Après vous verrez Star Wars autrement

Les Fans de Star Wars
Fan Fictions - Le Jardin des Perdus. Chapitre Un: Sus à la CSI!!! Actualités Star Wars

Le Jardin des Perdus. Chapitre Un: Sus à la CSI!!!

Auteur : Chaad Draconis


1) Subversion

Un chemin a disparu
Le faible souffre, le fort aussi
Tout ce que j’ai ressenti était faux
Le choix que j’ai fait nous a séparés

Incertains, nous attendons le sentier inconnu
La puissance de la haine, la puissance qui nous a été montrée
Est-il trop tard pour ce qui a été fait ?
Des pleurs pour les faibles, des pleurs pour les forts

Il m’est si dur de garder ma foi vivace
Dans cette recherche de mon destin, l’Obscurité me suivra-t-elle ?

Nés de la tempête, nous avons grandi
Un abri de chagrin, un abri de pierre
Ma foi a trahi tout ce que je connaissais
Le choix que je n’ai pas fait est une décadence sans fin

Malade, je regarde tout ce qui a été jeté
La reddition s’impose
Comment pouvons-nous savoir s’il est trop tard pour ce qui a été fait ?
Appelons le faible, appelons le fort

Il m’est si dur de garder ma foi vivace
Dans cette recherche de mon destin, l’Obscurité me suivra-t-elle ?

Il doit y avoir un chemin que nous avons connu
Plus de force pour le faible, plus de force pour le fort
Les nuages du doute ne nous surplomberont plus
Ne nous cachons pas de la vérité, ne nous cachons pas du froid

Serein, j’attends et tout sera connu
Le pouvoir de la foi, le pouvoir qu’on nous a montré
Il n’est pas trop tard, c’est fait
Il n’y a plus de faibles, il n’y a que des forts

Il m’a été si dur de garder ma foi vivace
J’ai trouvé mon destin, l’Obscurité ne me suivra pas.

[Ikon]


Osten Coroth inspecta une dernière fois ses troupes dans un silence non pas de mort, mais de respect. Respect du général Jedi pour ses clones, ses chevaliers et ses padawan. Respect des uns pour les autres. Respect de tous pour leurs compagnons disparus. Et respect pour l’ennemi qu’ils allaient affronter encore une fois.


La quarantaine passée, la stature d’Osten était immense à plus d’un titre. De par sa carrure, son mètre quatre vingt sept, ses 101 kilos de muscles, sa tenue toujours impeccable et son regard légendaire. Quelque soit son émotion, on y retrouvait un fil conducteur : il était neutre mais ne laissait paraitre que ce qu’il voulait.
Osten était d’un calme incroyable, même pour un Jedi.


Il n’y a pas d’émotion.
Il y a la paix.


Osten livrait bataille pour garantir la paix. Mais depuis trop longtemps déjà à son goût. Il ne savait comment cerner la menace. Pourtant cette guerre n’avait aucun sens. Des puissances inconnues semblaient diriger les têtes pensantes de la C.S.I.
Il était évident que ce conflit affaiblissait considérablement les deux camps et qu’il était une hérésie pour la Fédération du Commerce et le Clan Bancaire.
Quelque part, des individus bien cachés devaient récolter le fruit de cette discorde. Tout ça à cause d’une taxation des routes commerciales ? A d’autres ! Quel gâchis ! Tous ces morts, ces désastres…

Osten ne devait pas y penser. Il devait agir, comme à son habitude, guidé par les choix du Conseil et son instinct. Mais plus le temps passait, plus celui-ci le faisait douter du bien fondé de … la Guerre des Clones.
Finalement le résultat de la première bataille vu par Maître Yoda était à l’image de ce conflit : même gagné, ce ne serait jamais une victoire…
Osten obéissait donc aux ordres qu’il recevait, comme les clones obéissaient aveuglément aux siens.
Quelle différence alors ? Douter de l’Ordre Jedi n’était-il pas déjà faire le premier pas vers le Côté Obscur ?

Osten devait faire un effort pour se remettre dans le bain. Il ne pouvait évidemment faire la revue de toutes ses troupes à chaque fois, mais il choisissait au hasard l’un de ses croiseurs et allait y faire son inspection.

Tout comme les clones, les vaisseaux étaient appelés par un matricule. Mais dans son corps d’armée, il n’en était pas question. Osten avait toujours insisté – et il avait été le seul Jedi à le faire – pour que ses hommes se choisissent un nom. Celui qu’ils voulaient. C’est donc sur « Le Sang du Peuple » qu’il fit cette fois son inspection, le navire amiral de la XVème Légion appelée « Apollinaris Patera ». Le général Jedi Latawyn Kenjab l’accompagnait. Ce qui les surprenait toujours, c’était cet ordre, cette discipline qui régnait parmi les clones.

Pourtant, à force d’être au milieu d’eux, Osten avait compris que les clones changeaient. Ils passaient petit à petit d’humains aux cerveaux de machines à des individus propres. Il était un des rares à s’en être rendu compte. Peut-être parce qu’Osten donnait de son temps à ses hommes. Parce qu’il veillait sur eux comme aucun Jedi ne l’aura fait durant la guerre. Il se mettait à leur place, il essayait de les comprendre. C’est pourquoi les clones le considéraient comme l’un d’entre eux.

Osten avait entendu leur voix changer. Autrefois, sur Kamino, il n’en avait pas entendu un seul crier ni hausser la voix, quelque soit la situation. C’était du passé. Maintenant il les percevait hurler pour prévenir, gémir de douleur, parfois même pleurer. Les clones évoluaient. Bien qu’ils n’aient pas été conçus pour ce faire. Ils gardaient ça secret.
Osten avait de la crainte pour eux. Crainte qu’ils ne soient qu’un instrument. Crainte qu’ils soient sacrifiés jusqu’au dernier pour remporter la victoire.

Mais qui se souciait des clones ? Sinon lui ? Jamais il n’avait entendu le moindre Maître du Haut Conseil s’en soucier. Ni Windu, ni Yoda, ni même Obi Wan qui s’entendait pourtant si bien avec eux. Alors qui d’autre ? Ah si. Une fois. Il avait vu Caine Lornan se casser la tête pour pouvoir essuyer le moins de pertes. Non pour le chiffre, mais pour les hommes eux-mêmes.

-Maître Coroth ?
-Oui Verd ?

Osten appelait tous les clones dont il ne connaissait pas le nom soit par leur grade soit par Verd ou Vod. Car en mandalorien Verd signifiait Guerrier et Vod Frère. Et Osten qui avait étudié l’histoire plus que tous les autres Jedi le savait et leur avait enseigné cette vieille langue. Qui était finalement la leur.

-Le temps presse.
-Je sais. Mais la mort attendra encore un peu. Au moins que je finisse ma revue.

Osten gagna ensuite la passerelle du vaisseau. En signe de respect, il commandait à chaque fois depuis la passerelle du vaisseau qu’il avait visité. Il était nécessaire à ses yeux qu’il soit au milieu de ses hommes, plongés dans la tourmente.
Le général de corps d’armée qu’il était se devait de coordonner l’attaque de ses troupes menées à la fois par des officiers clones, des Jedi et des Padawan. Osten assurait à la fois la transmission des ordres, l’adéquation de la stratégie et de la tactique et la méditation de combat. Et quand il le fallait, il prenait les commandes de son chasseur ou usait de ses sabres laser contre leurs adversaires.

Les quelques 148 000 hommes que commandait le général Jedi n’eurent qu’une bataille spatiale à mener pour cette fois. A ce petit jeu le 7ème corps d’armée s’était forgé une solide réputation semblable à celle de la glorieuse et tristement célèbre 501ème. C’est bien simple : à chaque engagement il sortait vainqueur à plate couture et ce quelque soit la force ennemie engagée.
L’attrait du Jedi Coroth pour les anciennes techniques de guerre Jedi avait porté ses fruits. Il ne faisait aucun doute qu’en ce qui concerne la méditation de combat, aucun autre membre de l’Ordre n’était capable de l’égaler.

Ces succès avaient d’ailleurs fini par mettre la puce à l’oreille du Conseil. Si bien qu’au moment même où il donnait toutes ses forces pour ce combat galactique, ses pairs parlaient de lui sur Coruscant.



Le silence avait soudain emplit la salle. Maître Yoda ouvrit les yeux.

-Hum… Tes paroles sont fort préoccupantes Yudi Mac Flesh. De ton ancien Padawan et général il s’agit. Le mieux placé tu es pour nous donner un avis.
-Osten est un faux calme. Il a toujours été un élève assidu qui faisait passer le bonheur des autres avant le sien. Mais il est très secret. Il reste très renfermé sur lui. Il n’est pas impossible qu’il ait appris des choses sans m’en faire part.
-Coroth doit être convoqué. Immédiatement. Proposa Maître Windu.
-Hum…

Yoda paraissait fort préoccupé.

-Son attitude et sa compassion pour ses clones une porte pour le
Côté Obscur pourraient bien être. Mais convaincu je ne suis pas.
-Ses légions sont engagées assez loin. Elles poursuivent une importante armée de système de la C.S.I. sans relâche et avec succès. Je crains que le faire venir ici puisse compromettre la position de la République dans ce secteur et nous ampute d’une large victoire à notre portée.
-Il doit venir s’expliquer ici devant nous. Avec ce que vous dites, le danger qu’il pourrait représenter n’en est que plus grand.
-Aussi facile que cela, ce n’est pas. Le Chancelier pourrait ne pas accepter cet arrêt brutal de la progression des armées.
-Le Chancelier n’a pas à interférer dans nos affaires. Poursuivit Windu.
-Pourquoi ne pas mettre Anakin sur la piste de cette évocation ? Il pourrait tout à fait nous renseigner sur la manière dont réagirait Palpatine. Proposa Obi Wan.

Les yeux se tournèrent vers le Chevalier Jedi aspirant au rang de Maître. Celui-ci finit par détourner le regard.

-Je ferai selon les vœux du Conseil.
-Bien. Alors tout est dit concernant Osten Coroth. Dit Windu.
-Pour le moment du moins. Corrigea Yoda.
-Je crains fort que nous essuyions un refus de la part du principal intéressé. Nota l’ancien maître d’Osten.
-Il ne peut pas se soustraire à une convocation du Conseil. Protesta Windu.
-Il est différent de nous tous. Il est très humain. C’est même un humaniste si je puis dire au détail près qu’il ne fait pas de différence de race ni de croyance.
-Je ne vois pas le rapport. Fit Mace en secouant la tête.
-Il a une approche très différente de la nôtre des clones. Il les considère comme siens. Et non comme au service de la République.
-Il les prend pour sa propre armée ? demanda Windu.
-Oui. Son armée au service de la République. Mais ce sont ses hommes. Il en est responsable. Je ne sais pas si vous me comprenez.

Mace Windu secoua la tête une fois de plus. L’autre maître reprit.

-Il agit comme lui en demande le Conseil. Mais il est le garant de leurs vies. Il y prête une grande attention. Comme s’il s’agissait de troupes régulières. Ou d’autres Jedi.
-C’est ridicule ! Les clones sont un instrument.
-C’est bien là que je veux en venir. Ce n’est pas son avis. Les clones sont à ses yeux un tout formé d’individus uniques à part entière.

Yoda observait la scène impassible. Il avait toujours du mal à comprendre comment Windu s’emportait lorsqu’il y avait un problème d’autorité au sein de l’Ordre. En particulier quand son autorité était bafouée. Il finit tout de même par intervenir.

-D’un comportement subversif Osten Coroth fait preuve.

Maître Yudi Mac Flesh en resta bouche bée. Il savait que ces paroles clôturaient la conversation avec Windu. Ce dernier reprit.

-Osten Coroth sera convoqué. Nous en reparlerons lors de la préparation à son entretien. Vous pouvez disposer, Maître Mac Flesh.

L’ancien mentor du Jedi Osten Coroth se courba pour saluer puis s’en alla. Anakin lui emboita le pas et le rejoignit dans le couloir.

-Mais qui est ce Osten Coroth que je ne connais pas ? demanda-t-il au Sullustien.
-Osten ne se raconte pas, il se rencontre, il se vit au quotidien.
-J’ai du mal à comprendre.
-Tu es encore bien jeune, Skywalker. Puissent les évènements futurs te le faire rencontrer un jour.

Le maître avait parlé et ne comptait pas en rajouter. Anakin était vexé qu’on lui tourne ainsi le dos. Il en apprendrait plus sur cet étrange Jedi. D’une manière ou d’une autre.

-Tu dois être patient Anakin.

C’est Obi Wan qui venait de lui parler.

-Ils me prennent tous pour un enfant. Ils ne me respectent pas. Ils pensent que je n’ai pas ma place au Conseil.
-Non. Tu fais erreur. Ils te mettent à l’épreuve sur des choses qu’ils estiment simples. Tous reconnaissent en toi un immense guerrier. Mais un Jedi est bien plus. Et c’est de cette façon qu’ils désirent t’aider à te former.
-Alors vous non plus, Maître, ne m’en direz d’avantage sur ce Coroth ?
-Je ne suis pas le mieux placé pour en parler. Je ne te dirai que ce que j’ai entendu dire. Outre ce que tu as déjà pu apprendre à son sujet tout à l’heure. Osten Coroth est le premier Jedi a avoir eu un contact avec les clones. Il accompagnait Maître Yoda à Tipocca City lorsque la République a pris possession de l’armée. Il est le premier d’entre nous à leur avoir parlé, à leur avoir serré la main. Il a dit plus tard à Maître Yoda qu’il avait eu l’impression de rentrer en contact avec tous les clones en une seule fois, comme s’il leur avait serré la main à tous. Maître Yoda, toi, moi avons fait pareil par la suite. Mais jamais aucun autre Jedi que lui n’a eu cette sensation. Maître Yoda pense que une part des clones est entrée en lui et vice-versa. Maître Windu a la même idée. Mais il craint que Coroth ne fasse passer ce lien avant son devoir de Jedi. Et les évènements passés et actuels ne font qu’attiser cette peur.
-Peur ?
-Euh… je me suis mal exprimé. Menace serait plus adéquat.
-Menace ? Lui ?

Anakin était vexé une fois de plus. Quelqu’un d’autre que lui avait un lien plus fort avec les clones. Et une fois de plus, il n’était pas le meilleur. Et en plus il devait sonder son ami le Chancelier Suprême sur l’estime qu’il portait à ce Jedi. Et ça l’énervait. Lui aussi sentait une certaine crainte. Celle de ne pas être le « préféré » du Chancelier. Anakin était jaloux et sa jalousie attisait sa colère. Il devait retrouver Padmé en priorité. Chercher auprès d’elle le calme, la paix dont il avait tant besoin.

-Allons, calme-toi, Anakin. Est-ce parce que ce matin le Conseil m’a demandé d’intervenir sans toi à Utapau pour arrêter Grievous que tu es si tendu ?
-Non Maître. Je dois rester aux aguets et cela m’est pénible vis-à-vis du Chancelier.
-Nous en avons déjà parlé. Je dois faire quelques préparatifs avant de partir. Me rejoindras-tu au spatioport avant mon départ ?
- Bien sûr Maître. Je tâcherai d’être plus serein en vous revoyant tout à l’heure.

Les deux hommes se sourirent. Et Obi Wan donna une tape amicale sur l’épaule du jeune Skywalker.





« Subversion »…
Le mot résonna dans la tête d’Osten. Il ne percevait pas à qui appartenait la voix qui l’avait prononcé.
« Subversion »…
Il revint une dernière fois en écho.

-Subversion…
-Comment Maître Osten ?

Coroth retrouva ses esprits.

-Ce n’est rien, Ijaa*.
-Vous avez dit « subversion ».
-C’est ce que j’ai dit en effet.
-Ca va Maître Osten ? demanda l’officier clone avec une intonation particulière.
-Ni cuy jahaala*, Ijaa.

Le clone sourit. Osten le vit par la Force à travers son casque.

-Là, dit Osten en montrant un endroit sur la carte spatiale holographique, c’est là que notre aile droite doit frapper. Il faudra aller très vite, ils seront pris au dépourvu dès que nous nous serons engouffrés dans la brèche. Les droides seront notre principal souci car ils ne comprendront pas de suite. Mais on peut compter sur les poltrons de la Fédération du Commerce. Ils perdront pied d’emblée. Surtout ne pas aller trop vite, le temps que tous tentent de contourner notre dispositif et entrent dans la nasse. Et là…
-Nous les précipiterons dans le champ d’astéroides.

*Ijaa : Honneur
*Ni cuy jahaala : Je vais bien.

Osten sourit à son tour de satisfaction.


-Les chasseurs sont prêts, Kot*? demanda-t-il.
-Oui Maître Osten. Les charges également.
-Une fois les croiseurs ennemis poussés dans le champ, qu’ils ne s’éternisent pas avant de déclencher les charges.
-Ils connaissent leur affaire Maître Osten.

*Kot : Force


-Et je connais leur courage.
-Subversion… pensa Osten. Je prends mon Delta 7 voir d’en haut comment ça se passe.
-Je préviens vos Anges Gardiens, Maître Osten. Ils vous attendront au hangar.

Subversion… Pensa Osten.
Cette voix était comme venue d’outre-tombe. Il avait du mal à la cerner. Dans des moments plus calmes, il aurait pris le temps de méditer là-dessus. Mais ça tombait mal. Il devait rester entièrement concentré sur cette bataille.
Pourtant, dans les couloirs il prit quelques instants pour se pencher un peu plus sur cette énigme en séparant son corps de son esprit.

Osten commençait à prendre conscience que ses victoires et son comportement pouvaient en quelque sorte déplaire aux sages de l’Ordre. Osten menait la guerre à sa manière, comme il l’entendait. Tout ce qu’il comptait c’était atteindre ses objectifs en perdant le moins d’hommes possibles. Mais plus le temps passait, plus cette guerre le lassait.
Rester concentré sur l’instant présent voilà ce qui était important pour le moment.

Osten entra dans le hangar et déjà ses quatre ailiers l’attendaient devant la porte de l’ascenseur. Ils se saluèrent tous les cinq. Le plus haut gradé tendit un casque à Osten et tous se pressèrent vers leurs appareils où les copilotes attendaient déjà.

Le robot d’Osten lui parla dans son langage si particulier en émettant une série de bips que certains Jedi seulement comprenaient.

-Moi aussi je me fais une joie de te revoir R¶. Ca fait un moment qu’on n’a pas volé ensemble au combat.

Le Jedi Coroth était vraiment un individu à part et le nom de son robot en était un bel exemple. Ce n’était ni R2 ni R5, c’était R¶, un chiffre sans fin…

L’appareil d’Osten quitta le pont et s’éloigna rapidement semer la mort et la destruction dans les lignes ennemies escorté de loin par les quatre chasseurs ARC170.
Ils se dirigèrent en premier lieu au cœur de la bataille : c’était un moyen idéal pour se rendre compte en direct de la tournure des évènements au plus près du combat.
Osten prenait beaucoup de plaisir à piloter sa machine. De tous les chasseurs Jedi, c’était le plus abouti. De par ses couleurs : il était d’un rouge candy immaculé et sur l’avant de la carlingue était peint en chrome son sigle : un tsuba. Le tsuba est la garde d’une arme blanche utilisée par son peuple d’origine. C’était le seul souvenir de sa famille ; la marque de ses ancêtres.
Bien évidemment, de part et d’autre du cockpit figuraient également les silhouettes des vaisseaux ennemis abattus.
Le réacteur avait été revu par un ancien motoriste de chez Kuat qui avait réussi à lui injecter de la puissance supplémentaire. Les circuits électriques et électroniques avaient subi de nombreuses améliorations, en utilisant de meilleurs conducteurs et en les maintenant au top de la technologie. Mais non pas celle appliquée sur les nouveaux modèles mais ceux en étude sur les prototypes.
Le poids avait été également réduit en optimisant les matériaux utilisés et en supprimant tout ce qu’Osten considérait comme superflu.
Quant aux armes utilisées, il s’agissait de canons laser totalement différents qui avaient eu même du mal à être logés dans les emplacements prévus à la base. Il avait fallu ré-usiner certaines pièces afin de réussir à les intégrer à leur place.
Le résultat était un appareil plus rapide, plus réactif, plus précis et plus maniable que tout ce qui existait d’équivalent sur le marché. Doté d’un armement inédit, il détruisait toute cible atteinte sans coup férir.

Le groupe se faufila habilement dans la tourmente détruisant au passage tout ennemi se présentant en travers de son chemin. Les évènements prenaient la tournure escomptée et Maître Coroth commençait enfin à se rassurer.
Bien qu’il se présenta toujours d’un calme exemplaire, au fond de lui il était rongé par le doute et restait stressé de nature.
Mais oui, toutes ces années l’avaient quelque peu changé et l’âge lui faisait prendre les évènements et les faits avec un peu plus de philosophie. Jusqu’à Jabim. La première grande défaite de l’armée de la République où il perdit de nombreux amis de l’ordre.
Un tir rapproché tira Osten de ses pensées qu’il devait chasser sans plus attendre.

-Eh général, vous rêvez ?
-Pardon Verd. Oui j’avoue avoir eu la tête ailleurs…
-Attention général, pas que nous la retrouvions quelque part en orbite autour de l’une de ces maudites planètes !
-Je note ta pertinente remarque. Nous allons à présent prendre un peu de recul et nous placer en observation.

Le Delta 7 et son escorte effectuèrent une pirouette et accélèrent de manière significative en prenant légèrement la tangente. Le Jedi vérifia qu’aucun adversaire ne les suive puis alla se placer en retrait à l’abri des puissantes tourelles du croiseur « Le Faucheur ».
De là, il pouvait suivre l’ensemble du combat sidéral. Le spectacle aurait été beau, s’il n’avait été macabre bien que la nuée de chasseurs utilisés semblait donner un étrange fouillis à la scène.
Osten jubila lorsqu’apparurent subitement de l’écume du combat ses huit croiseurs lourds semblant venir de nulle part. Ils étaient déjà si près de l’ennemi que même le général Jedi fut surpris par leur apparition. Le choc fut immense et la conjugaison de leurs batteries meurtrières causa soudain un grand vide dans ce coin d’espace. L’aile droite républicaine n’avait pas poussé les Séparatistes : elle les avait carrément bousculés par un bon en avant époustouflant.

-Vite ! cria Osten. Et les cinq appareils se ruèrent dans cette direction.

Le capitaine du Faucheur fit s’engouffrer derrière eux son lourd et puissant navire. En voyant et entendant ainsi son général, il avait alors compris le danger que représentait cette soudaine poussée de la flotte de République : son homogénéité était rompue et tout à coup ces huit croiseurs risquaient d’être coupés du reste de la flotte et de se faire envelopper.
Bouger ainsi un front aussi vite est quelque chose de particulièrement difficile. Le seul espoir d’Osten était qu’en se lançant lui-même cette vue engendrerait chez les autres pilotes de chasse et commandants de vaisseaux plus modestes une réaction instantanée de soutien.

Il ne s’était pas trompé et comme un seul homme ses troupes se portèrent au devant du danger, le suivant dans la fournaise.
Les forces séparatistes qui avaient été in extremis envoyées pour tenter l’encerclement se trouvèrent finalement prises entre le marteau et l’enclume et écrasées avant même d’avoir pu organiser le moindre retrait.

Mais l’effet était allé au-delà des espoirs d’Osten tant et si bien que la flotte ennemie se trouva précipitée vers le champ d’astéroides où seul résidait son salut.
Et au lieu de cela, c’est la mort qui les attendait.
Bien sûr ils trouvèrent étrange que pas le moindre appareil Républicain ne se lança à leur poursuite. L’arrêt soudain de la poursuite leur fit comprendre.
Dans un dernier baroud d’honneur, l’amiral séparatiste ordonna de faire demi-tour et de charger les Républicains coûte que coûte. Mais il était trop tard.

Osten et ses clones observèrent la vague de feu et d’explosion qui submergea leurs ennemis d’avant en arrière déclenchée par les mines et les micro-retards posés dans le champ.
C’était terrible. En quelques instants à peine, des milliers de vies s’envolèrent. Car les droides ne formaient qu’une partie des forces de combat de la CSI.
Osten, ses Jedi et leurs padawans sentirent l’onde de Force créée par cette subite mort. C’était un peu comme une sorte de peur et d’injection d’adrénaline soudaine. Au goût amer.

-Il le fallait. Murmura Osten.

L’âme des clones ressentit également quelque chose. Mais une sensation plutôt étrange proche de l’agueusie.

-Rentrons à bord du « Sang du peuple ». Dit-il. Et les cinq chasseurs prirent la direction du pont de l’immense vaisseau.

« Subversion » entendit encore Osten.

-Allons voir de quoi il en retourne. Se dit-il dubitatif. Non R¶, il ne s’agit pas de cela. Il y a quelque chose qui cloche ailleurs. Quelque chose de plus subtil. A suivre…


La victoire était totale, sans équivoque et pourtant elle avait procuré un étrange sentiment de mal être parmi tous les clones et les Jedi présents.

Lorsqu’Osten sortit de son cockpit, acclamé par ses troupes, il avait eu le temps de se poser toute une liste de questions sans réponses durant son trajet.

A qui était cette voix ?
D’où venait-elle ?
Etait-elle un avertissement ?
A qui s’appliquait-elle ?
A quelle/s personne/s faisait-elle allusion ?
Se plaçait-elle dans le futur ou s’agissait-il d’un évènement déjà en cours, voire passé ?

Osten poussa un cri de rage et de victoire que ses clones reprirent en cœur. Le silence se fit pour écouter le général faire un de ses discours.
Le temps s’arrêta. Osten, debout sur son chasseur, regarda ses hommes : certains sans casques, d’autres avec, des pilotes, des gars de la navale évidemment, mais aussi quelques commandos, des représentants du génie, des éclaireurs, de simples fantassins, des officiers et au milieu d’eux son collègue Jedi Latawyn Kenjab.


Osten se mit à chanter d’abord seul dans le silence le plus profond:


Kote!
Kandosii sa ka'rta, Vode an.


Les clones entonnèrent alors tous derrière lui le reste du chant.

Coruscanta a'den mhi, Vode an.
Bal kote, darasuum kote,
Jorso'ran kando a tome.
Sa kyr'am nau tracyn kad, Vode an.

Kandosii sa ka'rta, Vode an.
Coruscanta a'den mhi, Vode an.
Bal...
Motir ca'tra nau tracinya.
Gra'tua cuun hett su dralshy'a.
Aruetyc runi cet slarycina solus cet o'r.
Motir ca'tra nau tracinya.
Gra'tua cuun hett su dralshy'a.
Aruetyc cet slarycina runi trattok'o.
Sa kyr'am nau tracyn kad, Vode an!


Gloire!

Un seul cœur indomptable, tous frères.
Nous la colère de Coruscant, tous frères.
Et la gloire, l'éternelle gloire,
nous devons supporter son poids tous ensemble.
Forgée comme le sabre dans les feux de la mort, tous frères

Un seul cœur indomptable, tous frères.
Nous la colère de Coruscant, tous frères.
Ceux qui se tiennent devant nous illuminent le ciel de flammes
notre vengeance brûle avec toujours plus d'éclat
Forgée comme le sabre dans les feux de la mort, tous frères.


Osten descendit de son appareil dans un tonnerre de « hourras ».Latawyn alla à sa rencontre et les deux hommes se frappèrent le poing. Le Jedi d’âge mur, à la peau hâlée, aux cheveux noirs courts crépus, à la longue barbe et aux yeux bleus le félicita.

-Encore une belle victoire Osten !
-Quelles sont les pertes, Latawyn ?
-Mineures. Bien que le « Souffle de Krayt » soit en perdition. Le reste de son équipage est en cours de repli à bord de « La Main des enfers ». Mais nous n’avons pas encore le chiffre exact.
-Et les Jedi ?
- Savlif Kutqus a été gravement blessé. Miran Tryran est à son chevet pour le soigner. Elle est très réservée sur son sort.

Osten fit la grimace.

-Je retourne à bord de « La Veuve Noire ». Elle me réclame.
-Bien Maître Coroth. Je m’occupe du reste et je te tiens au courant.
-Nos éclaireurs restent en contact avec l’ennemi. Nous ne tarderons pas à savoir où ils se regrouperont avec leurs renforts qui sont en route. Mais je pense que chassés d’Ammuud, ils vont rejoindre les confins du secteur des Corporations.
-A moins qu’ils ne se replient sur des bases plus solides même plus lointaines.
-A quoi penses-tu ?
-Jabim.
-Nous les poursuivrons où qu’ils aillent, serait-ce en enfer.
-Et nous recommencerons.
-Oui, nous recommencerons. Répondit Osten en tapant sur l’épaule de son ami.

Le général Jedi remonta dans son chasseur, toujours accompagné de sa garde rapprochée.

-R¶, ramène-nous à bord du vaisseau amiral. Je suis las. J’ai besoin de réfléchir.

Le robot lui répondit.

-Non. Il ne s’agit pas de la bataille. On m’a rappelé un nom que je n’aime pas entendre et ça a réveillé de douloureux souvenirs en moi.



1.2 Peur.


Le futur git à mes pieds
Je le vois à présent, je le vois à présent
C’est si évident chaque jour, chaque jour
Même quand je ferme mes yeux
C’est toujours là, c’est toujours là
C’est toujours très près, très près, très près

C’est le voyage
Nous devons haïr, nous devons haïr
Le rang avant moi
Je le vois à présent, je le vois à présent
C’est si constant, sans fin, sans fin
Je survivrai, survivrai
Je n’ai pas peur
Je n’ai pas peur

[Ikon]


Osten se réveilla dans le calme. Il dormait et tout à coup, il ouvrait les yeux, prévenu par son instinct. Tout était apparemment si calme à bord de son croiseur. Mais il l’entendait. Elle le réclamait. Quelque chose avait changé. Qu’est-ce-qui avait provoqué cela ?
L’intercom bipa.

-Général?
-Oui Ijaa?
-Nous allons quitter l’espace connu. La Bordure Extérieure est juste devant nous. Le Maréchal Kotyc* m’a demandé de vous prévenir.


-Bien colonel je vous remercie.

Osten se massa la nuque.

Etait-ce ça ? Il lui semblait qu’il y avait autre chose. Mais avant de rejoindre la passerelle, il devait passer la voir.
Osten se dirigea d’un pas décidé et rapide vers la section médicale. Aussitôt entré, le médecin chef clone l’interpella.

-Elle vous a demandé. Elle a parlé.
-Je sais Vod, je l’ai senti en moi. Comment est-elle ?

*Kotyc : costaud


-Calme. Comme si rien ne s’était jamais passé.
-A-t-elle dit quelque chose d’autre ?
-Non. Elle a l’air d’être sortie de son mutisme et d’avoir euh … toute sa tête. Comme si tout était normal, comme si elle n’avait loupé aucun épisode. Je vous fais accompagner général ?
-Non ce ne sera pas nécessaire. Bouclez le secteur et laissez bien son couloir isolé. Quoiqu’il arrive, n’intervenez en aucun cas. Mais je sens que ça va bien se passer.

Arrivé au couloir mis en quarantaine, il attendit que le sas s’ouvre, puis entra. La porte de la chambre s’escamota automatiquement.
Elle était assise sur son lit. Elle était si belle, si noble. Mais du premier regard on reconnaissait en elle une pure guerrière.

-Maître Osten. Murmura-t-elle.
-Zule. Je suis là. A ta demande.
-Qu’es-ce-qui m’a guéri? Je veux dire comment et pourquoi je parle à nouveau ?
-Je ne sais pas.
-Où sommes-nous à présent ?
-Nous allons passer la Bordure au-delà du secteur des Corporations.
-Pourquoi ?

-Nous poursuivons toujours les restes de l’armée séparatiste. Je pense que nous allons droit dans un piège. Mais pour une fois nous sommes bien supérieurs en nombre.
-J’ai foi en vous Maître Coroth. Même si je ne vous connais quasiment pas. Si vous n’étiez pas venu me chercher là-bas… je serais morte depuis longtemps. Je le sais. Personne, oh non personne ne s’est inquiété de savoir si nous étions blessés ou morts. Je suis la seule survivante. Je ne comprends pas. J’ai pourtant basculé du Côté Obscur là-bas.
-C’est ce qui t’a sauvé Zule. Tu n’aurais pas eu la rage suffisante pour survivre le temps que j’arrive.
-Non Maître. C’est vous qui m’avez sauvée. Par deux fois. Sur Jabiim évidemment. Mais tout le long de mon séjour ici. C’est à vous que je dois le fait de ne pas être entièrement estropiée aujourd’hui. J’avais déjà un bras mécanique. Celui-ci semble si … naturel. Même mes jambes maintenant. Pourtant j’ai l’impression de n’être plus qu’une machine.
-Tu es la même qu’avant Zule. Avant la perte de ton premier bras. Tu as les mêmes sensations. Tu le sais.
-Oui, c’est vrai. Je suis une miraculée. Ils sont tous morts sauf moi. Et sauf ce traitre de Skywalker.
-Ce n’est pas un traitre. Il a fait ce qu’il a jugé bon pour sauver le maximum de ses troupes. Même si ce n’était pas la manière dont il fallait procéder.
-Moi, je serais restée, j’aurais fait évacuer les Jabiimiens. Nous avons fait plus que perdre une bataille là-bas. Nous avons perdu notre honneur. Il n’y a eu que vous pour le regagner. Et ça, personne ne le sait.

« Subversion ».

Osten entendit à nouveau la voix. Avant que l’intercom ne résonne.

-Général ?




Il soupira.

-Excuse-moi Zule, ce doit être important, je dois répondre. Oui, qu’y a-t-il ?
-Le Conseil Jedi vous réclame sur la passerelle pour une communication urgente.
-Qui me demande ?
-Anakin Skywalker.
-Qu’il aille au diable ! Je suis occupé. Dites lui que je rappellerai.
-Bien général.

Les deux Jedi se regardèrent au fond des yeux, au fond de l’âme.

-Skywalker… murmura Zule. Me remettrai-je un jour ?
-L’avenir te le dira.
-Vous ne vous en êtes pas remis vous Maître. Je le sens. Je le vois.
-C’est exact. Je connaissais plusieurs de ceux qui sont morts sur Jabiim. J’y avais de bonnes amies. Kass Todd, le général Leska et la petite Aubrie Wyn qui était promise à un si bel avenir.
-Elles auraient toutes été de grandes Jedi.
-Nuance. Elles l’étaient. Elles seraient devenues très puissantes. Si seulement nous avions eu le droit de tenter un atterrissage avant. Nous connaissions les risques et j’étais là. Je n’ai rien pu faire.
-Si ! Vous m’avez sauvée, Maître Osten. Et de cette façon vous nous avez tous sauvés là-bas.
-J’aurais dû désobéir. Qui Gon le faisait. Je n’ai pas été plus brillant que Skywalker finalement.
-Sauf votre respect, vous ne pouvez parler ainsi Maître. Je suis là et en vie.
-Et j’en suis heureux. En particulier si tu as pu retrouver l’usage de la parole.
-Je suis amère et triste Maître. Je suis perdue aujourd’hui.
-Tu n’es pas la seule Zule.
-C’est bon de vous avoir auprès de moi Maître. Même si je ne me sens plus vraiment moi-même. Quelle est donc ma voie ? Je sens encore le Côté Obscur au fond de mon cœur. Il y dort paisiblement attendant le moment opportun pour refaire surface. C’est étrange : je n’ai jamais apprécié mon ancien Maître Glaive. Et vous je vous connais si peu. Pourtant j’ai tant envie d’apprendre. Aidez-moi Maître.
-Tu peux compter sur moi Zule. Tu seras désormais ma padawan.
-Mais n’en n’avez-vous pas déjà un ?
-C’est la guerre. Je ne m’ennuie pas de ces règles futiles.
-J’ai peur pour l’avenir.
-Il n’y a pas de peur. Il y a l’action.
-Vous refaites le code des Jedi ?
-Je le complète.

La belle Zeltronne soupira. Elle avait changé. Le désastre de Jabiim lui avait laissé des séquelles aussi profondes que la bataille de Malachor V des milliers d’années avant.
Elle qui était toujours si impétueuse, inconsciente du danger ressentait cette crainte de l’incertain qui la bridait.




-Que m’arrive-t-il ?
-Donne le temps au temps. Comme tu l’as fait pour être à nouveau capable de parler. Je t’aiderai. Viens.

Osten s’était levé. Sa stature d’armoire à glace et son regard déterminé, sûr de lui et intelligent au travers de ses yeux bridés procurait un immense sentiment de sécurité à la jeune Jedi.

Elle prit la main tendue vers elle avec élégance. Elle sentit la chaleur de celle de son nouveau maître qui la rassura encore plus. Elle se leva, confiante. Ses sourcils se froncèrent, la lumière jaillit à nouveau dans ses pupilles.

-Je n’ai pas peur. Dit-elle.





Coruscant.


-Au diable ? Au diable ?

Anakin était révolté. Maître Coroth n’avait non seulement pas eu la décence de lui répondre, mais en plus il l’avait envoyé au diable.

-Ca ne se passera pas comme ça ! hurla-t-il de rage. Mais pour qui se prend-il celui-là ?

Il marchait de long en large, en proie à une colère noire qui l’emplissait un peu plus chaque jour.

-Je le briserai !

Skywalker s’empressa de se rendre auprès de maître Windu. Il était le plus à même de pouvoir l’épauler et accabler ce rustre Jedi de Coroth. Il avait compris la défiance que Windu avait envers lui. Si quelqu’un pouvait l’aider à se venger de cet affront, c’était bien lui.

-Qu’y a-t-il Skywalker ?

Anakin avait retrouvé tout son calme. Un calme qui chez lui était souvent bien plus dangereux que ses emportements.

-Je n’arrive pas à joindre Maître Coroth.
-Comment ça ?

Ne pas arriver à joindre un maître Jedi en mission de commandement était chose extrêmement rare et grave à la fois pour le Conseil.

-Il ne souhaite pas être « dérangé », Maître. Il a des occupations plus urgentes pour le moment.

Windu était agacé et mécontent de ce rapport.

-Explique-toi Skywalker.
-Son commandant clone m’a tout simplement envoyé me faire voir ailleurs. Et avec le sourire qui plus est.

Windu n’en croyait pas ses oreilles. Un clone qui rabrouait un Jedi, ça ne s’était jamais vu. Ca ne devait pas exister. Rien que cette pensée était un outrage. Cela témoignait du peu de condescendance envers le Conseil dont faisait preuve le Jedi.

-Ce sont là les paroles d’un renégat. Je vais prévenir Maître Yoda et nous allons le joindre immédiatement. A propos. Quel est la position du Sénateur Palpatine vis-à-vis de Maître Coroth ?
-Eh bien, je n’ai pas osé lui en parlé car quand j’ai voulu le faire, il venait d’apprendre la victoire de son armée sur les Séparatistes près d’Ammuud.

Windu était furieux. Non seulement il n’était pas au courant de ce succès, mais en plus il n’avait pu progresser en rien dans cette affaire.

-Bien Skywalker. Nous te tiendrons informé des évènements.

Anakin, le sourire mauvais, comprit qu’il était temps pour lui de partir.

Mace Windu contacta Maître Yoda sur Kachyyyk et lui expliqua la situation. Le doyen des Jedi se frotta doucement la tête.

-Le Côté Obscur s’étend, je le crains. De toute urgence le convoquer nous devons. De me rencontrer ici je propose.
-Oui, nous devons passer outre le Chancelier Suprême. Je vais le contacter pour qu’il vous rejoigne sans plus attendre.
-De tact, preuve vous devez faire, Mace.
-Oui, la subversion est de mise, je le crains.
-Si peur il prend, le perdre nous allons.
-Je ferai ce qu’il sera bon de faire. A bientôt !
-Que la Force soit avec vous Maître Windu.

La communication se coupa.

-Que la Force soit avec nous tous. Soupira Yoda.

Subversion.
Crainte.
Peur.

Osten et Zule arrivèrent sur la passerelle. Cette dernière se sentait observée. Son nouveau maître lui avait toujours tout raconté ces mois durant bien que jamais elle ne réponde. Elle était donc très au courant de la situation. Mais il ne lui avait pas tout dit.




Et quand elle arriva au carré de commandement où la plupart des officiers clones n’étaient pas casqués, son sentiment se confirma.
Ils la dévisageaient, d’un regard rempli à la fois d’admiration et de satisfaction.

C’est le maréchal Kotyc qui prit le premier la parole.

-Zule Xiss.

A ces mots, tous les clones qui ne l’avaient pas encore vue arrêtèrent ce qu’ils faisaient et la regardèrent.

-La légende disait donc vrai. Vous êtes vivante. Au nom de tous les combattants clones, nous vous exprimons une dette de vie pour ce que vous avez fait sur Jabiim en défendant les nôtres jusqu’au bout. Vous êtes désormais, tout comme Maître Osten, un frère parmi les frères.

La Zeltronne ne savait plus où se mettre. Malgré sa jolie peau orangée, les hommes tout autour purent la voir rougir.

-Je… je suis très honorée. J’espère pouvoir me montrer digne de vous.
-Pour la Jedi Zule Xiss, hip hip hip !!!
-Hourra !!!!!!!!!
-Hip hip hip !
-Hourra !!!!!!!!!
-Hip hip hip !
-Hourra !!!!!!!!! crièrent en chœur les soldats de carré avant de replonger dans leur travail.

Zule était touchée en plein cœur.

-C’est une inestimable marque de respect qu’ils vous ont faite là.
-J’imagine.
-Non, vous ne vous en rendez pas encore compte. Il y a beaucoup de choses que vous ne savez sur les clones. Les miens en particulier.
-Les vôtres ?
-Mon armée oui. Etre considéré comme Vod, “frère” si vous préférez, c’est passer au-dessus de tout. La République a voulu aliéner les clones. Ils se sentent donc à part. Cette différenciation vous place plus haut que le chancelier Suprême lui-même.
-Et… et vous ?
-Je suis un des leurs également.
-Tous les Jedi et les padawan de mon armée le sont. Pas un seul n’hésiterait à donner sa vie pour sauver le moindre soldat clone. Ceux qui survivent font partie de la fratrie.
-Combien ? Combien sommes-nous ici?
-Je commande une armée de secteur, soit comme tu le sais environ 148000 hommes à la base. Mes relations avec les Kaminoens me permettent d’être renforcé en priorité lorsque j’essuie des pertes et de garder mes effectifs constants. Mes quatre corps d’armée sont actuellement rassemblés à peu de choses près.
-Il y a donc environ 150 Jedi et padawan.



-Exactement 128. Dont sept blessés. Les autres ont rejoint la Force. Tu as suffisamment d’expérience pour que je te confie une légion entière. Tu vas prendre la tête de la 105ème. Je vais te briefer tout de suite.


-Général ?
-Oui, Ijaa ?
-Communication pour vous. Maître Mace Windu du temple de Coruscant.
-Bien passez-le moi.
-Tout de suite général.
-Maître Coroth, enfin…
-Salutations Maître Windu. Répondit Osten en se courbant.
-Eh bien ? Que se passe-t-il ? Vous refusez de parler au Conseil?
-Si vous faites allusion à l’appel que j’ai reçu de Skywalker, vous vous méprenez.
-Skywalker représente le Conseil au même titre que tous ses membres.
-Ce n’est pas ce que j’ai entendu dire.
-Passons nos petites querelles de pouvoir Maître Coroth, voulez-vous ?
-Sauf votre respect Maître Windu, je n’ai personne avec qui me quereller ici.

Le silence se fit. Mace constata alors avec surprise que Coroth n’était pas seul et qu’autour de lui étaient présent ses officiers supérieurs clones. L’appel s’était transformé en mise en scène.

-Je n’ai rien à cacher à mes clones, moi, Maître Windu. Ils sont libres d’écouter notre conversation. A moins que la transparence ne vous gêne au Conseil.

Le Haut Maître était scié. Jamais personne ne lui avait fait un tel affront. Ces paroles remettaient en cause toute l’autorité et le prestige de l’Ordre lui-même.

-Vous n’y siégez pas Maître Coroth et vous n’y siègerez jamais.
-Par mes aïeux ! La Force m’en garde, Maître.
-Vous allez vous rendre sur Kachyyyk sans plus attendre. Gronda Windu.

Mais l’image et le son commençaient à se distordre malgré les efforts de l’officier responsable des communications.

-Nous avons déjà bien dépassé la Bordure Extérieure Maître Windu. Ceci explique la mauvaise qualité de la transmission.

Windu était abasourdi. Jamais il n’avait été question pour qui que ce soit de s’engager si loin. C’est alors qu’il aperçut Zule, légèrement derrière en retrait. Mais absorbé dans sa conversation, il décidait de laisser cela à plus tard. Osten reprit.

-Le Conseil attendra mon retour. Lorsque j’aurai fini par anéantir les Séparatistes que je poursuis, remplissant ainsi la mission que le Conseil lui-même dans sa grande sagesse m’a confiée, je me présenterai à vous.
-Vous êtes donc bien un élément subversif, Maître Osten.

« Subversion ».

-Si tel est mon destin, Maître Windu. Je n’ai pas peur. Mais je n’abandonnerai pas mes clones, je resterai fidèle à l’Ordre et par-dessus tout à la République.
-Nous en reparlerons Maître Osten.
-Nous en reparlerons.

L’image disparut.

-Tâchez de retrouver le signal. Demanda un autre maréchal clone.
-Rien à faire. Nous l’avons perdu.

Le silence régna sur la passerelle entière.
Tous regardaient Osten. Ce qui était dit, était dit. Les choses étaient claires. Rien ni personne ne se mettrait en travers du chemin du général Jedi.
Pour les clones, il s’agissait là de la confirmation de l’engagement de leur chef – et frère – à leurs côtés. Osten venait de mettre tout ce qu’il avait et tout ce qu’il était dans la balance. Son implication était totale.
Pour les Jedi, il s’agissait de choisir à présent s’ils continuaient avec lui ou s’ils se rangeaient sous les ordres directs du Conseil. Ils comprirent que Maître Coroth était intègre avant tout et que l’esprit de corps prenait le pas sur le reste. Bien sûr, le danger était de s’engager sur le chemin du Côté Obscur. Mais servir leur chef et la République sans contrordre, c’était rester du bon côté.

Pour tous il était clair qu’un choix crucial se posait. Et qu’il fallait le faire vite.

Zule serra les dents. Petit à petit elle retrouvait ses instincts initiaux de guerrière. Le brouillard se dissipait de son esprit.

-Bien. Dit Osten avec calme. Passons en vitesse lumière et allons balayer nos adversaires.

La directive fut instantanément transmise à toute sa flotte. Les coordonnées transmises par les escadrons de reconnaissance se décodèrent dans les circuits des ordinateurs de navigation et l’armée de secteur du général Coroth fit son bond dans l’hyperespace.



Maître Windu visionna à nouveau les images de sa conversation. Il fit un zoom sur la Jedi qui se tenait derrière le général et utilisa une application de reconnaissance faciale.
Le résultat confirma son intuition première : il s’agissait bien de Zule Xiss, cette jeune chevalier Jedi impétueuse qui avait été laissée pour morte lors du 41ème jour de la bataille de Jabiim, écrasée par la chute d’un TB-TT.
Un frisson parcouru le cœur de Maître Windu.
Cela se pouvait-il ?
Des Jedi auraient-ils survécu en secret ? Il est vrai qu’aucun cadavre ni la moindre trace de ceux portés disparus n’avait été rapportée avant l’évacuation de la planète.
Comment était-ce possible ?
Et que faisait-elle aux côtés de Coroth ?
Mace n’avait pas le temps, mais sa curiosité le poussa à rejoindre la grande bibliothèque Jedi.




Il consulta tout d’abord le rapport qu’avait fait Anakin, seul Jedi survivant de l’opération. Rien de précis sur l’identification des victimes. Enfin pas de toutes. En particulier de Zule qui combattait éloignée des autres lorsqu’elle serait tombée. Un transport de troupes lourd avait été frappé par un missile et on l’avait vu s’écraser là où elle se tenait quelques instants avant. Mais personne durant le combat n’eut le temps de se rendre sur place pour vérifier. Et n’étant pas réapparue, elle avait été laissée pour morte sur le champ de bataille. Anakin aux prises avec les rebelles, les loyalistes et ses propres troupes avait jugé inutile et dangereux d’aller inspecter, voire ramener les dépouilles de ses compagnons.

Mace soupira. C’était une terrible erreur. Mais qui alors aurait pu se douter qu’il restait des survivants? Maintenant l’Ordre devait assumer les actes du jeune Skywalker.
Personne de République n’avait plus mis les pieds sur Jabiim et aucun Jedi non plus. Comment Xiss avait-elle fini par se retrouver aux côtés de Coroth ?

Le Maître Jedi prit connaissance des forces en présence et en particulier des renforts qui avaient pris pied sur la maudite planète afin d’assurer le repli des troupes en sécurité. Et là il tiqua immédiatement lorsqu’il lu : 2 compagnies du 1er bataillon de la XVème Légion. La XVème Légion c’était la garde d’Osten Coroth !

Ainsi donc il avait prit part au secours des troupes. Mace devait donc absolument lire le rapport d’Osten pour y trouver les éléments cherchés. Et un extrait de ce rapport l’atterra :

Nous avons parcouru le champ de bataille de la station dévastée. Pour trouver des survivants, il fallait mettre pied à terre, nous n’étions pas équipés de motos. C’est ce que je fis avec la 1ère compagnie, la seconde restant en appui aérien. L’odeur était insoutenable. Mon padawan - Rhytrian Risray – et moi devions user de la Force pour bloquer notre système olfactif: la pluie incessante accélérait la décomposition des cadavres. Ils avaient tenu parole : ils s’étaient battus jusqu’à la mort. Mes hommes couraient en tous sens à la recherche de blessés, mais je pense que nombre de ceux qui avaient survécu avaient dû périr noyés. Je me dirigeai alors vers un monticule où gisaient les restes d’un TB-TT et ce que je découvris me fit frémir.
Ainsi nous repartions sans avoir pu récupérer personne. J’informai Skywalker qu’il nous fallait des renforts pour faire le tour. Ce n’était pas possible, il devait rester des survivants.
Mais bien que je sois son supérieur, les directives de ce combat lui incombaient et je ne pus le résoudre à nous laisser mes hommes et moi pour essayer de sauver ceux qui eussent pu encore l’être.
Son entêtement me surprit. Lui d’un naturel courageux. Je compris plus tard lorsque j’appris son refus d’emmener avec nous les loyalistes jabiimiens.
Si j’avais su ! Je serais resté avec mes gars. Plutôt la mort que la honte. Même pas moyen de ramener les corps de nos compagnons Jedi. Parmi eux des amis, des jeunes que j’avais bien connus lors de leurs formations. Pas un seul nous n’avons pu ramener. C’est intolérable.
Le Conseil devra répondre de ses actes. Et s’il ne le fait pas, l’avenir l’y forcera.
J’ai quitté Jabiim avec un sentiment que je ne devrais pas avoir. Jamais il ne me quittera, il faudra que je vive avec jusqu’à la fin de mes jours.
Je demande au Conseil dans sa grande sagesse de faire le nécessaire afin de renouer des liens avec les Jabiimiens, de faire amende honorable et de récupérer les dépouilles mortelles de nos compagnons. Si tant est qu’ils soient bien tous morts et que certains ne restent pas prisonniers et torturés.




Nulle part il ne faisait mention de la Jedi. Mace lut alors le dossier de Zule Xiss et comprit en partie ce qui s’était passé. Cette épave de transport dont parlait Coroth, c’était celle qui avait écrasé la Zeltronne. Et elle devait avoir survécu par miracle. Une journée durant jusqu’à ce qu’il arrive et la découvre.

Tout s’éclaircissait. Jabiim avait été l’élément déclencheur du changement de comportement de Maître Coroth. Son rapport avait été totalement ignoré. Le Conseil n’y avait pas porté la moindre attention. Il avait « oublié » Jabiim et Coroth.
Mais au-delà, cet acte avait scellé le sort du maitre Jedi avec les clones. « mes hommes », « mes gars ».
Windu devait rentrer pour se concentrer sur cette affaire qui prenait une sombre tournure alors que la fin de la guerre semblait proche avec bientôt la capture du général séparatiste Grievous sur Utapau. Il faudrait qu’ensuite Obi Wan aille se mettre en quête de Coroth afin de le relever de son commandement et de le ramener devant le Conseil pour lui faire entendre raison et lui appliquer le châtiment que son comportement méritait. Skywalker ne serait pas de trop dans cette mission.

Pourtant le comportement de ce dernier inquiétait Mace et il craignit un instant que de le confronter à nouveau à Coroth tourne au désastre. Car c’était rassembler à nouveau les Jedi survivants de Jabiim. L’aide d’un Maître supplémentaire du Grand Conseil ne serait pas de trop. Il faudrait dépêcher Yoda, car Mace savait qu’Osten lui vouait une admiration sans bornes.
Mais que faire des Jedi et des padawan accompagnant Maître Coroth ? Pour peu qu’il en reste encore à la fin puisque dans cette armée ils enregistraient un taux de perte parmi les plus élevés.
Et Zule Xiss ? Quelle serait sa place ?
Mais d’autres tâches le mobilisaient pour le moment et Mace s’occuperait de cela plus tard. Après la guerre.


http://www.deezer.com/track/1302838

Bleu.
Bleus.
Les yeux bleus de Zule se perdaient dans sa propre image reflétée dans le miroir holographique.
Elle se trouvait belle. Et elle était magnifique. Sa peau à la couleur de pulpe de pamplemousse était lisse comme l’eau d’un lac d’une contrée sans vent. Ses longs cheveux verts coiffés en arrière, formant en partie un catogan complétaient ce sublime mélange de couleurs naturelles.
Zule y ajoutait une touche de rouge sur ses lèvres qui formaient une sublime bouche toute féminine. Tout comme ses sourcils en forme de vague, ses longs cils et ses fines oreilles.
Les traits saillants de son visage, son nez aquilin et son grand front rectangulaire laissaient apparaitre son tempérament de feu et sa détermination.
Mais dans le bleu de ces yeux, elle voyait son âme, la mort, le meurtre.
Un meurtre bleu.

Car les derniers combattants qu’elle avait tués sur Jabiim, c’était sous l’emprise du Côté Obscur. Mais « emprise » était-il le bon mot ? N’était-ce pas plutôt « climat » ?



Nue devant son image, elle regarda ses mains. Puis ses bras. Puis ses jambes. Tous ses membres étaient parfaits. Et parfaitement faux. L’illusion était totale.

Mais qui suis-je ? J’ai été d’abord une enfant, puis je suis entrée dans l’Ordre. J’ai pourtant toujours été moi-même, même domptée par Maître Glaive qui a su me comprendre et canaliser mon énergie. Et il y a eu Jabiim. Mais que s’est-il donc passé dans ma tête ? Ai-je vraiment donné libre cours à toute ma rage ? De quel côté suis-je désormais ? Je suis encore plus jolie qu’avant. Et je ne suis plus qu’à moitié un être vivant. Je ne peux rejeter ces parties cybernétiques ni de mon corps, ni de ma vie, ni même de mon histoire. C’est mon ancien bras mécanique qui m’a sauvée, c’est à lui que je dois la vie. Grâce à Ventress. Quelle ironie ! Et le Jedi qui m’a tirée de là, qui m’a fait soigner, qui m’a visitée tous les jours comme personne ne l’aurait fait, cet homme s’apprête à désobéir à ce en quoi il eu foi jusque là. Et il me donne un commandement, sans me connaitre plus que ça, parce que la Force l’y pousse. Et je l’accepte. Pour la même raison. Et parce qu’il m’attire. Moi, une Jedi. Lui, un Jedi. L’univers entier es-il une ironie ?
Et je me retrouve admirée de clones que je n’avais jusqu’alors jamais regardé autrement qu’en tant qu’outils, avec arrogance et dédain. La vie m’apprend maintenant que ce sont des hommes sous leur armure. Qu’ils ont des sentiments, qu’ils sont doués de réflexion. De réflexion. Pas comme mon image, qui n’est qu’un reflet de moi-même dans cette hologlace. Un élégant reflet, certes. Tiens, je me fais une bise pour la peine.
Oui. L’univers entier est une ironie.

Quelque part au-delà de la Bordure Extérieure, loin du secteur des Corporations.



La mort silencieuse était immobile. Depuis des heures déjà elle était cachée là, prête à jaillir. Elle attendait patiemment. Ce temps avait été mis à profit pour étudier la façon de se déplacer de ses victimes, leurs démarches, le rythme de leurs pas, leurs mimiques, leurs voix.
La mort silencieuse était là. Et quelques mètres plus loin. Et dans l’arbre. Derrière cette pierre.
La jungle épaisse, sombre et humide paraissait en désaccord avec le bruit des animaux multicolores qui la peuplaient et dont les chants mélodieux donnaient à ce calme apparent un subtil parfum de tromperie.

Un micro contact électrique et les quatre clones reçurent dans la même fraction de seconde dans leur visière le signal lumineux qu’ils attendaient. Comme d’un seul homme, ils pressèrent d’un imperceptible mouvement de l’index la détente de leurs DC-15X modifiés à plusieurs reprises.
La mort silencieuse avait fauché ses victimes qui n’eurent que le temps de comprendre que la flotte de la République venait de sortir de l’hyperespace.
Et comme la mort silencieuse les avait tous enveloppés dans son grand manteau noir, personne ne put prévenir l’armée séparatiste depuis cette station radar de campagne.

La voix tranquille et sûre qui aurait été emportée par le bruit d’un bruissement de fougères résonna dans les casques des éclaireurs.

-Iriaz à Rancor. Mission terminée. Rendez-vous au point flash.
-Rancor à Iriaz. Reçu 5/5. Nous transmettons. Bonne route.

Quelques instants encore. Puis deux clones en tenue de camouflage progressèrent vers la position ennemie, couverts par leurs frères d’armes.
Ils vérifièrent que la vie avait bien quitté leurs cibles puis contrôlèrent le fonctionnement de la station radar. Il fallait la garder en état car sa destruction aurait engendré un signal d’alerte au poste de commandement ennemi. Le sergent plaça son appareil qui avait enregistré les voix des guerriers morts sur le système de communication ennemi. Il l’activa afin que son relais avancé puisse prendre la main sur tout appel des Séparatistes qui aurait voulu communiquer avec les leurs désormais dans l’incapacité notoire de répondre.
Ils rassemblèrent les cadavres un peu à l’écart. Il serait temps de les enterrer plus tard. Le sergent les aspergea d’un produit qui neutralise leur odeur afin de ne pas attirer des bêtes sauvages.

Puis, toujours sous couverture de leurs deux compagnons, les deux clones progressèrent plus loin dans la forêt.
Ils avaient pour habitude d’avancer ainsi, chaque binôme tour à tour : deux en position qui se surveillent mutuellement ainsi que les deux autres en progression qui s’arrêtent plus loin, laissant avancer les deux premiers. Bien que le déplacement se fasse assez lentement, il avait l’avantage d’être très sûr.
Plusieurs heures plus tard, ils atteignirent une montagne qui était un ancien volcan éteint.

-Iriaz à Rancor. Point Flash atteint.
-Rancor à Iriaz. Bien reçu. L’oiseau est en chemin.

Le sergent chef soupira tandis que les quatre hommes se regroupèrent après avoir posté trois drones de surveillance.

-Vous avez eu le note interne tout à l’heure ? demanda-t-il.

Les soldats firent « non » de la tête.

-La Jedi que nous avions récupérée sur Jabiim est sortie de l’unité de soins.

Un frisson les parcouru.


-Vous n’y étiez pas vous, mais vous connaissez l’histoire.
-Ca a dû te faire un choc.
-Ouais. Mais je suis content qu’elle s’en soit tirée entièrement maintenant.
-On a une dette envers elle.
-Ouais. Le général Osten lui a confié la 105ème Légion.
-Oh !
-Comme tu dis. Il a toujours le même sens de l’humour avec les chiffres.
-Merde, j’aurais bien voulu me battre à ses côtés moi.
-Ouais. Ca m’emmerde aussi. On se portera volontaires pour les missions de renseignement de la 105ème.
-Pfff, tu ne crois pas qu’ils ont assez d’éclaireurs là-bas ?
-Oui. Mais c’est nous les meilleurs. La preuve : on n’est ps de la XVème et c’est nous qu’on envoie ici.
-Ca c’est parce qu’on nous prépare un coup fourré.

Les trois soldats regardèrent leur congénère qui venait de parler. Le sergent chef reprit.

-Toi t’as de la chance d’avoir ton casque pour que je ne te fasse pas une grosse tête. Le général Osten ne fait pas de préférence. Et il ne sacrifie aucun de nous. Maintenant écrase un peu, t’as beau être un crack, ça ne fait pas bien longtemps que t’es avec nous alors apprends un peu avant de parler à tort et à travers.

L’homme ne répondit pas et baissa la tête.

-Ok. Maintenant on se met en position et on attend que l’on vienne nous récup…

Il fut interrompu par une communication extérieure.

-Iriaz ici Rancor. Changement de programme. On vous récupère bien au Point Flash mais on vous transfère à bord du « Vampire ». Vous serez détachés auprès de la 105ème.
-Rancor ici Iriaz. Reçu 5/5. On est prêts pour l’enlèvement.

Les quatre hommes se regardèrent dans les visières.

-On a la réponse à l’une de nos questions les gars.
-La Force fait bien les choses comme dirait le général Coroth.
-J’espère que j’aurai droit à l’accolade au moins avec la Jedi.

Les quatre clones rirent en cœur. Le sergent chef reçu le signal d’approche de la canonnière.

-En position les gars. Ce n’est pas le moment de se déconcentrer, ce serait le meilleur moyen de se faire descendre bêtement.

Le vaisseau de transport effectua son tour d’horizon couvert au loin par deux chasseurs et un bombardier puis effleura un petit promontoire bientôt rejoint tour à tour par les deux binômes.
Puis il s’éleva en fermant la soute.
Le sergent-chef aimait bien qu’elle reste ouverte mais depuis qu’il avait pris un tir hasardeux isolé dans la jambe et perdu son équipier sur Naboo. C’est à la suite de sa convalescence qu’il avait été affecté dans la 101ème Légion sous les Ordres de Coroth qu’il le dépêcha comme tireur d’élite de sa garde rapprochée. Et c’est à cette occasion qu’il l’avait accompagné sur Jabiim.
Jabiim encore une fois. Il finissait par croire la théorie des Jedi selon laquelle rien n’arrive par hasard.

-Qui vivra verra. Se dit-il.

Mais s’il avait su ce qu’il verrait plus tard, il aurait préféré cesser de vivre.



Deux semaines plus tard, à une année lumière de là.


Charmane Tryran jouait avec son sabre qu’elle faisait sauter dans sa main gauche. Plus par habitude que par nervosité. La jeune Twil’ek avait un mauvais pressentiment et plus le temps passait, plus elle attachait d’importance à son arme, un sabre laser au manche épuré, mélange de tungstène et de titane qui étaient comme tressés l’un dans l’autre, formant une spirale issue d’un vecteur tourbillon.
Sa consœur humaine Hazelyn Tork posa sa délicate main sur son épaule et le seul contact arrêta le mouvement répétitif qui faisait virevolter l’élégante arme légendaire.

-Eh bien. Tu sembles préoccupée.
-Je crois ma dernière heure venue.
-Tu n’es pas la seule. Je hais cette attente constante.
-Mais je ne suis pas effrayée pourtant. Oui, le calme avant la tempête.
-Et ce vent.
-Celui qui précède le murmure des vies qui s’éteignent.
-Celui de nos frères clones.

Les deux jeunes femmes regardèrent les soldats autour d’elles. Pas un seul n’aurait hésité à donner sa vie pour ces padawans là. D’autant plus qu’elles avaient l’honnêteté de leur avoir dit qu’elles ne savaient pas si elles feraient de même si les rôles devaient être inversés.
Ils n’en attendaient pas moins. Etre considérés, c’était l’une des plus simples et des plus grandes marques de respect qui puisse leur être faite. Et dans l’armée du général Coroth, le moindre membre de l’Ordre était tenu d’appliquer ce principe. Mais ça tombait sous le sens car c’était le général lui-même qui décidait qui avait le mérite suffisant pour intégrer ses troupes.

-Commandant Tryran, commandant Tork, l’ennemi s’est scindé en deux colonnes. Ils vont tenter de nous prendre en tenaille.
-Merci colonel. A-t-on une estimation de leur composition?
-Des blindés divers et nombreux, peu d’infanterie. Tous des cybernétiques.
-Je n’aime pas ça. Ca sent le coup fourré à plein nez. On ne laisserait pas le commandement à des machines.
-Nous avons l’avantage du nombre. Ils pensent que nous sommes beaucoup plus, ils vont pilonner longtemps avant de passer à l’assaut. Il faudra les prendre de vitesse. Quelques frappes chirurgicales devraient suffire à les désorganiser. Nous devrions en profiter pour nous infiltrer par petits groupes parmi eux en détruisant leurs moyens de communication et en abattant leurs chefs présents.

La tactique proposée par l’officier clone était astucieuse et permettait d’utiliser au mieux le terrain accidenté. La Jedi Twil’ek poursuivit.

-Ca me semble être une bonne idée. Je pense qu’il serait bon de procéder colonne par colonne. La première une fois neutralisée, nous pourrions déplacer le gros de nos troupes à proximité et attirer le tir de la seconde. Avec un peu de cinéma, ils pourraient se canarder les uns, les autres.

Le clone acquiesça d’un signe de tête puis nuança :

-Nous risquons de perdre beaucoup de monde jusqu’à ce que leurs tirs soient correctement ajustés sur les leurs.
-Ne vous inquiétez pas, je m’occuperai de les attirer. Faites de la poussière, coupez des branches et trainez-les derrière vous pour faire croire au mouvement. Je m’occupe du reste. Allons, mettons nous en position maintenant.

Le colonel regarda un instant la padawan au fond des yeux et la salua. Il ne le savait pas encore mais c’était la dernière fois qu’il la voyait.



1.3 Vivant.




Je me sens si fort
Je me sens si puissant
Je peux et vais réussir
Je suis vivant, je suis vivant !

Je me sens si fort
Je me sens si puissant
Je peux et vais réussir
Je suis vivant, je suis vivant !

[Ikon]


Quelques mois plus tard. Secteur inconnu.

Le silence était total. La délivrance était proche. Les deux armées se regardaient et se jaugeaient. Le temps était magnifique. Un de ces jours où l’on se dit que rien de mal ne peut nous arriver.
Zule sortait du lot. Une aura l’entourait.
Elle regarda les rayons des soleils à travers son masque et pensa au général Leska qui était morte dans une éclaircie.
La Zeltronne avait laissé ses émotions loin d’elle. Ni peur, ni crainte, ni pitié. Mais de la compassion qu’elle gardait pour plus tard. De la compassion pour ses frères clones et Jedi qui mourraient aujourd’hui.
La CVème Légion qui avait déjà excellente réputation avant qu’elle n’en prenne les rennes, jouissait désormais du même statut de légende que la XVème.

Quatre mois s’étaient passés depuis qu’ils avaient franchi la Bordure Extérieure. Quatre mois du jeu du chat et de la souris pendant lesquels les escarmouches et les affrontements avaient été multiples.
Chacun des deux camps avait réussi à tenir l’autre éloigné de ses bases, sans nouvelles de l’arrière, sans renforts ni approvisionnements.
Petit à petit la République avait fini par prendre l’avantage sur les Séparatistes. Mais pas sans pertes.
Le plus dur combat avait été mené au début quand la XVème était venue renforcer la CCVIIème tombée dans un piège. La padawan Charmane Tryran avait trouvé la mort, se sacrifiant pour ses troupes qui alors emmenées par son amie Hazelyn Tork et le général Tonden Jriss avaient résisté héroïquement jusqu’à l’arrivée d’Osten et de ses hommes qui écrasèrent l’ennemi de manière tonitruante.

Les restes de la CCVII furent confiés à Zule qui du coup commandait les deux légions qu’elle menait d’une main de fer. Et pour cause…
D’ailleurs tous les Jedi et Padawan dans ces deux légions étaient des femmes ou des femelles. Une demande de Zule. Osten avait accepté. Il ne lui refusait rien et elle savait s’en montrer digne. Bien que très introvertie et réservée, ses collègues la respectaient religieusement. Elle n’était plus la survivante de Jabiim, la protégée de Coroth, elle était elle-même Zule Xiss surnommée la mort bleue par toutes et tous, admirée par ses hommes et ses pairs.

La belle Zeltronne fit un signe de tête au colonel Ori’beskaryc* qui donna alors le signal du début de l’attaque. Depuis la mort de Charmane, il ne faisait plus de pronostics sur qui vivrait ni qui mourrait. Il essayait de donner le meilleur de lui à chaque être vivant qu’il rencontrait se disant que ce serait peut-être bien la dernière fois.

L’artillerie de la République se déchaîna alors comme jamais depuis le début de la guerre. Le général Xiss en faisait un très grand usage pour décimer en priorité les unités d’élite adverses, les canons et les blindés. Contrairement à Osten elle ne menait la guerre de mouvement que pour le placement de ses troupes avant la bataille. Ensuite elle prenait des positions formidables et trouvait toujours un moyen d’attirer ses ennemis là où elle le voulait.
Elle était une guerrière née. Autant de nombreux Jedi pensaient que c’était une hérésie de devoir commander des armées autant Zule avait ça dans le sang. Et bien d’autres choses cachées en tête.

L’ennemi avait appris à ses dépends la manière dont la jeune Jedi menait ses batailles. Il avait donc voulu la prendre à son propre jeu en utilisant la statique ayant une carte secrète dans son jeu. Du coup, il était finalement mieux préparé que ce à quoi s’attendait l’armée républicaine.
Mais Zule en plus d’être intelligente savait faire preuve de pragmatisme.

Elle s’occupa donc de faire taire les bouches à feu adverses placées principalement en leur centre. Dans le même temps elle envoya ses blindés fixer la position retranchée ouest de la C.S.I. Avec la force de frappe qu’elle mettait en place, elle établissait finalement un point fixe imprenable qui lui servirait pour faire la rotation de ses troupes.
Elle envoya un de ses régiments favoris pour se couvrir d’un éventuel débordement. Car finalement sa ligne était très longue et peu profonde. Il avait plu toute la nuit et il n’était pas évident de faire manœuvrer ses forces. Néanmoins elle y parvenait de façon assez satisfaisante afin d’assurer un pilonnage en bonne et dûe forme.

En milieu d’après-midi, Zule avait peu avancé mais elle avait fini par prendre la position tant convoitée à l’ouest en taillant de sévères croupières dans les réserves des Séparatistes. Mais sa ligne restait fragile et elle avait dû abandonner des positions à l’est afin de rester homogène, une partie de son artillerie empêchant un débordement de ce côté.
Zule attendait des renforts pour pouvoir briser le solide dispositif face à elle. Et des troupes apparurent au nord-est. Elle lança alors ses dernières réserves et troupes d’élite pour commencer sa manœuvre finale.
Mais en vain. Car la C.S.I. attendait également des troupes fraîches supplémentaires et c’est celles-ci qui venaient de faire leur apparition. La situation était critique : elle risquait de se faire envelopper par son flanc droit et pire : elle n’avait aucune nouvelle de la légion qu’elle attendait.
Contre l’avis de son maréchal clone, elle fit stopper net le dernier assaut entamé, dégarnir son aile gauche en faisant avancer vers la droite le maximum de forces possible tout en tenant une bonne ligne de front. Mais ça se gâtait vraiment à l’est. Il fallait replier en bon ordre et laisser le terrain à l’ennemi.

Le maréchal Haran* la convainquit tout de même d’organiser un point fort sur le centre de sorte que si les renforts arrivaient, la position de reprise d’attaque ne soit pas compromise.
Fort heureusement le relief permettait aux armées républicaines de gagner un peu de temps sur leur flanc droit : peu de troupes suffisait pour contenir l’ennemi.
Mais la situation changea tout à coup : la LVIIIème Légion arriva à point nommé pour rechanger la donne.
Il était tard mais Zule et Haran ne voulaient pas lâcher le morceau. Tant pis, on se battrait de nuit. Les forces fraîches entrèrent immédiatement en action pour percer le centre des positions de la C.S .I. dont les troupes, bien que médusées, ne cédèrent pas non plus à la panique.
Les combats qui s’en suivirent furent terribles et Zule alla personnellement au contact des adversaires pour motiver ses hommes au plus haut point. Trois heures après la tombée de la nuit, les Séparatistes lâchèrent totalement prise et se replièrent en désordre laissant le champ de bataille aux clones et aux Jedi.

La Zeltronne avait la rage en elle et ivre de son succès voulu emmener ses troupes jusqu’au bout pour détruire l’armée en déroute. Mais tous étaient au bord de l’épuisement. Elle regarda les membres de son état-major autour d’elle et les transmissions holographiques de ceux disséminés ça et là sur le terrain.

-Verda*, la journée a été rude. Nous avons mérité un bon repos pour nous remettre d’aplomb et panser nos plaies. De plus poursuivre dans ces conditions l’adversaire comporte le risque qu’ils reçoivent d’autres renforts qui pourraient changer la donne. Je vous vois là tous vidés, au bord de l’extinction. Nous avons tous droit au calme à présent.

Personne ne bougea et n’osa prendre la parole. Il y avait comme un sentiment commun que la déclaration de Zule n’était pas finie.


*Ori’beskaryc : dur à cuire
*Haran : enfer
*Verda : guerriers


-Mais mes amis, Vode*, je perçois encore une lueur en vous. Notre devoir est de vaincre et il est plus important que notre mérite. Nous allons traquer ces hordes sauvages de la C.S.I. et les annihiler. Ce sera la curée. Pas de quartiers. Ceux que nous laisserions partir nous planteraient un couteau dans le dos demain. Je ne veux pas voir le soldat debout à côté de moi ce soir tomber au champ d’honneur demain parce que je n’ai pas mené ma mission jusqu’au bout. Parce que je n’ai pas été au bout de moi-même et au bout de vos forces.
Officiers, maintenez l’ordre de la poursuite. Pas de quartiers ! Nous sommes vivants et eux, ils sont morts au moment même où ils nous ont affrontés.

*Vode : frères


La mort bleue avait parlé. Une immense vague de venait des galvaniser les troupes qui trouvèrent le moyen de puiser au fond d’eux une énergie inconnue jusqu’alors. La terrible machine de guerre que Zule tenait dans sa main s’abattit avec plus de rage que jamais sur les restes de ce qui fut jadis une glorieuse armée séparatiste.




Ailleurs. Secteur inconnu. Un jour plus tard.

Osten venait d’apprendre ce qu’il s’était passé lors de la victoire totale la veille acquise par les légions de Zule.

Ainsi donc tout se passe pour Zule comme je l’avais espéré. Quelle guerrière ! Sans doute le plus grand général Jedi depuis Revan. Quinlan Vos avait bien raison : il est possible pour certains d’entre nous d’avoir recours au Côté Obscur sans y basculer pour autant. J’avais vu juste.
Et stratégiquement elle a ouvert la voie pour aller affronter tout ce qu’il reste de l’armée séparatiste que nous poursuivons depuis des mois. Nous allons enfin pouvoir rentrer chez nous. Enfin moi je ne sais pas. Mais là n’est pas la question. Il n’est pas temps que je songe à mon propre sort.
Maintenant avec elle et Ros Lai je « détiens » des généraux Jedi de tout premier ordre. Mais surtout des amies fidèles associées à ma cause. Finalement, nous les Jedi, ce qui rapproche le plus certains d’entre nous c’est souvent la part d’obscur que nous portons.

Le Conseil ne voudra jamais le croire. J’ai de la peine pour Maître Yoda qui serait en ma – non, en notre – faveur. Mais sa sagesse n’est pas celle du Conseil hélas. Enfin. Pas toujours.
Qui Gon me manque. Même Dooku parfois. Ni Jedi. Ni Sith. J’ai peine à croire en sa disparition. D’autant plus qu’il a été tué par Skywalker. Qu’Obi Wan n’était pas conscient à ce moment précis. Je suis persuadé que le Chancelier n’est pas tout blanc dans cette affaire une fois de plus.

Quelle ironie ! Quand je pense que nous sommes si nombreux à penser que nous défendons un système pourri, moribond, agonisant. Uniquement parce que le Conseil l’a décidé. Oui je crois que nous ne sommes pas du côté des « gentils » cette fois-ci. Mais l’autre parti ne vaut guère mieux. Non, la cible de cette guerre ce sont nous, les Jedi. C’est évident. C’est nous qui payons le plus lourd tribut.
Non ! Je ne me rendrai pas au Conseil. Je verrai Maître Yoda. Et je m’en irai. La Force seule sait où. Et ceux qui voudront m’accompagner seront les bienvenus.
Oui. Là réside ma seule « subversion ».

-Subversion.

Voilà que cette voix résonne à nouveau dans ma tête.

-Prends garde à toi et aux tiens Osten.

Eh bien ? Qu’est ceci à présent ? Une phrase ! De mieux en mieux ! Est-ce moi qui devient fou ?Non je ne le suis pas. Pas encore en tout cas.
Mais ce qui m’inquiète le plus ce sont les perturbations dans la Force que nous sentons presque depuis que nous avons coupé les ponts avec nos arrières. La plus grosse au début. Maintenant Latawyn, Melke et quelques autres sommes d’accord pour penser que c’est dû à la mort soudaine de plusieurs de nos compagnons Jedi.
Je ne suis pas parano mais il y a quelque chose qui a soudainement changé une fois de plus dans cette guerre. Je vois mal les Séparatistes avoir pris tout à coup l’avantage. Quoique. Si je reste rationnel, étant donné le voile obscur qui ne fait que s’épaissir depuis l’invasion de Naboo il y a quelques années, je crains que la menace fantôme Sith à laquelle nous pensions n’ai frappé pour de bon.

Il faudra vraiment être prudents. Au moins je sais que je peux compter sur mes clônes. Ils ne sont pas comme ceux des autres armées de la République et ça personne ne le sait à part moi depuis la mort de Ko Sai. Ils ont tous l’autonomie des CRA (Commandos de Reconnaissance Avancée). Une astuce dans la « chaîne de fabrication » de ceux que sont attribués à mon armée.



Quelques jours plus tard. Secteur inconnu.


-Rancor à Iriaz. Bonne chasse les gars !
-Ici Iriaz. Merci Rancor. L’oiseau s’est envolé. A plus tard.

Les quatre clones enfourchèrent leurs speeders BARC camouflés de la même teinte que les roches avoisinantes. La nuit était profonde à présent et leur déplacement presque à découvert ne pouvait se faire que dans ces conditions. Il fallait faire vite. Très vite. Ils adoptèrent une formation en pic à distance respectable les uns des autres pour éviter les tirs de grenades et autres pièges possibles. Les deux plus expérimentés ouvraient la marche et les deux autres couvraient leurs arrières. Ils voyagèrent ainsi jusqu’à ce que le jour soit à une demi-heure à poindre derrière un canyon aux formes biscornues. Le sergent-chef dit alors.

-Ici ce sera bien.

Là, ils se glissèrent sous le rocher et cachèrent leurs montures tour à tour et se déployèrent immédiatement pour « poser » leur zone de sécurité, c’est-à-dire installer des mines et trouver les meilleurs endroits où se positionner à l’aide de leurs drones. Lorsque chacun se fut fondu dans le paysage, le sergent-chef reprit.
-Iriaz à Rancor. Sommes en position. Rendez-vous au point flash à l’aurore.
-Rancor à Iriaz reçu 5/5. Kote !
*Kote : Gloire

L’un des clones prit la parole.

-La menace est en approche comme prévu. Je suis son avant-garde sur mon écran, il nous reste encore quelques heures.
-Bien. Ils seront donc ici avant la nuit comme prévu. Je tiens à vous rappeler qu’en éliminant la cible, nous décapiterons leur chaîne de commandement, ce qui signifie la fin de la poursuite de leur armée depuis des mois. Nous n’avons pas le droit à l’erreur.
-Comme d’habitude. Quelque part ça m’ennuie que l’on termine. On va probablement nous réaffecter dans un autre corps d’armée et ça m’emmerde au plus haut point.
-Ah, ben voyons ! Encore un qui a le cœur qui bat pour notre général Zeltronne !
-Que veux-tu ? Ce n’est pas parce que l’on est clone que l’on ne peut éprouver quelque chose pour quelqu’un.
-Moi c’est le général Coroth qui me manquerait le plus. Avec lui on est sûr que tout se passe bien. Et dans le pire des cas ça se passe pour le mieux. Et puis, depuis que je suis dans son armée, je me sens mieux, je suis plus « libéré », plus autonome, plus en accord avec la nature.
-C’est vrai, je suis d’accord avec toi. Mais le sergent-chef, lui a toujours été avec Coroth depuis le début, n’est ce pas chef ?
-Exact Verd. Je suis un vieux de la vieille, de la première génération de clones. Je le connais depuis le jour où les Jedi sont venus nous chercher sur Kamino. Le colonel Ijaa aussi d’ailleurs. Je crois qu’ils ne se sont même jamais quittés tous les deux.
-Vous ne nous avez jamais raconté votre vie chef. Moi ça m’intéresserait bien de savoir tout ce que vous avez fait.
-Je n’aime pas vraiment m’étendre sur mon cas.
-Allez chef ! Demain je ne serai peut-être plus là pour entendre cette histoire ou vous pour la raconter.
-Si ça peut te faire taire un peu je veux bien. Et tu n’as pas tout à f ait tort. Mais je ne vous raconterai pas tout.

Lorsque Maître Yoda est venu nous chercher sur Kamino, il était accompagné par plusieurs Jedi dont Maître Osten. C’est lui qui a été le premier homme et premier Jedi à serrer la main à un clone et ce fut moi. C’est marrant, mais à cet instant quelque chose d’étrange s’est passé en moi. Le doyen du Conseil l’a désigné pour choisir les unités qui interviendraient dans l’arène de Geonosis où des Jedi étaient retenus prisonniers. Il m’a chargé du poste de tireur d’élite de Maître Yoda. J’étais donc dans la canonnière qui formait l’aile gauche de la sienne. Après avoir récupéré les rescapés, nous l’avons épaulé jusqu’au PCA (poste de commandement avancé). Le sort a voulu que ce soit l’ailier droit qui ait été touché de plein fouet et se soit écrasé peu de temps avant. Un coup de bol pour moi. On m’a alors ordonné d’assurer la défense sniper de la position jusqu’à ce que l’on vienne me chercher pour aller récupérer la sénatrice Amidala qui était tombée de son appareil avec l’un des nôtres. Je l’ai ensuite protégée jusqu’à la fin de la bataille.
Par la suite j’ai été affecté à droite et à gauche au besoin des missions de reconnaissance avant de le rejoindre à la fin de la défaite de Jabiim.
Là on m’a muté sous les ordres du général Coroth et je l’ai accompagné comme tireur d’élite de sa garde rapprochée. Le jour où nous nous sommes posés sur cette maudite planète nous a tous changés. Les quelques hommes que nous étions découvrions des horreurs de champs de bataille comme jamais nous avions vu jusqu’alors. Le général a changé aussi. Je pense que dans les esprits de tous ceux qui ont été présents là-bas, ce fut une sorte de tournant psychologique de la guerre. Lors de notre retour au vaisseau amiral, le colonel Ijaa m’a convoqué et m’a fait le topo sur comment était organisée l’armée du général Coroth avec les particularités que vous lui connaissez.
-Il paraît que les sous-off et les officiers ont des infos à ce sujet que nous simples soldats ou caporaux n’avons pas.
-Oui c’est exact et c’est ni mieux ni moins bien ainsi. Ce sont les ordres.
-Et nous les respectons.
-Tant mieux. Les premiers mois il m’a gardé à ses côtés comme garde du corps, puis envoyé comme agent de liaison et de renseignement. Ensuite il m’a confié ma première escouade. Jusqu’au jour où j’ai failli y passer. Là, il m’a confié ma seconde, les trois autres étant formés, le sergent promu chef et un bleu recruté pour compléter l’équipe. Aujourd’hui vous êtes ma cinquième formation. Je n’ai perdu qu’un homme durant toute cette guerre. Mais c’est un homme de trop.
-Correction chef, il n’est que blessé.
-Affirmatif. Mais estropié. Il ne pourra plus intégrer les unités d’élite. Pour moi il est comme perdu.
-Et votre pire mission chef ?
-Je suis tenu au secret verd, désolé. Comme tu l’es sur toutes les missions que tu as faites avec moi.
-Cela va de soit chef.
-Après je pense n’avoir fait que mon devoir comme vous tous.

Personne ne répondit plus. Le sergent-chef Shev’la avait omis de parler de nombreux détails. Notamment sur Jabiim. Comment Maître Osten avait retrouvé Zule. La férocité des combats qui avaient décimé les clones et leurs Jedi ainsi que les alliés et ennemis. Le serment qu’ils avaient prêté à Osten de ne jamais parler de la récupération de Zule et de son existence. Du sentiment de déchirement qu’ils éprouvèrent tous lorsqu’ils durent quitter la planète sans pouvoir ni porter secours aux autres survivants blessés et agonisants, ni pouvoir emmener avec eux les partisans Jabiimiens de la République abandonnés à leur propre sort.
Tant de sang versé pour rien. Tant de vies perdues. De jeunes vies.

Il ne leur avoua pas non plus que tous les clones de l’armée de Coroth bénéficiaient au moins de l’autonomie des guerriers ACR. Quelque part tous s’en doutaient mais n’osaient l’imaginer plus sérieusement.

Shev’la était non seulement un soldat d’élite, sniper des forces de reconnaissance avancées qui avec son rang de sous-officier avait l’autorité d’un officier et les avantages allant de paire mais également un agent de renseignement à la solde d’Osten pour « observer » les autres clones.

Il ne leur parla pas non plus de la formation d’espion qu’il avait reçue, capable de s’infiltrer derrière les lignes ennemies et amies. Mais malgré tout cela, il ne s’imaginait pas les doutes qu’avaient Osten, les autres Jedi de son armée et les officiers supérieurs clones en ce qui concernait les motivations du Chancelier.
Non. Il ne pouvait se l’imaginer.

*Shev’la : Silencieux


Il était là pour éliminer les menaces qui pesaient sur l’armée de Coroth avant celles qui minaient la République.
Personne ne l’avait jamais compris jusqu’alors. Seuls Yoda et Windu commençaient à s’en rendre compte.

Les heures passèrent. Lentes et interminables.

-Les voilà chef. Mais on dirait qu’il y a un os dans le potage.
-De quel genre, verd ?
-Genre os de dragon krayt chef : il y a des tanks NR-99.
-Et merde ! On n’est pas équipés pour ça.
-On prévient Iriaz ?
-Négatif. On va se démerder. On a assez d’explosif pour endommager l’un des blindés et le faire basculer dans le ravin là à droite. A cet endroit, ils ne pourront pas nous tirer dessus avec leurs blindés, nous n’aurons que la piétaille à retenir. Pendant ce temps Osik’la ira pirater leur système informatique dans l’engin pour pouvoir bloquer les autres et on finira le travail à la grenade. Ca te semble possible le roi de l’informatique ?
-Mouais chef. Ca risque de prendre un peu de temps.
-On n’a pas le choix. Ce qui doit être fait doit être fait. Mirshko t’appuiera et Burk’yc Skira et moi on vous couvrira.
-Bien chef.
-Allez, en position les gars et attention à vos flancs.

L’escouade Rancor, c’est du chirurgical. Rien n’est jamais laissé au hasard et l’accomplissement de la mission est le minimum à obtenir. C’est donc avec une précision sans égale et dans la perfection la plus complète que les hommes progressèrent. Ils avaient pour le moment déconnecté à distance les pièges posés auparavant afin de les déclencher au moment opportun. Ils se servirent d’une partie pour créer une diversion afin de pouvoir s’approcher suffisamment et en toute discrétion du blindé qu’ils avaient choisi comme première victime. La charge auto-adhérente une fois lancée sur les chenilles explosa à la seconde près, déséquilibrant la machine qui versa dans le fossé. Mais la machine était moins atteinte que prévu et avait encore les moyens de se mouvoir. En une fraction de seconde, Mirshko dut réagir et balancer une grenade électrique au bon endroit afin d’immobiliser la machine qui fut à un poil d’écraser Osik’la qui eut à peine le temps de bondir sur le côté. Lorsque l’écoutille s’ouvrit, il se trouva mis en joue par un Quarren. Ce n’était donc pas que des droides aux commandes ; la situation devait être telle que tous les derniers éléments étaient plongés dans le feu de l’action. Mais avant même qu’il ne s’en rende compte, Mirshko abattait le présomptueux d’un unique coup de son blaster DC-15. A l’instant même, son compagnon jeta une grenade toxique dans le cockpit de la machine tuant ainsi tout autre occupant qui pouvait s’y trouver. Après avoir brièvement vérifié que rien ni personne à l’intérieur ne les dérangerait, Osik’la y sauta et commença de suite son travail de hacker tandis que son binôme se postait dans un endroit plus abrité d’où il pouvait le couvrir.

*Osik’la : Bordelique
*Mirshko : Courage
*Burk’yc Skira : Dangereuse Vengeance

Pendant ce temps Burk’yc Skira et Shev’la s’appliquaient à couvrir leurs compagnons avec la plus grande difficulté mais également la plus grande précision. Les ennemis tombaient l’un après l’autre pris sous le grenadage de l’un et le fusil de précision de l’autre. Mais devant l’importance des forces ennemies, il était évident que ce petit jeu ne pourrait durer encore bien longtemps.

-Bon sang ! Mais qu’est-ce qu’il fout le bleu ?
-Je fais de mon mieux chef, c’est une vraie merde ce système, ils ont fait des modifs depuis les derniers modèles que nous avons rencontrés.
-Il va falloir te magner verd, on ne tiendra pas une éternité. Je te laisse encore trente secondes et après on passe au plan B.
-C’est quoi le plan B chef ?
-La méthode bourrin, on rentre dans le tas, on abat notre cible et on essaie de s’en sortir après.
-J’ai presque fini chef.
-On n’a plus le temps, ils vont être sur vous dans une seconde. Sors maintenant pour que Burk’yc puisse te couvrir le temps de te mettre à l’abri.
-Négatif chef. Je finis d’abord. J’y suis presque.

A ce moment précis un droide anti-blindage arriva en bord de ravin et fit feu sur Burk’yc. Mais celui-ci l’avait repéré et avait pu faire feu dessus, ce qui déséquilibra le robot lors de son tir. Le projectile alla s’écraser de plein fouet dans le char en cours de piratage.

-Osik’la ?! Osik’la ?! Verd, répondez!
-Il est mort chef. Dit Burk’yc.
-Merde! Pas le temps d’aller vérifier, on ira après. Burk’ yc replie toi à droite et couvre-nous. Vous allez les prendre sur le flanc, je vais rester là pour attirer leurs tirs.
-Bien chef ! répondirent de concert les deux soldats.

Les obus pleuvaient depuis près de deux minutes et se rapprochaient inexorablement de la position du sergent-chef. Encore quelques coups et il devrait soit se replier également, soit périr à son poste. Sans même s’en rendre compte les hommes se tutoyaient.

-Eh chef, les tanks arrêtent de pilonner !
-Bon sang ! Osik’la ? Osik’la? Si tu m’entends tiens le coup, on va te tirer de là ! Les gars, changez d’aile, il faut les faire bouger pour que je puisse apercevoir notre cible et l’abattre.
-Bien reçu chef.

Il fallu près d’une minute pour ce faire et comme prévu, le changement de position des Séparatistes permit au sergent-chef Shev’la d’apercevoir les officiers supérieurs ennemis qu’il devait éliminer. Ceux-ci sortaient des véhicules hors d’usage.
Un à un, ils tombèrent frappés en pleine tête par le sniper de la République qui enregistrait en même temps en video leur mort pour rapporter la preuve à son commandement.

-C’est bon, verdae. Couvrez-moi, je vais descendre chercher Osik’la.
-On vous couvre chef.

Le clone rejoignit le char à la vitesse de l’éclair, profitant de la confusion qu’il avait semé parmi l’ennemi pour quitter son observatoire. En arrivant près de la machine, il aperçut de suite son soldat qui se trainait pour en sortir. Il piqua un sprint pour couvrir les quelques mètres restant et arriver auprès d’Osik’la.

*verdae : guerriers

-Va falloir vous magner chef, ils rappliquent.
-Bien reçu.

Le sous-officier enleva le casque de son compagnon blessé.

-Désolé chef, on dirait bien que ma radio est bousillée.
-T’inquiète pas mon gars, je vais te sortir de là.
-C’est pas la grande forme. Vous feriez mieux de me laisser.
-Pas avant de t’avoir emmené à l’hosto !
-Je n’arrive pas à marcher, vous ne pourrez pas me trainer.
-Ne crois pas ça. Mirshko, Burk’yc Skira! Allez chercher vos montures et venez nous récupérer dare-dare! Ne vous occupez pas de vos arrières vais m’en charger pour vous donner du temps. Il faut faire fissa.
-Bien reçu chef.

Shev’la attendit cinq secondes puis déclencha l’ensemble des mines et des pièges qu’il restait. Un déluge de feu, de métal, de plasma et d’arcs électriques se déchaina alors sur les assaillants, laissant les survivants dans un épais brouillard.

Au bout de quatre minutes une explosion retentit dans la direction où étaient allés les deux soldats d’élite et quelques dizaines de secondes plus tard ils étaient là avec leurs speeders BARC et un troisième qui suivait en automatique.

-On a saboté la quatrième moto chef.
-Vous avez bien fait. Je vais prendre Osik’la avec moi. Tiens, aide moi à l’installer.
-Je vous couvre, dépêchez-vous.

Lorsque l’escouade fut suffisamment éloignée, Shev’la contacta la base.

-Iriaz.à Rancor. Mission accomplie. Un homme gravement blessé parmi nous, je vous transmets son état de santé en code. Prévoyez un médecin au point flash.
-Ici Rancor bien reçu. Nous vous envoyons une canonnière médicale en complément.
-Iriaz à Rancor. Reçu cinq sur cinq. Soyez sur vos gardes, on a rencontré plus de résistance que prévu.
-Rancor à Iriaz. Nous déploierons le nécessaire. Terminé.

Les trois moto-jet filaient à toute vitesse vers leur point de rendez-vous, brouilleurs activés, se fondant dans le paysage. Le jour déclinait fortement. Dans une heure ils seraient à l’abri. Vivants.

-Je suis vivant. Je me sens si fort. Pensa Mirshko.
-Je suis vivant. Je me sens si puissant. Pensa Burk’yc Sirka.
-Je suis encore vivant. Nous avons réussi. Pensa Osik’la.
-Je suis vivant. La mission est un succès. Pensa Shev’la.






Les évènements qui venaient de se passer avait permis de priver une partie de l’armée ennemie de son commandement. Celui-ci n’en serait que plus difficile pour les Séparatistes. Cette opération apparemment insignifiante pour certains ne ferait que précipiter la chute de la machine de guerre de la C.S.I.


Le lendemain matin. Planète voisine.
C’était la dernière bataille.
Osten le savait. Tout comme l’ensemble de son armée.
Mais pour lui c’était la dernière de ce que l’on avait appelé la Guerre des Clones. De retour dans la galaxie, il quitterait l’ordre. Et la République. Il avait besoin de repos, de calme. Besoin de ce qu’il espérait être une retraite et qu’il craignait d’être un exil. Il n’affronterait pas Maître Windu. Ce n’était pas nécessaire. Cela ferait plus de mal que de bien. Il faut parfois ravaler sa fierté, taire la vérité pour préserver la cause que l’on défend au-dessus de tout.
Il accepterait de rencontrer Maître Yoda afin de tout mettre à plat. De se confier, quelque part aussi. Il n’y avait qu’en lui qu’Osten avait entière confiance.

La bataille avait commencé depuis plusieurs heures. Le début avait vu la destruction des derniers vaisseaux de l’arrogante armée Séparatiste. Ce conflit était devenu une affaire personnelle pour chacun des deux partis. La lutte jusqu’à la mort.

Le climat était affreux, cauchemardesque, froid, pluvieux, dans le brouillard. Tous avaient l’impression d’être trempés jusqu’aux os.
Osten regarda Zule Xiss à sa droite et Ros Lai à sa gauche.
Il les avait voulues près de lui pour la fin. Il voulait les voir se battre en live de ses propres yeux. Définir une dernière fois dans l’ivresse de la puissance, de la victoire et de la gloire comment elles se comporteraient.
Les trois regards se croisèrent. Le moment de la curée était venu. Osten frappa la main de Zule puis celle de Ros Lai. Ils dégainèrent leurs sabres. Les clones s’écartèrent. Le colonel Ijaa les regarda passer de la même manière que ses frères.

Le trio dégageait une étrange aura de mort et d’invincibilité, baigné dans la lumière des armes Jedi. Ils pressèrent le pas, puis coururent en petites foulées pour enfin se ruer dans le tumulte du corps à corps en une énorme sphère de destruction, cassant, brisant tout sur leur passage, usant de tout ce qu’ils avaient appris pour se battre et rester en vie.
Les membres sautaient, les organes étaient transpercés, le métal fondu, les circuits surchargés. Plusieurs combattants de part et d’autre restèrent pétrifiés par ce spectacle semblait venir tout droit de l’enfer. Mais tous les membres de l’Ordre et les clones présents savaient que ce n’était pas le Côté Obscur qui se déchaînait. Enfin pas celui dont leurs maîtres les avait prévenus.
Pourtant les trois Jedi frappaient sans haine, mais avec rage, sans peur, mais avec foi, sans ignorance, mais avec sagesse.
Leurs pouvoirs conjugués se révélaient immenses, portés à leur paroxysme par la méditation de combat qu’Osten utilisait et dont il usait à la perfection.
Lorsqu’ils arrivèrent aux derniers combattants – les chefs de l’armée Séparatiste – les trois Jedi devinrent d’un calme glacial et donnaient l’illusion de paraître extrêmement lents.
Bien sûr, avec l’énergie du désespoir ils tentèrent de se défendre.

Cependant Osten avait capté une étrange sensation de satisfaction chez ses derniers ennemis.
Lorsque tous furent à terre, il s’approcha du général en chef de la C.S.I. et se pencha vers lui.
Il était mourant. Et pourtant il ricanait.

-Tu as beau être le plus fort, tu ne sais pas ce qui t’attend toi et tes maudits Jedi. Vous allez bientôt tous périr, vous allez….

Et la vie le quitta.

« Subversion »

La phrase sonna dans la tête d’Osten à nouveau. Et dans celle de Zule. Et dans celle de Ros Lai. Et dans celles de tous les autres Jedi de l’armée de Maître Coroth…
Etrange.
Pourtant Zule se sentait vivante. Ros Lai se sentait vivante. Les Jedi se sentaient vivants. Les clones se sentaient vivants. Osten se sentait vivant. Vivants. Forts. Puissants. Brillants. Ils étaient vivants.






Faire un lien vers cette page :
Sélectionnez l'un des deux codes à votre disposition sur la droite et copiez / collez le tel quel sur votre site ou sur votre forum. Faire un lien depuis un forum :


Faire un lien depuis votre site :



Commentaires des internautes :

Personne n'a encore donné d'avis sur cette nouvelle


Rédigez votre commentaire :
(Si vous avez une question, pensez à venir la poser sur le forum plutôt que sur les commentaires)


Votre avis :



Par sécurité, le html à été désactivé (html, BBcode disable)
L'ajout d'URL a été bloqué


Retour a l'accueil de la section
480 fiches référencées

La moins consultée :
Kee Chan

La plus consultée :
Anakin Skywalker

Les dernières parues :
Irvin Kershner
Ben Burtt
Roger Carel
John Williams
Evelyne Séléna
Rick McCallum
Ralph McQuarrie
Orchestre Symphonique de Londres

Une fiche au hasard :
David Bowers

Date de naissance inconnue. David Bowers commence à tourner pour la télévision, en 1999. On le voit dans des séries Australiennes telles que "Wildside", "Above the Law" ou encore "Grass Roots". En 2002, il joue Mas Amedda dans Star War......

UE

Univers Etendu Star Wars
1122 livres référencés

Livre le mieux noté :
Darth Bane - Dynasty of Evil

Fiche la plus consultée :
Dark Maul : l’ombre du chasseur

Les prochaines parutions :
15/09 : Hero of the Confederacy
15/09 : Dark Empire Trilogy
22/09 : Fidèle à l'Empire
29/09 : Invasion part 9
29/09 : Blood Ties part 2
05/10 : The Force Unleashed II
06/10 : The Force Unleashed Volu...
06/10 : The Old Republic part 4

Un livre au hasard :
La Vengeance de Zorba le Hutt

Yan et Leia ont des projets d'avenir. Mais Trioculus verrait bien la princesse en impératrice du Côté Obscur ! Là-dessus, Zorba le Hutt, revenant sur Tatooine, apprend que c'est Leia qui, de ses blanches mains, a tué son fils Jabba. Le père monstru...

Artwork du mois :
Décembre 2008

Joyeux Noël 2008 !

2993 images
29 galeries
Image au hasard :
Star Wars épisode 4 : Un Nouve...

Coffret DVD de la trilogie ori... :

L'annonce officielle faite en 2004 pour la sortie du coffret DVD de la trilogie originale ainsi que la description du coffret.

Partenaires

Partenaire SWG1
Partenaire SWG1
Partenaire SWG1