hésiter, puis le rejoindre. Ou alors prévenir ses pairs, qui allaient débarquer en troupeau prétentieux, comme le font généralement les Jedi. Alors, il les éliminerait et Anakin craquerait rapidement… Car il était faible. Fort dans sa maîtrise de la Force, mais terriblement faible psychologiquement. Le jeune homme était prêt à tout pour sauver la sénatrice de Naboo, et cet amour causerait sa perte. Les Jedi avaient de nombreux défauts aux yeux de Sidious, mais il fallait bien reconnaître qu’ils avaient rapidement compris quel danger représentait une relation amoureuse pour leurs jeunes recrues.

Le Seigneur Sith, sous ses traits de Chancelier Suprême, jubilait en attendant patiemment les quelques heures qui le séparaient de son triomphe. Lui, Darth Sidious, allait réussir là ou des centaines de Sith avaient échoués avant lui : il allait anéantir les Jedi. Les détruire pour toujours, grâce à un plan savamment préparé. Oui, Darth Sidious était jubilatoire. Il ricana en posant ses yeux sur Coruscant, au travers de la large baie vitrée de son bureau. Plein d’idées de réaménagement de son futur Empire germaient dans sa tête, il pourrait bientôt accomplir ses rêves et sortir de l’ombre toutes les machinations diaboliques que son cerveau conservait bien à l’abris.

* * *

Il les sentit, mais lorsque la porte s’ouvrit le visage hargneux du Jedi Mace Windu le foudroya du regard. Il n’était guère surpris, après tout il était bien plus puissant que ces Jedi, il avait réussi durant des années à les côtoyer en tant que leader de la République, et pas un seul ne l’avait démasqué. Il ne pu s’empêcher de prononcer ses dernières paroles en tant que « Chancelier Palpatine ».

-Maître Windu ! Dois-je comprendre que le Général Grievous a perdu ? A vrai dire, vous arrivez plus tôt que je ne le pensais…

-Au nom de l’Assemblée Galactique du Sénat de la République, vous êtes en état d’arrestation Chancelier. Déclara Windu, dont la lame se déclencha au même rythme que celles de ses trois camarades.

-Vous osez me menacer ? Cracha Sidious, dont le cœur accéléra, impatient de pouvoir enfin briser un Jedi de ses propres mains. Il avait toujours employé des sbires, pour accomplir son plan dans la plus grande discrétion, et ça avait porté ses fruits. Mais en lui bouillonnait l’envie d’agir en Sith, et de terrasser un Jedi. Il se leva, prêt à bondir, alors que le maître Jedi répliqua sèchement.

-Le Sénat décidera de votre sort.

-C’est MOI, le Sénat !

-Pas encore…

-L’heure est à la trahison, alors…

Enfin, Darth Sidious émergea des ténèbres de la Force, le voile se déchira sous l’œil de Mace Windu et de ses comparses, le Sith plongea par-dessus son bureau à l’aide de la Force, et le terrible combat s’engagea.


* * *

Vaincu… il était vaincu. Impossible ! Mace Windu se dressait haletant face à lui, la lame violacée menaçante frôlant son corps désarmé et affalé contre le sol. Enfer, il fallait l’avouer, Windu l’avait vaincu l’arme à la main, mais seule sa fierté en avait pris un coup, car s’il déchaînait sa puissance, il le briserait. Anakin était là, alors l’idée germa dans son esprit. Quelle fatalité, sa défaite allait lui permettre de prendre Skywalker, immédiatement. Windu, aussi fort sois-tu, tu venais sans le savoir, de donner à un Sith l’occasion de conquérir l’univers avec un nouvel apprenti. Oui… on venait de lui servir la vengeance sur un plateau d’argent !

* * *

-Désormais, tous les Jedi sont des ennemis de la République…

Ces mots étaient le premier châtiment.

Anakin Skywalker pénétra dans le Temple Jedi à la tête du bataillon de clones. Et alors, il commit ses premiers pas sous le nom de Darth Vader.

-Exécutez l’Ordre 66…

Ces mots étaient le deuxième châtiment.

Partout dans la galaxie, les soldats tuèrent leurs commandants. Ils firent leurs premiers pas sous le nom de Stormtroopers Impériaux.

Anakin Skywalker avait disparu. Les Clones avaient disparus. La République avait disparue. Les Jedi avaient disparus…

En tout cas, ils n’étaient plus visibles…

Car au plus profond de la Force, des centaines de Jedi vivaient cachés des yeux de l’Empereur Palpatine.




Acte 1 : La lame du Maître Windu

Kcaj Coleman était amer. Après tout, ils n’étaient que deux Ongree parmi l’Ordre Jedi, et les deux avaient siégés au Conseil des Jedi. Coleman fut le deuxième, nommé tardivement par le Conseil pour remplacer le légendaire Oppo Rancisis, et l’Ordre 66 lui avait ôté toute chance de pouvoir prouver sa valeur. Finalité de tout ça, personne ne connaissait son nom. Mais ce n’était pas un sentiment Jedi que la recherche de la célébrité. Non, ce qui rendait amer Kcaj, c’était que son anonymat soit la raison qui lui permettait de survivre dans les étages intermédiaires de Coruscant sans être inquiété par les patrouilles de Stormtroopers Impériaux. Affalé contre un mur de permabéton, Kcaj était recouvert par une couverture grossière qui masquait à peine sa tête en forme d’enclume, typique de son espèce. Malgré tout, on le prenait pour un clochard comme un autre, dévasté par la création de l’Empire Galactique. L’Empereur Palpatine avait rapidement fait effectué un certains nombres de mesures politiques, approuvées par ses esclaves du Sénat, visant à le glorifier à travers toute la galaxie. Et c’était une ironie que Kcaj Coleman soit adossé aux pieds d’une grande statue dudit Empereur.

C’était tout aussi miraculeux pour un Jedi d’avoir survécu à l’Ordre 66 que de survivre dans la planète ville sans faire usage de ses pouvoirs. Après tout, rien de plus facile pour un Maître Jedi que d’influencer un esprit faible pour obtenir nourriture et logis. A plus forte raison, lorsqu’on était un ancien ami de Qui-Gon Jinn, dont l’attitude rebelle lui avait valu nombre de réprimandes. C’est en pensant à son ami que Kcaj tâtonna un long objet cylindrique sous sa couverture, un sabre laser. Mais pas le sien, l’arme qui lui avait sauvé la vie.

-Mace…

* * *

Coruscant, deux ans auparavant.

Le Jedi Kcaj Coleman brillait dans la foule de la capitale, marchant à la recherche de son indic, la nuit tombante. Une perturbation dans la Force l’incitait à la prudence, mais son comlink ne bipant pas, il ne jugea pas nécessaire de rallier le Temple. Au Conseil ! On l’avait nommé au Conseil des Jedi depuis quelques jours maintenant, et cet évènement rendait l’Ongree formidablement fier. Certes, au sein de cette Guerre des Clones, sa nomination était surtout due à la mort d’Oppo Rancisis, mais il s’en moquait. Il aurait tout le temps de prouver qu’il n’usurpait pas sa place. Tournant dans la ruelle, sous le ciel sombre, une véritable tempête se déchaîna dans la Force, si puissante qu’elle le fit vaciller et chuter au sol. C’était si « palpable »… presque douloureux. Relevant les yeux au travers des buildings de Coruscant, il braqua son regard sur le pic d’émanation de la Force, et aperçut au loin des éclairs provenant du…du bureau du Chancelier Suprême ?! Alors qu’il fonçait jusqu'à son speeder, garé plus loin, il s’empara de son comlink.

-Ici le Maître Jedi Kcaj Coleman, code de priorité Bêta 789-82B, j’appelle le Temple Jedi. Allô ?

La voix électronique préenregistrée du réseau de communication planétaire lui indiqua que les transmissions étaient temporairement impossibles, compte tenu d’une procédure de réalignement du réseau satellitaire ordonnée par le Chancelier lui-même.

-Par tous les Sith… il fallait que la Bataille de Coruscant aie endommagée ce foutu réseau !

Eteignant son comlink, Kcaj hésita entre rejoindre le Temple chercher des renforts ou se ruer au secours de Palpatine, sans doute agressé par le Seigneur Sith dont le Conseil soupçonnait l’existence. Réponse évidente, il démarra son speeder et fonça dans les rues de Coruscant alors qu’une puissante douleur vrilla son cœur lorsqu’il sentit Mace Windu, un ami proche, être frappé d’une terrible puissance. Un choc bref l’avait déstabilisé, puis il venait d’être vaincu. Mais pourtant, Maître Windu était sur Coruscant, alors… il aurait échoué face au Sith ? Kcaj ne voyait pas d’autres explications, pour que Mace soit vaincu sur la planète.

Un frisson parcouru son échine alors qu’une forme humaine fut jetée hors du bureau de Chancelier et ne percuter un immeuble à quelques mètres de lui. Etait-ce le hasard, ou la Force, Kcaj n’en savait rien. Mais le corps de Mace Windu s’écrasa non loin de lui, et il arrêta son speeder pour se précipiter vers son ami.

-Mace ! Mace, tiens bon !

S’agenouillant près du corps brisé de son ami, il remarqua sa main tranchée, et l’expression douloureuse sur son visage. Mace Windu, fervent défenseur de l’Ordre était sans doute le plus à même de défaire un ennemi au combat… et il gisait là, alors que Kcaj apposa sa main sur lui, envoyant dans le flot de la Force des ondes apaisantes.

-Que s’est-il passé ? Demanda-t-il, sachant pertinemment qu’il s’agissait là des derniers mots d’un des plus grands Jedi.

-Le… Chancelier… est un Sith. An…Anakin a basculé…

Kcaj Coleman avait reçut une formation sommaire de guérisseur, et il parvînt à établir assez rapidement que Windu était sévèrement blessé par des brûlures et que son corps, bien qu’il eu le réflexe de freiner sa chute, ne se soit brisé lors de l’impact. Des os éclatés, un poumon perforé… Coleman ferma les yeux de tristesse, sentant la colère bouillonner en lui, alors que les yeux de son camarade le fixèrent avec une force plus grande que jamais.

-Il n’y a pas de mort… il n’y a que la Force.

-Oui, mon ami… la Force sera avec vous… à jamais.

Mace Windu attira l’Ongree vers lui et murmura quelques mots lourds de sens… que Kcaj allait se jurer d’arriver à se concrétiser.

-Sidious sera vaincu… je l’ai vu…

Mace Windu glissa lentement en arrière, alors qu’une lumière blanchâtre auréola son corps disparaissant dans le flot de la Force. Seul, agenouillé dans un bas-fond de Coruscant, Kcaj Coleman serra les poings et les abattis sur le sol. Il se releva, le cœur serré, et déambula jusqu'au pieds du bâtiment administratif d’où émanait le Côté Obscur avec une telle intensité qu’il se serait cru proche d’un cyclone. Il allait pénétrer par les couloirs obscurs des services de sécurité Jedi et remonter jusque dans son bureau… puis il tuerait Palpatine, et sauverait la galaxie. Son pied heurta un objet, qu’il ramassa et fixa à sa ceinture en comprenant qu’il s’agissait du sabre en électrum de Maître Windu.
-Même à l’article de la mort, Mace le guerrier, invoqua la Force pour que son épée perdure… Je serais, dès aujourd’hui, le bras vengeur des Jedi.

Sans violence, sans haine, l’Ongree voulait terrasser Sidious pour l’empêcher de répandre les ténèbres dans l’univers. Il agissait comme un Jedi. Et il sentait une immense fierté l’envahir alors qu’il pénétra dans le bâtiment.

-Palpatine… Sidious… Sith ou politicien… qui que tu sois, je te ferais payer tes actes.

Alors, Kcaj sentit les présences. Trois ou quatre. Des êtres qu’il avait déjà croisés, sans jamais y prêter attention. Les gardes rouges, accompagnés par une sinistre silhouette, dont le sabre laser bleu s’était déjà allumé. Kcaj, dont l’épée jaune se déclencha par réflexe, recula d’un pas en voyant la haine accumulée dans les yeux d’Anakin Skywalker.

-Skywalker… Chevalier Skywalker, je t’ordonne de quitter ma route et d’aller te rendre au jugement des notre. Sur le champ.

Le jeune Jedi passé du Côté Obscur ne répondit que par un regard aux gardes, qui s’écartèrent alors que le Chevalier chargea le maître Jedi. Kcaj Coleman était versé dans l’art du sabre, comme tous les Jedi, mais il était surtout animé par une volontée à toute épreuve. Anakin projeta une onde de la Force devant lui, qui fit reculer le maître Jedi comme s’il venait de prendre un aérotrain en pleine poitrine. Darth Vader, comme on le nommait désormais, frappa vers la tête de toutes ses forces, et Kcaj contra en remontant sa lame, puis il la fit glisser en avant et plongea sur son ennemi, qui pivota sur sa jambe pour esquiver tout en se dégageant. Il se retrouva derrière le Jedi, qui plongea en avant à l’aide de la Force, esquivant ainsi le balayage que le jeune homme avait asséné vers son dos. Il se retourna et se lança à l’attaque, près à sortir son deuxième sabre, et prendre Vader par surprise. Mais soudain, l’apprenti obscur tendit la main en avant et serra l’air, stoppant net Kcaj qui ressentait des doigts invisibles se resserrer autour de sa gorge. Il quitta le sol, toujours maintenu par une pression fantastique dans les doigts de Darth Vader. Soudain, la lame d’un sabre laser se planta dans son flanc, lui arrachant un cri de douleur strident, typique de son espèce. Anakin dégagea sa lame et la leva pour l’achever, lorsqu’un des gardes rouges bondit en avant et s’interposa. Kcaj n’était pas le meilleur combattant, mais son don de persuasion était le plus développé parmi tous les Jedi de l’Ordre. Le garde occupa Vader suffisamment pour que le Jedi se dégage de cette poigne invisible, et ne réactive son sabre juste temps pour parer la frappe qu’Anakin voulu lui loger dans le crâne. Kcaj sentait la peur s’immiscer en lui alors que Darth Vader ne lui imposait des frappes terribles, toujours plus rapides et précises. L’équilibre de l’échange ne dura pas longtemps, et Kcaj reçut un deuxième coup sur le poignet, déchirant son bras gauche. Il lâcha son sabre et fut repoussé en arrière par l’onde de la Force, il bascula par-dessus le parapet du chemin d’accès et resta suspendu au dessus du vide des tréfonds de Coruscant. Rien pour stopper sa terrible chute de plus d’un millier de kilomètres vers la surface, il ne devait pas lâcher. Vader esquissa son sombre visage par-dessus le parapet et le toisa quelques secondes, inexpressif.

-Skywalker… abandonne la haine ! Rejoins la Lumière, les Jedi te pardonneront…

-Je n’ai que faire du pardon des traîtres…

Anakin tendit la main ouverte vers le Jedi et lança une onde de choc qui le fit lâcher prise et plonger dans les profondeurs de Coruscant. Kcaj Coleman plongea dans l’obscurité, animé par ces mots qui résonnaient dans sa tête : « Il n’y a pas de mort… il n’y a que la Force ». Kcaj fit appel à la Force, à toute sa connaissance et parvînt à orienter sa chute, passant à travers une vitre d’un appartement miteux. L’impact fut violent et totalement impossible à amortir plus que cela ne l’avait déjà été fait. Dans les débris de verres, il sentit ses jambes brisées, et les blessures infligées par son ennemi, il resta allongé le temps de reprendre conscience. Combien de temps avait-il passé ici, dans cet endroit abandonné de Coruscant ? Ses grands yeux globuleux s’embuèrent tout seul alors qu’une douleur plus grande que celle infligée par ses blessures ne transperça son cœur. Il sentit la Force vaciller, comme si de secondes en secondes, la vie était diminuée. Des gens mourraient, et pas n’importe qui. Une si grande perturbation ne pouvait se propager qu’avec la mort de milliers de Jedi… Il sentit la mort de Plo Koon avec une grande intensité, ce qui lui arracha des cris désespérés, alors qu’il rampait vers la sortie, se traînant sur le sol recouvert de débris. Il ouvrit la porte dans un ultime effort, avant d’atteindre le couloir et de paniquer de plus en plus. Non… non…non ! Les Jedi ne pouvaient pas être détruits, ils étaient le Bien ! Le Bien triomphait du Mal… Une terreur indicible se fraya un chemin dans la Force, un message que Zonfen Bako, Jedi du Temple, venait de ressentir. Il était attaqué par les soldats clones, et avait aperçu la silhouette ténébreuse de Darth Vader pénétrer dans la salle du Conseil. Peut être était-ce dû à sa proximité du massacre, mais Kcaj entendit les pensées de son camarade Jedi, et ces mots lui glacèrent le sang : « Non… j’ai caché les apprentis là-bas ! Je dois les sauver… maudits clones, ils sont trop nombreux ! Non, non ! Nooooonnn !!! »

-Nooooooonnn !!!! S’écria Kcaj alors qu’il sentit disparaître les jeunes apprentis du Temple uns à uns. Des larmes coulèrent de ses yeux, et il s’effondra sur le sol, épuisé, secoué de spasmes à cause de son chagrin.

* * *

Ses yeux se rouvrirent lentement, la douleur toujours atroce dans ses jambes rendait impossible de savoir si il pourrait se lever. Un bruit attira ses sens toujours aiguisés de Jedi, un craquement de verre sous une botte solide. Ses yeux se tournèrent lentement pour fixer l’obscurité du couloir abandonné, et il n’y vit pas de trace de mouvements. Il devina où il avait terminé sa chute, un des vieux appartements abandonnés de Coruscant, jadis les plus élevés. Aujourd’hui, la lueur du soleil n’y parvenait même plus, et les néons des quartiers animés n’y brillaient pas. C’était un no man’s land où les criminels se donnaient parfois rendez-vous, même s’ils préféraient les cantinas, où toute trahison serait rendue publique immédiatement. Encore se bruit de pas, plus proche et plus puissant. Plus nombreux aussi. Un groupe s’approchait. Qui pouvait traîner ici, Kcaj l’ignorait, mais la Force signala un danger. Il chercha son sabre laser, mais ne le trouva pas. Seule la lame de maître Windu pourrait lui servir à se protéger de ceux qui approchaient. Soudain, une voix résonna dans un couloir derrière lui.

-Unité 1, à l’étage, unité 2 en dessous. Il est tombé par ici, le Seigneur Vader veut qu’on lui ramène le cadavre du Jedi pour s’assurer de sa mort. Et n’oubliez pas, s’il vit. L’Ordre 66 est toujours en vigueur.

-Bien compris !

Kcaj Coleman frissonna. Dans son état, il ne pourrait pas s’échapper de la patrouille de clones… encore moins combattre. Hors de question de faire appel à la Force, son esprit avait compris dès les premiers instants de cette crise que l’utiliser reviendrait à lancer un appel à Sidious, lui signalant la présence de Jedi dissidents. Non… le devoir de tout Jedi désormais, c’était de survivre. Survivre et attendre le moment propice à la révolte, le moment de montrer à l’univers que le Bien l’emporte sur le Mal. Le temps du retour des Jedi. Une idée lui vînt, il activa le sabre laser de maître Windu, et commença à découper le sol autour de lui, grimaçant de douleur.

-Commandant, par-là ! Du bruit !

-Escouades, rassemblement a l’étage 759 !!

Kcaj termina sa découpe et tomba vers à l’étage du dessous dans un choc assourdissant. Il tendit ses mains en avant et désactiva la lame alors qu’il appela à lui toute la puissance de la Force.

-Il existe une alternative… Je suis toujours vivant mais… aujourd’hui je mourrais !!

Alors qu’il entendit les bruits de pas s’approcher, il brisa le sol de l’étage supérieur dans un ultime effort, et les clones furent écrasés. Venait le moment de la mise en scène, c’était un bien faible prix à payer pour simuler sa mort. Kcaj se releva en prenant appui sur ses jambes fébriles, et fit s’effondrer tout ce qu’il pu derrière lui, alors qu’il s’écroula dans l’ancien garage du bâtiment. Il pivota et lança le sabre laser de maître Windu dans les ruines. Conscient que jamais on ne déblaierai autant de décombres pour retrouver le corps d’un Jedi inconnu, gravement blessé par Darth Vader, et poursuivit par une escouade de clones, le sabre servirait de preuve au cas ou. Lorsqu’il s’affala pour trouver le démarreur du vieil airtaxi, il ressenti la douleur d’avoir perdu cette arme pour sauver sa vie, comme un appel à l’aide de maître Windu, cherchant la justice.

-Patiente ici, lame de justice… le jour viendra où je viendrais te récupérer. Toi et aucune autre, pour accomplir la destinée de l’Ordre Jedi.

* * *

De nos jours, sous une statue de Palpatine, le Jedi Kcaj Coleman avait bien changé. Il n’avait jamais vraiment retrouvé le contrôle de ses jambes, et son flanc autrefois transpercé provoquait toujours en lui la douleur de l’échec. Il avait vécu comme un mendiant, toujours assis avec un air misérable, qu’il n’avait pas besoin de simuler, tant la tristesse et la déception faisait partie de sa vie depuis la naissance de l’Empire Galactique. Kcaj n’avait jamais plus fait usage de la Force, ni même retrouvé d’autres Jedi survivants. Ils devaient tous avoir gagnés la Bordure Extérieure pour ne pas faciliter leur traque par le sbire maléfique de l’Empereur, lancé par son maître dans une chasse aux survivants. Kcaj aurait pu fuir, mais un lien le maintenait à ce monde, un poids aussi lourd que milles lunes. Il devait accomplir quelquechose, et sa patience avait portées ses fruits. Personne, pas même les Impériaux ne prêtait attention à un mendiant, et Coleman compris qu’encore une fois, c’est l’égoïsme des gens qui allait l’aider. Cette ironie ne l’égaya pas pour autant. Il était allé retourner chercher l’arme de Mace, comme il l’avait prévu et s’était affalé sous cette statue bien particulière, à quelques mètres du bâtiment dont on venait faire l’inauguration aujourd’hui. Il se tenait assis sur la place du nouveau Palais Impérial, et Palpatine venait l’inaugurer aujourd’hui. La navette Delta se posa sur la grande place, où la foule était rassemblée pour acclamer l’Empereur. Un cordon de stormtrooper faisait le tour du public, alors que la rampe s’abaissa et que six hommes vêtus de rouge ne descendent, précédant leur maître qui montra enfin son visage. Kcaj voulu se ruer à l’assaut, mais il conserva son calme, sachant que jamais une attaque stupide ne viendrait à fonctionner. Il se contenta de se relever, et de marcher en direction de l’aire d’atterrissage, utilisant à nouveau la Force pour faire s’écarter les gardes sur son chemin. Palpatine n’en fut pas alerté, car de tout temps il existât des êtres sensibles à la Force, et Kcaj ne fit pas assez de son usage pour paraître offensif. Il se contenta de dévier ses ennemis de sa route jusqu’à se retrouver adossé à une des immenses colonnes encerclant le palais. Il retira sa cape miteuse et pris une large inspiration laissant couler en lui le flot de la Force. Le Jedi revînt alors à la vie, ses yeux regagnant la fougue de l’Ongree en quête de gloire et de respect. Il savait que même en cas d’échec, sa tentative d’assassinat retentirait dans tout l’espace par l’Holonet, et que tous ses confrères Jedi verraient qu’ils ne sont pas seuls. Il apporterait l’espoir ! Sa main se posa sur le manche du sabre de Mace, et des milliers d’images passèrent dans sa tête, il revit les combats de la Guerre des Clones, il se remémora une blague de maître Kenobi dans un couloir avant une mission vers Dantooine. Il sentit à nouveau la douceur qui émanait d’Aayla Secura et le courage qui brillait dans les yeux de maître Vos. Il fut animé de la même foi en la Force que maître Tinn et cru à nouveau entendre les paroles pleines de sagesses de maître Yoda. Un sentiment plus fort encore le submergea : la confiance inébranlable de Mace Windu envers les Jedi et la Force… son indicible fidélité a ses idéaux. Sa rage de vaincre et d’apporter paix et justice à tous.

-Il n’y a pas de mort… il n’y a que la Force. Répéta le Jedi en se dressant de toute sa stature sur les marches du palais, fermant l’accès au tyran et à sa garde rouge. La lame de Mace Windu étincela à nouveau face à mal. Quelque soit le Jedi la maniant, elle serait à jamais opposée au mal.

Palpatine perdit son sourire un instant, remarquant enfin l’obstacle que la foule accueillit d’un grand bruit d’étonnement. L’Empereur cependant, ne fit pas un geste pour tenter de se mettre à l’abri, pas plus que pour attaquer son agresseur.

-Tu vas payer aujourd’hui, pour tous tes crimes ! Lança Kcaj, alors que la Force l’imprégnait de plus en plus. Bien plus qu’elle ne l’avait jamais fait.

Palpatine ne daigna pas lui adresser le moindre mot, il se contenta de reculer d’un pas et de passer le relais à l’horrible être qui descendit de la navette.

-Seigneur Vader, il est temps, je crois, de montrer à vos détracteurs dans l’armée, que votre poste est amplement mérité.

-Il en sera fait selon vos désirs, mon maître.

Quelle allure sinistre et fantomatique. La mort incarnée aux yeux de Kcaj, s’approcha de lui dans une armure d’un noir profond et pourtant étincelant. Sans expression, seule la cape ballottée par le vent semblait donner de la vie à l’individu masqué. Kcaj Coleman attendait depuis trop longtemps, et il invoqua la Force pour repousser le sinistre assassin.

-Pour la République, les Jedi et pour toutes les victimes !! S’écria le maître Ongree, alors que derrière un Vader inébranlable, la navette Delta se retrouva soulevée du sol et projetée en arrière.

-Tes pitoyables tentatives ne sont rien en comparaison de mes pouvoirs, Jedi.

-Le Côté Obscur n’apporte que la haine et la colère. Seule la Force donne le pouvoir de vaincre n’importe quel ennemi.

-Vanité Jedi… elle causera ta perte.

Darth Vader fit jaillir une terrifiante lame rouge vers le bas, la relevant pointée vers Kcaj qui plongea droit sur lui. Vader tendit son bras vers l’avant, la lame menaçante en tête, mais le Jedi la dévia d’un geste assuré, puis atterrit avec toute l’élégance que lui permirent ses jambes fragiles. Il attrapa la main gantée de noir et lança son pied droit dans une frappe qui percuta Vader au visage. Ce coup, appuyé par la Force, fendit un petit recoin du visage obscur, et provoqua la colère chez son ennemi. Darth Vader dégagea sa main et lança son épée dans une tranche horizontale que le Jedi évita en se baissant de justesse. Il fit remonter l’épée suffisamment rapidement pour qu’elle effleure encore le casque de Vader, qui d’un pas en arrière se dégagea de la présence trop proche de son adversaire. Il tendit la main en avant et serra très fort pour soulever le corps manipulé de Kcaj. Le Jedi ressenti cette douleur comme une seconde trahison du jeune Anakin, mais s’en dégagea d’une poussée dans la Force. Il retomba essoufflé alors que Palpatine ricana d’un air sinistre.

-Que vous arrive-t-il, Seigneur Vader ? Terrassez-le sur le champ, ou je le choisirais peut être pour diriger mes armées a votre place.

Kcaj bloqua alors de justesse une frappe arrivant au niveau de sa jambe gauche, la vitesse de cet être robotisé lui avait permis de faire jeu égal, mais maintenant… Accélérés par l’usage du Côté Obscur, les gestes de Darth Vader gagnaient en fluidité et en puissance, l’une des frappes que Kcaj contra fut si violente qu’il fut propulsé en arrière et se rattrapa en une roulade difficilement contrôlable. Il se retrouva adossé au cordon des stormtrooper, l’un d’entre eux le visa de son blaster mais quelqu’un dans la foule se jeta sur lui et lui arracha l’arme des mains avant de l’abattre. Kcaj regarda le jeune garçon d’une quinzaine d’années dont les yeux perlaient de larmes.

-Petit…

-Vous êtes un Jedi, hein ? Vous êtes venus pour aider les gens comme moi, pas vrai ? Ceux à qui ont a tout prit…

Kcaj sentit une lame de honte s’abattre sur lui. Non, il ne combattait pas pour sauver cet enfant, mais pour venger ses camarades morts. Sa foi dans la Force l’empêchait de sombrer du Côté Obscur, mais ses actes étaient fondamentalement contraires à l’éthique des Jedi. Il aurait dû rejoindre les survivants à tout prix, et protéger des vies par millier plutôt que de vouloir s’emparer de la seule vie de Palpatine. Darth Vader s’approcha et le Jedi s’interposa entre lui et le gamin, lui faisant signe de fuir.

-Ton nom ?

-Je m’appelle Arvel. Arvel Crynyd.

-Merci Arvel… Tu m’as rendu mon âme de Jedi. Désormais, je peux l’affronter en étant mille fois plus grand que jamais. Allez, fuit ! Et reste en vie pour servir une grande cause !

Le gamin hésita puis pris ses jambes à son cou, quelques stormtrooper voulurent le poursuivrent, mais Kcaj s’interposa, l’arme à la main. Vader surgit alors sur sa gauche, et Kcaj baissa sa lame pour se laisser terrasser. Retirant son sabre du corps agenouillé de Kcaj Coleman, Vader l’observa longuement.

-Si je t’avais vaincu… je serais devenu bien pire que toi. Je serais devenu aussi vil et maudit que le cœur qui bat encore derrière ta carapace noire.

-Tout ça pour sauver la vie d’un enfant inconscient de ses actes…

Kcaj émit un petit rire avant de lancer son sabre laser vers la statue colossale que Palpatine avait faite ériger au centre de la place. La tête de la représentation tyrannique se décrocha et chuta lourdement, brisant le permabéton et arrachant un cri de stupeur dans la foule. Vader leva son arme et l’abattit alors que Palpatine éructait de rage. Kcaj ferma les yeux et accueillit sa fin dignement…

-Il n’y a pas de mort… il n’y a que la Force.

* * *

Le gamin s’engouffra dans les rues de Coruscant, pour disparaître. Jusqu'à ce qu’un jour, il finisse par réapparaître dans le cockpit d’un A-Wing gravement endommagé. Les alarmes retentissaient autour de lui, ballotté au dessus de la lune d’Endor. Il avait vécu bien des batailles pour l’Alliance Rebelle depuis ce jour où il s’était révolté contre l’Empire, voyant un Jedi courageux se dresser sur le chemin de Palpatine le maudit.

-Verts, on décroche ! Hurla-t-il à son escadron alors que la floppée d’Ailes A virèrent pour éviter d’être prises dans le puissant barrage massif des turbolasers du Super Star Destroyer Executor. Mais lui, accéléra et traversa le barrage de tirs en sentant la carlingue encaisser un à uns les tirs.

Il passa sa main sur l’objet cylindrique qu’il avait réussi à voler dans le musée impérial avant de fuir Coruscant pour s’engager dans la Rébellion. Un sabre laser de Jedi. Une arme pleine de noblesse qui lui inspira toute sa vie le courage et le guida dans ses choix. Il atteignit la pleine vitesse alors qu’il remontait le manche pour s’abattre sur le centre de commandement de l’arme de Palpatine. L’Executor… le bras armé de l’Empereur contre l’Epée des Jedi. Arvel Crynyd entendit l’alerte de proximité et son ordinateur de bord annonça la défaillance critique des systèmes de survie. Il poussa un hurlement enragé avant de percuter de plein fouet le pont du croiseur amiral de l’Empire, et de provoquer la réaction en chaîne qui finirait par provoquer la débâcle de la Flotte Impériale.

Ses dernières pensées furent pour ce Jedi, qui lui donna l’espoir, ce Jedi dont il ne sus jamais le nom.

Il s’appelait Kcaj Coleman… et il fut un héros.





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