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Mon K.O.T.O.R. III: La Triade Jedi Chapitre 2 Destins entremellés

Auteur : Chaad Draconis


A bord de l’Ebon Hawk Revan inspectait une dernière fois T3 et HK47. Ses deux fidèles robots lui avaient été ramenés par Athkyn. Il adorait ces deux unités : l’astromécano était l’entité la plus serviable jamais rencontrée et le droide assassin était particulièrement fidèle et espiègle à la fois.
Athkyn et lui avaient passé beaucoup de temps à les améliorer et les fignoler. Ils avaient d’ailleurs trouvé particulièrement amusant de changer la voix d’HK47 pour lui en donner une féminine et terriblement sexy, à rendre jalouse Bastila lorsqu’il parlait à Revan. Au départ il n’était pas trop fan c’est son ami qui l’avait fait contre son gré mais il avait agréablement été surpris par le résultat. D’autant plus que cela donnait au robot un effet de surprise non négligeable en cas de menace. Les deux machines étaient rutilantes et semblaient presque irréelles tant elles étaient soignées, propres et brillantes.

-[Agacement] Cessez de me frotter ainsi Maître, vous allez finir par écailler ma nouvelle peinture toute neuve !
- Ne t’en fais pas, j’ai terminé. Tu vas pouvoir passer tes systèmes et tes armes en revue toi-même, nous allons bientôt arriver sur Coruscant.
-[Ton rêveur] Autant de sacs à viande sur une seule planète… Je me demande comment mes circuits vont appréhender ceci.
-Contente - toi de m’accompagner et de veiller sur nous deux. T3 restera ici pour garder le vaisseau.
-[Interrogation] Pourquoi est-ce lui qui reste à bord ?
-Parce qu’il en a toujours été ainsi. T3 et l’Ebon Hawk ne font qu’un.
-[Résignation] Bien Maître. Il est clair que je suis plus qualifié que lui pour vous escorter.
T3 émit une suite de bips.
-Nous arrivons à Coruscant ? Bien, pilote nous jusqu’au temple Jedi et occupe toi de préparer la cargaison.

L’Ebon Hawk se glissa majestueusement dans la circulation de la planète mégapole.
Cet appareil en avait vu des vertes et des pas mûres. Lors de sa sortie des ateliers de construction il effectua de nombreuses missions de transport avant d’être perdu au jeu par son équipage. Celui qui le gagna périt peu de temps plus tard lorsque un des seigneurs du crime de Taris – Davik – le fit prendre d’assaut afin de s’emparer de ses marchandises. Des années plus tard c’est Revan qui s’en empara pour fuir la planète bombardée par les Sith de Darth Malak. Il garda le vaisseau et partit avec ensuite dans les régions inconnues. Puis celui-ci réapparu des années plus tard avec Kreia et les droides pour récupérer l’Exilé – Athkyn- qui l’utilisa pendant sa campagne contre Darth Sion et Darth Nihilus. Fortement endommagé lors de son atterrissage sur Malachor V dans des conditions dantesques, le brillant petit appareil put quitter le noyau maudit grâce aux efforts combinés de Bao-Dur et T3. Remis ensuite en état par la République, Athkyn repartit naturellement rejoindre Revan avec cet appareil. Puis la Triade ne s’en servit qu’en partie puisque Revan avait déjà un chasseur, Galaad se faisait construire le Shining Ghost et Athkyn s’était fait offrir par Canderous Ordo en personne, une navette mandalorienne baptisée Le Conquérant.

Le vaisseau se posa sur une piste relativement éloignée des autres qui n’était utilisée que pour les hôtes de marque ou pour les passagers dits sensibles. Revan fut accueilli par Maître Vandar lui-même.

-Bien des années depuis votre dernière visite ici se sont écoulées Revan. Sur votre visage je vois que sombres elles ont été.
-Je suis heureux de vous revoir Maître Vandar. Nous avons beaucoup de choses à nous raconter. Mais avant cela j’ai ramené des présents pour l’Académie de Coruscant.
-Des présents dis-tu ?
-Mon fidèle T3 attend que vous les fassiez quérir. Il y a des pierres pour sabres lasers. Je sais que vous en manquez cruellement. Avec la quantité que je ramène, tous les padawans auront de quoi fabriquer leur outil de prédilection.
Vandar fronça les sourcils.
-Par tes paroles de pénibles nouvelles de conflit à nouveau tu es porteur.
-Je regrette d’être à nouveau porteur de mauvais augure. Mais ainsi sont les choses. Ce n’est pas le messager qui fait la guerre.
-Le mythe d’un guerrier éternel il existe. Peut-être cet homme pour cette vie tu es.
-Je fais ce que je pense être bon pour le bien de tous. Si c’est la guerre, qu’il en soit ainsi. Nous devons réunir le Conseil au plus vite, il nous faut décider de ce que nous allons faire lorsque les Sith vont se montrer.
-Les Sith dis-tu ? Un nouveau conflit tu viens annoncer, c’est donc bien pour ca que des pierres apporté tu as.

-En effet. Je pense que ce n’est pas l’endroit pour parler de ceci. Nous avons besoin d’un endroit plus au calme.
-Bastila tu as prévenue de ton retour ?
-Non, je vais lui faire la surprise.
-Bien. Réunir les membres du Conseil ici présents je vais faire. Après avoir revu Bastila vous nous rejoindrez pour que nous en discutions. Mais elle se doute déjà de ta venue. Aperçu toi et d’autres Jedi disparus il y a quelque temps avez été.
-C’est exact que cela fait quelques semaines que nous sommes dans la galaxie. Mais Maître Vandar, quels membres sont sur Coruscant ?
-Toi, Bastila, Deesdra et moi. Juhani et Quadra d’un jour à l’autre nous attendons.
-Elle a donc réussi.
-De quoi parles-tu Maître Revan ?
-Nous en discuterons au Conseil. Beaucoup de choses sont encore ignorées. Mais je vous demande de bien être sur vos gardes, je crains que nous ne soyons surveillés ici. Et ne faites pas confiance au gouvernement de la République. Aujourd’hui nous devons agir dans l’ombre.
-Je ne sais pas si plus de questions que de réponses tu amènes.
-Questions, réponses, ombre, lumière… Les choses sont plutôt mitigées pour le moment. Mais à l’instant il me tarde de revoir Bastila.
-Le chemin jusqu’à elle tu connais. A cette heure avec les jeunes novices elle se trouve. Ta cargaison en prendre livraison je vais faire en sorte.
Revan posa un genou à terre et serra le petit être tout ému dans ses bras.
-Cela fait vraiment du bien de vous revoir Maître Vandar.
Ce geste alla droit au cœur de Vandar.

Puis il se releva et rejoignit le temple lui-même et se dirigea vers la partie de l’Académie vouée à l’enseignement des plus jeunes. Découverts ça et là dans la galaxie, les élus étaient autrefois trouvés par les Jedi au gré de leurs missions. Mais depuis le dernier conflit, trop peu d’entre eux pouvaient se vouer à cette noble tâche. Et ainsi souvent il s’agissait de parents qui emmenaient leur progéniture à Coruscant afin de savoir s’ils étaient élus ou non. C’est Bastila qui les accueillait et qui devait sonder pour savoir si leur place était à l’Académie. Les plus jeunes constituaient des classes que Bastila avait en charge. A ainsi les observer en groupe, elle pouvait déjà repérer leurs talents et se faire une idée de la voie dans laquelle ils pourraient exceller plus tard : les guerriers, les sentinelles, les consulaires ; ces derniers étant les plus rares. Mais ils étaient soumis à plus qu’un entraînement. C’était un choix de vie, entrer chez les Jedi comme on entre en religion. Ici aucune distinction de race ni de sexe. Chacun est pris avec ses avantages et ses défauts. Les enfants forment des équipes qui restent les mêmes tout au long de leur éducation : c’est leur famille, frères et sœurs.

Et Bastila adorait ses apprentis comme s’ils étaient ses propres enfants. Bastila, devenue une icône dans la galaxie avec son air pourtant si fragile et taciturne. Cet air qui lui allait si bien et qui la rendait encore plus jolie. Cet air qu’elle affichait en ce moment. Cet air qu’elle avait parce qu’elle pensait à la fois à Revan son mari et à Galaad, son amour de jeunesse.

Elle ne pouvait s’en empêcher. Galaad lui revenait si souvent en mémoire : Il lui arrivait même encore de rêver de lui parfois. C’était comme si elle avait l’impression d’avoir loupé quelque chose. Ces doux moments passés ensemble étaient restés ancrés au fond d’elle. Leur escapade sur Tatooine dans les dunes de sable, seuls au milieu de nulle part. Leurs sorties dans Coruscant pour faire la fête, voire même dans une de leurs missions dans les bas-fonds d’une ville dont elle avait même oublié le nom ou au détour d’une rue après un rude combat : il l’avait pressée si fort contre lui en l’embrassant de façon si romantique leurs sabres lasers encore à la main et hors d’haleine. Ces moments complices à l’Académie où elle vibrait de plaisir en le retrouvant le soir se jetant dans ses bras, leurs yeux se plongeant les uns dans les autres; cette mielleuse sensation de tendresse mêlée de rires et de baisers. Ces instants de bonheur subtils dont on ne profite souvent pas assez étant jeunes parce que l’on ne sait pas encore à quel point ils sont éphémères. Ces heures que Galaad savait retranscrire dans ses poèmes.
Elle y pensait avec nostalgie, découvrant un grand vide en elle que personne ne pouvait combler pas même Revan. Un abîme dont il fallait oublier le chemin qu’elle ne saurait retrouver que dans des moments bien particuliers où elle pouvait faire abstraction de tout le reste. Une partie de sa mémoire et de son imagination à laquelle elle n’avait accès qu’occasionnellement, quand elle était seule.

Les larmes coulaient sur ses jolies joues et ses yeux ainsi rougis demeuraient clos. Sa main s’était crispée sur son arme. Elle était comme coupée en deux, partagée entre son amour pour Revan qu’elle avait épousé et Galaad qu’elle avait quitté. Jamais elle ne se serait crue un jour capable d’aimer deux hommes en même temps, elle si fidèle, si généreuse et si dévouée. Pourtant elle ne sentait en elle aucune trahison. La vie réserve parfois des surprises bonnes ou mauvaises. C’est ainsi qu’il fallait prendre les choses et c’est de cette façon qu’elle pouvait se surpasser. Elle sécha ses larmes et calma son regard, fit la paix en elle-même.
Elle se plaisait à penser que peut-être dans une autre vie ils pourraient tous deux avoir leur chance.

Il fallait à présent oublier tout ceci. Tirer momentanément un trait sur cette histoire et se consacrer pleinement à sa tâche. Et remettre son cœur à Revan dont la main douce et puissante venait de se poser sur son épaule…




Le Basilisk venait à peine de se poser sur Agamar que Juhani et Quadra en extrairent le Mandalorien qui avait été blessé et le soignèrent à l’abri d’un énorme arbre tout proche. Pour ce faire il enleva son casque. Il paraissait si jeune !

-Les Mandaloriens recrutent à la sortie des écoles à présent ? demanda Juhani.
-Ne vous méprenez pas Jedi, je fais moins que mon âge et j’ai toujours combattu depuis que je marche.
-Je n’en doute pas à voir le nombre de cicatrices dont vous êtes couvert.
-Il serait bon que l’une d’entre vous aille inspecter les environs. Mon appareil est réglé en mode défense mais sait-on jamais.
-Je m’en occupe, dit Quadra. Je vous laisse entre les mains expertes de Juhani.
-Ainsi vous connaissez l’Exilé ?
-Oui. Je l’ai rencontré jadis sur Dxun. Nous y avons mené des opérations conjointement. Et nous avons combattu ensemble sur le Ravageur. Je faisais partie du commando qui a investi le vaisseau de Darth Nihilus.
-Je suis désolée. Je ne suis pas très au fait de ce qui s’est passé les dernières années.
-Ah, je me ferai un plaisir de vous raconter ça en détails. Un combat mémorable digne des plus glorieuses unités d’élite de la galaxie. Finalement, nous nous sommes retrouvés compagnons d’armes encore quelques fois dans les régions inconnues.

Cette phrase fit bouillir Juhani.
-Est-ce que vous y avez aussi vu Revan ?
-J’y ai vu tant de choses… fit le soldat en riant. Mais je vais laisser le soin à l’Exilé de vous conter cette histoire, je vous en ai déjà trop dit.
-Vous êtes fatigué, reposez-vous donc un peu.
-Je me reposerai quand je serai mort. Agamar est une très belle planète Juhani. Je peux vous appeler ainsi ?
-Oui bien sûr, ne faites pas tant de chichis.
-Bien. Mais nous devons rester sur nos gardes. La rencontre que nous avons faite ne me plait guère ni la facilité avec laquelle nous nous sommes enfuis.
-La facilité ? Vous plaisantez j’espère !
-Non hélas. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on nous a laissés nous échapper mais ce Sith… quelque chose ne colle pas. J’ai entendu à leur sujet qu’ils avaient une sorte de pouvoir équivalent à la persuasion pour nous faire voir ce qu’ils voulaient bien nous faire croire.

Juhani resta perplexe. Ainsi ces Sith auraient des capacités inconnues jusqu’à présent. Et ce combattant avait l’air de savoir tant de choses.
-Qui devons-nous rencontrer ?
-Ne le devinez-vous pas ?
-Je laisse les talents divinatoires aux diseuses de bonne aventure.
-L’Exilé en personne, accompagné de Mandalore. Mais vous connaissez ce dernier.
-Mandalore ?
-Oui héhé. Vous avez combattu avec lui et Revan.
-Canderous ?
-Oui, il est notre nouveau Mandalore depuis des années à présent et ce grâce à Revan. Nous nous sommes réorganisés, avons grandit et prospéré. Grâce à Revan et ses amis les Mandaloriens sont à nouveau un peuple à part entière et réuni. Nous sommes établis sur Dxun avec des bases, des villes, des familles. Mais par souci de discrétion notre armée est restée cachée. Tout le monde a cru que le reste de flotte mandalorienne qui avait été initialement défaite à Malachor V n’était qu’un prétexte à Revan pour poursuivre le conflit. Eh bien redescendez de votre nuage. Elle existe bien et n’a jamais été aussi puissante…

La nuit tomba rapidement. Quadra avait disposé quelques mines anti personnelles aux alentours sur l’insistance du Mandalorien. Lui-même s’était rappelé qu’il avait un droide de surveillance dans sa soute et le fit se déployer sur une zone de quatre kilomètres carrés. Il avait préparé un feu autour duquel les trois compagnons s’étaient rassemblés pour s’endormir après s’être partagé des rations de survie.
-Je suis un couche tard, je prendrai donc le premier tour de garde. Qui prend le suivant ?
-Je m’en chargerai fit Quadra. Je ne serai pas surprise que nous ayons des ennuis.
-Quelque chose que vous ne nous ayez pas dit, Maître ?
-Non Juhani. Au fait jeune Mandalorien, qu’en est-il de votre mouchard ?
-Je dois le brancher sur une console spéciale que je n’ai pas ici mais rassurez-vous votre colis n’est pas perdu.
Juhani s’étendit à côté de lui, plaçant un curieux coussin sous sa nuque.
-J’ai pu quand même prendre un peu de marchandise avant de quitter le transporteur.
-Mais qu’est-ce donc ?
-Des pierres de sabres lasers. Nous en avons besoin pour nos armes Jedi.

Elles sont rares et celle-ci sont particulièrement puissantes.
La Cathare expliqua la mission que Revan lui avait confiée et comment elle avait retrouvé Quadra. Puis le flot de ses paroles ralentit et une fois endormie, le Mandalorien qui ne voulait divulguer son nom prit ses armes et s’enfonça sans bruit dans l’épaisse végétation avoisinante.

La nuit, quoique claire, donnait une étrange sensation d’enveloppement. Il frissonna dans son armure et poussa un long soupir de lassitude. Sa blessure le faisait encore souffrir et il serrait de temps en temps les dents. Il ne pouvait pas trop s’éloigner du bivouac tant il y avait de plantes entravant sa marche. Cela lui rappelait le temps ou il chassait sur Kashyyyk avec le bruit des bêtes avoisinantes. Il sentait l’humidité sur poser sur le sol et les plantes, et entendait de plus en plus de petits animaux qui sortaient de leurs cachettes pour se mettre en quête d’une quelconque nourriture. Mais les bêtes ne le préoccupaient pas trop puisqu’il savait qu’il n’y avait pas grand danger sur Agamar. Il craignait plus une attaque surprise venue du ciel. Il jeta un œil sur son moniteur qui était relié à son Basilisk évitant ainsi d’y retourner. Le radar demeurait muet. Il se félicita de du calme qui régnait ici sans pour autant que ce soit le silence. Car ce dernier, s’il était soudain, pouvait être annonciateur d’ennuis.

Son quart se déroula sans soucis. Il retourna silencieusement près du feu dans lequel il ajouta une grosse branche et le raviva quelque peu. Il considéra les deux Jedi qui dormaient assises contre des arbres. C’était la première fois qu’il faisait équipe avec des femmes mais il ne faisait aucune différence. Pour lui un Jedi était un Jedi, comme un être asexué dont la race importait peu. Il était néanmoins impressionné par les capacités de Juhani et la maîtrise de l’assaut dont elle avait fait preuve face au Sith. Il savait combien ceux-ci étaient puissants car il avait eu l’occasion de voir un combat entre plusieurs d’entre eux et la Triade réunie. Cette dernière possédait parfaitement la maîtrise de l’escrime et il le savait. Juhani en était encore loin, mais l’idée était là. Et il appréciait l’ambiance de franche camaraderie entre lui et ces deux Jedi, tous trois presque perdus sur cette planète. Qu’adviendrait-il s’ils n’étaient plus que seuls au monde ? Mais il abandonna son imagination et réveilla Quadra qui prit son quart après qu’il lui ait expliqué comment fonctionnait son interface avec le Basilisk.


Céréenne, Quadra aimait les forêts qui lui rappelaient sa planète qu’elle avait quittée il y a si longtemps. Repérée très jeune elle aussi, elle avait suivi la voie classique d’éducation. Elle était l’archétype même du Jedi Consulaire et était intervenue comme ambassadrice durant des années dans toute la galaxie pour des représentations et de la gestion de conflits. Particulièrement douée en négociation, elle représentait souvent le dernier recours avant qu’une situation explosive ne dérape.
Elle aurait pu y faire une grande carrière et entrer au Conseil mais elle voulu changer de direction et devint Maître instructeur pendant plusieurs années dans différentes académies avant de rejoindre celle de Dantooine où Juhani devint sa dernière élève. Il est de notoriété publique que sans l’intervention de Revan cette formation aurait sans doute tourné au désastre. Grièvement blessée elle dû ainsi rejoindre Arkania pour y séjourner et finir sa cure. Mais plus qu’atteinte dans ses chairs, Quadra avait été moralement meurtrie par ce qui pour elle demeurait un échec. Elle était donc demeurée plus que de raison sur cette planète jusqu’à décider de quitter – au moins momentanément- l’Ordre. Après plusieurs voyages et la destruction de Kataar, la Force la conduisit donc sur Illum.

Elle restait très attachée à Juhani mais elle sentait au fond d’elle qu’elle était sur le déclin. Cette sensation avait pris de l’ampleur depuis l’attaque du transporteur. Et cette nuit elle se sentait particulièrement dépitée, comme profondément inutile. Ces dernières années avaient compté comme doubles. Quitter l’Ordre en son temps n’était finalement pas une si mauvaise idée pensait-elle. Alors ne serait-ce pas l’occasion justement ce soir ? Car finalement après cette nuit ceci ne se produirait peut-être plus. Son élève et le Mandalorien étaient capables de se débrouiller sans elle. Juhani était à présent suffisamment mature pour comprendre sa fuite et le Conseil se rendrait à l’évidence compte des raisons de son choix. Bien sûr cette nouvelle guerre des Sith qui se profilait nécessiterait sa présence au sommet de la hiérarchie. Mais elle était lasse et ceci risquait de rendre l’avenir bien trop périlleux pour tous si elle s’y accrochait. Elle avait besoin de prendre une retraite bien méritée.

Quadra jeta un dernier œil en arrière et … bondit tout à coup dans les taillis, sauta d’arbre en arbre tel un polatouche géant et atteignit une immense clairière vallonnée au bout d’une heure.
Elle fit le vide en elle afin qu’on ne la retrouve pas et pensa trouver un quelconque endroit moins exposé à la Force sur cette planète afin d’y finir ses jours en paix. Cette paix qu’elle enviait à Juhani parce que la sienne l’avait quittée et que finalement il était évident que la peur s’était emparée d’elle.
Cette clairière était jolie et lui rappelait les nuits blanches de sa jeunesse avec ses camarades padawans lorsqu’ils venaient se détendre dans de tels lieux. Si jolie, si paisible, si calme, si silencieuse. Si silencieuse…
Elle n’eut que le temps d’entendre le son bref du sabre laser derrière elle qui lui coupa les jambes au niveau des genoux. Elle tomba sur les moignons, les bras en avant. Elle souri une dernière fois en contemplant cette si belle clairière. C’était en fait l’endroit idéal pour reposer en paix. Ici demeurera bientôt sa tombe. Elle brisa le vide en elle, puis la lame la pénétra verticalement depuis la nuque et la vit s’échappa de son corps lorsque ses yeux s’exorbitèrent subitement.
Ainsi périt Quadra, Maître Jedi Consulaire originaire de Céréa.

Juhani se réveilla en sursaut et en criant. Dans la même fraction de seconde le Mandalorien bondit sur ses jambes son fusil désintégrateur à la main
-Que se passe-t-il?
-Mon Maître, mon Maître!!! fit la Jedi en se tenant la tête comme si une soudaine atroce migraine s'était emparée d'elle.
-Mais qu'y a-t-il bon sang de dragon Krayt???
- Quadra, Quadra est morte. Ohhh quelle horreur... Cette douleur dans ma tête...
-Hein? Mais allez-vous me dire enfin ce qu'il se passe?
-Ohhhh elle est morte... morte, elle vient de se faire tuer par... par... ohhh je n'arrive pas à voir. Vite il nous faut fuir cet endroit, ils seront bientôt là.

Le Mandalorien considéra Juhani d'étrange manière. Comment pouvait-elle savoir cela? Comment pouvait-elle le sentir ainsi en elle? Qu'est-ce qui avait tant effrayé cette redoutable guerrière. Jamais il n'avait eu peur de sa vie, mais l'appréhension commença à s'emparer de lui.
-Que devons-nous faire?
- Fuir!!!! Fuir!!!! fit Juhani hystérique.

Le Mandalorien se dit que la raison avait quitté Juhani et qu’il fallait y remédier sur le champ. Il se tourna vers son équipière et lui décrocha une claque magistrale plus vite que l'éclair. Elle reçu le coup en plein visage et tomba à la renverse tandis qu'ayant mis son arme en bandoulière, il se jeta sur elle, la prit dans ses bras encore chancelante et couru vers le Basilisk. Mais il était déjà trop tard et plusieurs coups de blasters se mirent à pleuvoir autour d'eux alors qu'au même moment les dispositifs de défense du Basilisk répondaient faisant mouche à chaque fois. Mais les assaillants étaient si nombreux que les deux héros ne pouvaient se rapprocher de leur appareil. Des mines sautèrent : c'était un feu d'artifice comme on en avait rarement vu dans une embuscade. Il y avait tant de lumière que l'on y voyait comme en plein jour et que cela réduisait encore les chances de fuir. Cela dura plus d'une minute puis une torpille à proton frappa le robot de plein fouet l'endommageant gravement. Juhani qui avait retrouvé ses esprits et le Mandalorien s'échangèrent un clin d'œil et battirent en retraite dans l'épaisse forêt en faisant un trou dans le dispositif ennemi.
-Nous n'irons pas bien loin, ils doivent nous attendre, dit le féroce guerrier.
-Nous verrons bien. Il ne faut pas rester là.

Plusieurs minutes se passèrent, et le bruit des poursuivants s'entendait au loin, s'approchant inexorablement malgré les pièges que la Mandalorien plaçait derrière lui et qu'il entendait fonctionner de ci, de là, une fois une explosion, une fois un cri immense qui déchirait la nuit. Bien que blessés, ils continuaient d'avancer devant par moment utiliser leurs ceintures de camouflage pour passer entre des groupes de rabatteurs.
Ils devaient être des dizaines. Soudain il dit:
-Votre sac? L'avez-vous pris? Tout en constatant que la question était inutile voyant le précieux bagage sur l'épaule de la Jedi.

Juhani ne vit pas le grand sourire de satisfaction caché par le casque de son acolyte mais elle fit de même.
- Soyons pragmatiques. Nous ne nous en sortirons pas tous les deux. Je vais les attirer dans un piège et pendant ce temps vous partirez loin d'ici. Je sais que vous saurez rester cachée suffisamment de temps.
-Il n'en est même pas question!
-C'est ça, criez plus fort pour qu'on nous retrouve tout de suite si le cœur vous en dit. Et puis qu'ils nous prennent vivant tant qu'on y est comme ça...

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase que trois chevaliers Sith leur tombèrent littéralement dessus.
Juhani en occupa deux avec ses sabres lasers et se surprit à les contenir si efficacement. Ils n'étaient pas à la hauteur de celui qu'elle avait affronté sur le transporteur et ils ne pourraient résister longtemps à ses pouvoirs. Quant au Mandalorien la tâche était plus ardue malgré sa force et sa hache...

Celle-ci virevoltait au-dessus de sa tête allant tantôt couper un membre, tantôt défoncer un crâne ou une cage thoracique lorsqu'un autre sbire s'approchait. Malgré sa rapidité, il finit par lâcher prise et alors que Juhani s'apprêtait à empaler le dernier de ses adversaires, il tomba en arrière projeté par un coup à la tête qui brisa son casque et l'envoya dans un buisson.
Le visage du Mandalorien laissa échapper une grimace haineuse à l'attention de son adversaire avant que celui-ci ne plonge son sabre laser dans son cœur. D'un mouvement désespéré, il réussit à éviter le coup fatal en voulant écarter la lame de son bras et roulant sur le côté. Le membre fut tranché net tandis qu'il hurla de douleur. Le Sith surpris tarda à réagir regardant Juhani s'élancer vers lui. Mais il était trop tard et il frappa à nouveau pour mettre les trippes du guerrier à l'air.
-Davrel te retrouvera en enfer maudit Sith!!! Eut encore le temps de dire le jeune soldat.

Mais à sa plus grande stupéfaction la lame n'atteignit pas sa cible et le Sith s'effondra doucement en maugréant des mots incompréhensibles que sa bouche baignée du sang remonté de ses poumons perforés par un faisceau argenté tentait de laisser échapper. Ce fut la dernière vision qu'eut le Mandalorien avant que le néant l'envahisse...
Au-dessus de lui se tenait à présent Atkyn Lenox retirant du corps de l'adepte du Côté Obscur, son sabre laser légendaire qu'il avait lancé dans une ultime tentative pour sauver le Mandalorien.

-Vite Juhani, il faut l'évacuer d'urgence.
-Athkyn, vous venez de nous sauver d'une mort certaine!
-Allons, reprenez-vous nous ne sommes pas encore tout à fait tirés d'affaire. Regardez Canderous arrive avec une escouade, rejoignez-les. Ils vont vous emmener à notre vaisseau. Moi je vais retenir celui qui approche à présent.

Et alors que le pauvre Davrel était hissé sur l'un des Landspeeder qui venait d'arriver, Juhani jeta un dernier coup d'œil par-dessus son épaule pour apercevoir celui qu'elle avait combattu dans le transporteur.
-Lui! Il est en vie!
-Vous le connaissez?
-Oui il a arraisonné le vaisseau sur lequel nous voyagions Quadra et moi.
-Où est votre Maître?
-Morte. Mais nous croyions l'avoir tué ce salopard! Le Mandalorien avait donc raison. Il nous a dupés.
-Vous pouvez remercier la Providence d'être encore de ce monde Juhani. C'est un maître Sith des plus puissants. Allez-vous en je vous raconterai plus tard.
La Jedi s'exécuta. Canderous s'approcha lentement d'Athkyn, son fusil blaster lourd en mains.
-Tu as besoin d'aide sur ce coup là?
-Non Canderous, couvre la retraite. Tu n'es pas de taille dans cet affrontement.
-Bien. Faisons comme d'habitude. Tu sais où nous retrouver. Prends ton temps, mais pas trop quand même.

Le Sith était présent seul avec le Jedi. Ils se tenaient à une dizaine de mètres l'un de l'autre, immobiles alors que le jour venait de poindre et qu'un rayon de soleil rouge éclairait la scène par le côté.

-Nous nous retrouvons une fois de plus Athkyn Lenox. Ou devrais-je dire l'Exilé?
-Ta voix a changé. Elle est devenue plus grave, plus profonde. On croirait un homme vieillissant.
-Il est temps de payer pour tes trahisons.
-Pour les tiennes également. Cela faisait longtemps Atris.
-Oui... Longtemps ou pas peu importe.
-Depuis notre dernière rencontre sur Telos je me suis demandé si tu t'étais simplement exilée ou si tu t'étais donnée la mort. Je pensais que tu avais su tirer une leçon de tes échecs.
-Mes échecs? fit-elle en riant. Mais mon pauvre Athkyn, c'est ce qui m'a poussé à rejoindre les Sith. C'est grâce à toi et à tes préceptes de bon samaritain que je suis celle que je suis à présent, Darth Etharn, seigneur noir des Sith. Le fait de m'avoir épargnée a engendré la mort de tant de tes "protégés" dans cette galaxie et ailleurs. Bien! Tu doutes à présent n'est-ce-pas? La soif de vengeance commence à courir en toi. Tu m'as aimée autrefois et tu me hais à présent. Avec d'autant plus de puissance que je t'ai aimé moi aussi.
-Tu te trompes durement. Je t'ai aimée oui jadis comme une sœur d'armes mais non comme une maitresse. Et tu n'as jamais supporté que je ne m'abandonne à toi. Cela a porté un tel coup à ton ego que le Côté Obscur s'est immiscé en toi subrepticement. Aveuglée par ta vantardise et ta jalousie tu as commencé à tomber lentement. Pour bientôt tomber dans l'oubli de ta personne et de ton joli minois.
-Assez!!! cria-t-elle faisant gronder la colère autour d'elle. Je ne te laisserai pas ainsi parler de moi de la sorte et sur ce ton.
-Et que vas-tu faire? Me tuer? Même si c'est le cas cela ne changera rien et tu te rongeras de l'intérieur jusqu'à te dévorer toi-même dans les flammes de l'enfer.
-Quel beau parleur tu fais là. On voit bien l'influence qu'a eu le Jedi Poète sur toi. Tu transpires son enseignement à plein nez, quelle puanteur! Mais vous vous bercez d'illusions tous deux. Il est déjà trop tard pour la République qui va sombrer dans le chaos. Crois-tu que tes petites manigances nous ont échappées? Je suis avec les Anciens Sith et nous allons tous vous balayer de la galaxie comme on éradique un virus.
-Tu te perds en conjectures Atris. Ni toi ni moi ne connaissons l'avenir. Mais ce que je sais c'est que tu n'en feras partie bien longtemps.
-Comme tu deviens présomptueux, toi qui es sensé faire preuve de retenue. Tu ne sais pas à quel point le Côté Obscur m'a...
- Oui oui merci je connais la chanson, on ne va pas me la servir à chaque fois. interrompit le Jedi. Il t'a rendue plus forte, plus puissante, plus laide etc... Je connais.
-Ne m'interrompt pas!!!! Cria Atris en jetant une nuée de foudres sur Athkyn qui les bloqua d'un froncement de sourcils.
-Tiens voilà que tu veux continuer à discuter? A ton aise. Pourquoi ne pas prendre un jus de juma ensemble dans une cantina pour fêter la réussite de tes examens Sith? Après tu pourras toujours tenter de me violer.
- Ta bêtise et ton ignorance m'étonnent autant qu'autrefois, peut-être plus même.
-Allons, chatte échaudée craint l'eau froide, non? Tu sais bien que je n'ai toujours été qu'un gamin vivant non pas dans, mais avec ses rêves. Un petit turbulent introverti et effronté. Et c'est pour cela que je t'ai plu. Alors ne viens pas aujourd'hui faire une once de remontrance sur mon comportement vis-à-vis de toi. J'ai toujours été honnête avec toi et je ne t'ai jamais laissé croire que tu arriverais à tes fins avec moi. Tu aurais sans doute préféré que je fasse semblant et que tu ne sois pour moi qu'une... paire de fesses?

Le silence s'installa quelques secondes et la Sith reprit la parole.
-Tu ne me déstabiliseras pas ainsi. Tu ne fais qu'allonger la liste des supplices que je te ferai subir à toi et à tes amis.
-Le fait que tu évoques une déstabilisation est bien la preuve que tu en subis une en ce moment même. Je ne crois pas qu'aujourd'hui je te ferai revenir à la raison mais...
-Mais QUI es-tu bon sang de Chyrrack pour croire détenir la Raison ou la Vérité? Coupa-t-elle en hurlant plus fort qu'avant.
-Tu ne comprendras manifestement jamais rien. Il était une fois un maître Jedi qui devint Darth Traya te rappelles-tu? Elle au moins avait de l'esprit et n'était pas aussi obtuse que toi. Tu ferais bien de t'en souvenir, c’est la seule voie qui te reste encore pour t'en tirer avec le moindre mal. Mais n'est-ce-pas déjà trop tard?

Au fur et à mesure de la conversation les deux protagonistes s'étaient rapprochés l'un de l'autre jusqu'à environ trois mètres.
-Trop tard pour qui? Trop tard pour quoi? Ne te projettes-tu pas un peu trop en moi?
-Tu as bonne mine toi toujours prête à donner des leçons aux autres de faire ce genre de remarque.
-Ah oui? Parce que Darth Traya non?
-Hum.
-Elle qui fut Jedi, puis Sith puis finalement indépendante. Elle fut ton maître non?
-Oui elle. Mais pas toi!
-Par moments je me demande si ce n'est pas cette troisième voie qu'il nous faudrait suivre.
-Que veux-tu dire?
-Entre Ombre et Lumière mais sans renier la Force.
-Je crois que ce chemin dont tu parles est celui que suivent les Jedi à présent. Il y a finalement plusieurs repentis du Côté Obscur qui sont venus grossir nos rangs. Les préceptes du Conseil ne sont plus suivis comme une religion mais laissent libre cours au pragmatisme. C'est le Nouveau Conseil. Tout cela n'est pas que politique, ce 'est pas la République. Je me plais parfois à penser que l'Empire Sith et la République pourraient vivre sans s'affronter, quitte à vivre séparément.
-Tu te berces d'illusions.
-Qui sait? Ajunta Pall vécu Jedi, puis Sith et se repentit après sa mort grâce à Revan.
-Alors cela signifie qu'il y a peu d'importance à être Jedi ou Sith, à faire le bien ou le mal si même après la mort on peut se racheter de ses torts.
- Mais la souffrance que l'on peut causer mérite d'être évitée et la Vie ici, aujourd'hui doit être vécue par ceux qui le veulent. Malheureusement avec toi et tes acolytes, c'est loin d'être le cas.

Le laser pourpre à double lame jaillit de part et d'autre dans la main d'Atris.
- Tu ne seras pas là pour le voir!!!! cria Atris en portant un coup au visage de son adversaire.

Athkyn plia en arrière laissant passer le laser par-dessus son visage puis dégaina en enchaînant une série de roues. Il n'avait pas la souplesse ni le talent de Brianna pour ce genre de choses mais s'en servait déjà admirablement bien. Il menait un combat de défense faisant croire à Brianna que ses feintes fonctionnaient, il bloquait ses attaques de Force, mais n'en relançait point. Et plus l'assaut se prolongeait, plus Atris suait, se fatiguait et perdait du terrain alors que le Jedi économisait son énergie. Alors elle changea de tactique pour retrouver son calme, devint plus sournoise et plus fine emmenant son adversaire à se dépenser sans compter. Mais l'avance qu'il avait prise sur elle était non seulement indéniable mais presque irrattrapable malgré tous ses efforts. Pourtant tous deux finirent par ne lutter que d'un rythme lent et saccadé et les deux protagonistes finirent par tomber à terre, épuisés, l'un contre l'autre, dos à dos, haletants et vidés.
-Tu as fait des progrès Athkyn depuis Telos.
-Tu ne te défends pas mal non plus j'avoue.
-Et maintenant que fait-on?
-Je ne peux pas te laisser gagner.
-Moi non plus.

Des soldats Sith s'étaient à présent attroupés autour d'eux, prêts à achever leur proie mais les Mandaloriens embusqués plus largement n'attendaient que le moindre geste offensif de leur part pour les annihiler.
Et ce qui devait arriver arriva. Un maraudeur Sith inspira plus fort que nécessaire pour lever son sabre et la mort faucha avec fureur les adeptes du Côté Obscur qui n'entrainèrent finalement que peu d'adversaires dans leur descente aux enfers. Puis Athkyn et Atris se relevèrent.

-Ne crois pas que tu vas t'en tirer comme ça.
-Nous nous retrouverons Jedi.
Et Atris disparu dans un éclat de lumière.

-Ah ces maudits Sith ont donc découvert les sauts dimensionnels...
-Bien maintenant je pense que nous pouvons y aller, fit Canderous d'un air ravi. Ca a été une belle bagarre, on leur a flanqué une belle raclée à ces pourritures!
-Moui, j'aurais aimé en dire autant de moi.
-Pourquoi tu t'es retenu?
-Je ne sais pas. Quelque chose m'en a empêché. Peut-être parce qu'il y a encore quelque chose en elle à sauver. Ou bien a-t-elle encore un rôle à jouer.
-Allez viens, le temps presse.
-Oui filons d'ici, il joue contre nous. Je parie que l'on nous attend partout.
-Pour le moment allons mettre la main sur la cargaison de Juhani.
-Non c'est trop juste. On fera ça en deux temps. Occupe-toi déjà de la faire suivre et on agira plus tard.






En descendant de la navette qui le ramenait de son inspection sur Telos, Galaad tenta de faire profil bas et de retourner discrètement à sa chambre.
Mais sans compter sur la détermination de Brianna qui l'attendait dans le sas d'attente de la piste d'atterrissage.
-Alors? Comment avez-vous trouvé?
-C'est tout simplement fabuleux. Ces Ithoriens méritent la reconnaissance galactique pour leur travail. Ils ont vraiment fait du bon boulot. Je suis abasourdi.
-Oui les résultats sont plus qu'encourageants. Ils vont commencer sur Taris tout prochainement. Vous l'ont-ils dit?
-Oui Chodo Habat m'en a amplement parlé. Il a rencontré des anciens Bannis qui ont seuls survécu à l'holocauste Sith. Enfin nous parlerons de tout cela demain, je vais me reposer à présent.
-Ah je pensais que...
- Non non une autre fois peut-être, quand vous aurez retrouvé Athkyn ce sera bien.

Brianna en resta bouche bée et regarda le Jedi s'éloigner.
-C'est certainement mieux ainsi, pensa-t-elle.

Demain il y aurait ainsi tant à faire s'il lui fallait quitter l'Académie avec Galaad. Qui allait-elle laisser prendre sa place? Enfin plutôt à qui allait-elle confier l'Académie? A Yuthura? Ou faudrait-il qu'elle l'accompagne aussi? Le Jedi Poète déciderait sûrement. D'ailleurs ce surnom lui fit penser qu'elle avait un jour trouvé un holodisque dans les affaires d'Athkyn qui était un de ses poèmes. Troublée et intriguée, elle pressa le pas pour remettre la main sur ce poème qu'elle sortit d'une cantine.



Bastila

De ce que les pierres
Ont tissé comme nerfs
En assemblant des tours
Qui surplombent l'Amour
Des guerriers attendent
Des temps bien plus tendres
Pour l'instant ils prient
Et après ils plient
Peut-être que demain
Ils n'seront plus rien
Mais aux sommets des lances
Qu'ils enfoncent dans des panses
Il y a cette haine
Qui coule dans nos veines
Ö Bastila!
Oh Bastila!
Le jour viendra
Où l'on s'suicid'ra
Le sang de la haine
Ne donn'ra plus d'peine
Et il coulera
Dans un fleuve né pour ça.
Menant cette armée
Pour laquelle je suis né
J'abattrai tous ceux
Qui veulent me voir vieux
Et je n'serai heureux
Que quand je s'rai deux
Et à cette fille blonde
A qui j'ai donné le Monde
Je voudrais chanter
Combien j'suis blessé
Et combien j'ai envie
De l'allonger dans mon lit
O Bastila!
Oh Bastila!
Ainsi mes larmes creusent
Une tombe chaleureuse
Pourtant je ne veux pas
M'y étendre déjà.
Sur mon cheval
Je descends le Val
Triste, morne et blême
Je pourfends mes problèmes
Oh oui j'aime cette fille
Qui m'est tout c'qui brille.
Elle est le soleil
Qui chauffe mon sommeil
Elle est la chaleur
Qui hante mon cœur
O Bastila!
Oh Bastila!
Mais voici l'ennemi!
En avant mes amis!
Placez les archers!
Prêts, les cavaliers!
Tous les fantassins
Regardent ma main.
D'un geste lourd je les lance
Ils entrent dans la danse.
Chargeant avec Chevaliers,
J'achève de gagner
Encore ce soir
Une autre victoire.
Si mes pensées vont à la Reine
Elle ne sait pas quelle est ma peine
De ne pouvoir serrer dans mes bras
La divine Bastila.
O Bastila!
Oh Bastila!
Peut-être que demain
Je baiserai la main
De ma dulcinée
Qui m'a tant manqué
Qui me manque tant
Qui boit tout mon sang
Encore et encore
Je l'aime à la mort.
Après des journées
De marches forcées
Je rentre à la fort'resse
Sombrer dans l'ivresse
O Bastila!
Oh Bastila!
A peine récompensé
Je remets la main à l'épée
Cette fois bien seul
Le heaume planté sur la gueule.

Bastila aurait donc été blonde à une époque ? Ou n’était-ce que pour donner la rime ?

Le lendemain matin Brianna trouva Galaad au hangar en train de s'affairer autour de son vaisseau, vérifiant chaque cantine qui était emmenée à bord avec les fameux holocrons. Celles-ci étaient empilées par couches et le Jedi versait une sorte de polystyrène expansé en lambeaux pour les recouvrir.
-Bonjour! Que faites vous donc là?
-Bonjour Brianna. C'est une matière qui permet de cacher en quelque sorte ces artefacts aux yeux des Sith pour peu qu'ils ne soient pas trop près. On la trouve dans les Régions Inconnues uniquement, sur une petite lune perdue. C'est un excellent camouflage. Je m'en sers aussi pour les armures et les bures. Le résultat est ... hum disons ... saisissant.
-Je n'aurais jamais eu l'idée que cela pouvait exister.
-Moi non plus. C'est Revan qui l'a trouvée. Malheureusement les Sith la connaissent et s'en sont servis jadis. C'est pour ça qu'ils réussissent à demeurer discrets sur leur identité. Je crois hélas que nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec ça. Vous êtes prête pour le départ?
-Oui, enfin non pas tout à fait. Je ne sais pas encore à qui je vais confier l'Académie durant mon absence.
-Laissez donc Yuthura s'en charger. Elle connait la musique. Nous aurons besoin d'elle plus tard mais nous devons d'abord réunir le Conseil pour coordonner nos efforts et décider de ce que nous allons faire.
-La Triade ne l'a pas déjà fait?
-Nous avons notre idée mais le choix ne nous appartient pas à nous seuls. Ce qui est sûr c'est que le combat se déroulera à nouveau dans notre galaxie. Nous ne sommes pas en mesure de les contenir sur la Bordure et cela me peine énormément.
-On pourrait porter la guerre chez eux, non?
-Oui. Le Conseil décidera. Je ne veux plus en parler. Ce n'est pas le moment. Allez prévenir Yuthura et saluez la pour moi je vous prie.
-Bien.
-Brianna?
-Oui?
-J'ai foi en vous. Je suis prêt à mettre ma vie entre vos mains s'il le faut.
La jeune femme sourit en rougissant.
-Je... je ne sais pas ...
-Vous n'avez pas besoin de savoir. Allez.
Une heure plus tard le superbe appareil de Galaad prit son envol sous les yeux de Yuthura et quelques padawans présents.
-Bon vent. murmura-t-elle en se rappelant sa propre histoire.

Galaad avait les commandes du vaisseau et Brianna à ses côtés.
-Vous semblez songeuse.
-Oui. Ca me rappelle quand j'ai suivi Athkyn. Jamais je n'aurais songé qu'il me formerait à être un Jedi.
- Et pourtant... Grande était déjà la Force en vous. C'est de votre famille.
Vos parents étaient admirables. Des gens vraiment bien.
-Vous les avez connus?
-Oui j'ai combattu avec eux. J'étais là lorsque votre mère est morte. Un jour je vous emmènerai sur sa tombe. D'ailleurs elle ma donné ceci pour vous.
Galaad enleva de son cou un bijou, une chainette argentée avec au bout un glaive bleuté.
-Le Sceau! Vous avez gardé le Sceau de notre famille tout ce temps! Je ne sais comment vous remercier!!!
-Ne me remerciez pas, vous m'offenseriez. Cela vous revenait de droit. Mais je n'ai pas celui de votre père hélas. Personne ne l'a retrouvé à ce jour.
-Comment ma mère est-elle morte?
-Vous n'êtes pas en mesure encore d'entendre ce récit. Un jour je vous raconterai, n'ayez crainte, vous saurez.
-Mais pourquoi pas maintenant?
-Trop de choses en jeu. Vous devez rester concentrée sur l'instant présent. J'ai peur que cela fasse surgir des sentiments néfastes.
-Si vous le dites.
-Nous allons passer en hyperespace. Destination Tatooine pour y planquer les holocrons.
-Nous 'allons pas à Coruscant ni à Dantooine?
-Non pas tout de suite, la cargaison est trop précieuse. Mais sur Tatooine j'ai quelques contacts qui me doivent des ptits services.
-Je connais?
-Oui bien sûr! Les Hommes des Sables!





Yuthura ne put s’empêcher de regarder le vaisseau du Jedi Poète s’éloigner et disparaître subitement. La responsabilité que lui avait confiée Brianna était immense. Elle n’en revenait pas. Elle, qui avait occupé si longtemps ce poste à l’académie Sith de Korriban, avait été choisie sans sourciller. Quelque part c’était dans l’ordre des choses, mais elle avait du mal à s’y faire. Ce pouvoir de pardon, de repentance et de confiance était si beau, si exceptionnel finalement dans ces âges sombres.
Elle retourna donc à ses occupations habituelles mais profita de la situation pour utiliser la salle de méditation de Brianna. Elle s’y installa au centre, se concentra rapidement, entra en lévitation et les leds autour d’elle commencèrent à s’agiter gentiment alors qu’elle s’ouvrait au monde. Elle vit d’abord Telos, sentit son cœur qui renaissait, comme l’avait autrefois senti Juhani sur Dantooine. Les êtres vivants, les objets, les matières ; cela formait un tout qui allait s’homogénéisant avec le temps. Elle perçut Galaad et Brianna. Elle palpa les teslas qui s’exerçaient entre eux. Il lui fallait se maîtriser totalement pour ne pas éveiller de soupçons de la part de ceux qu’elle épiait – oui, épier était le mot – depuis cette chambre capitonnée. La curiosité la poussait à vouloir en savoir plus. Elle ne pouvait cerner Galaad, une sorte de brouillard dans ses visions l’en empêchait. Mais elle cernait mieux sa maîtresse. Elle y vit clairement l’attirance qu’elle avait pour le Jedi. Elle la vit se rapprocher de lui, poser délicatement sa main sur la sienne et l’attirer à elle pour l’embrasser avec fougue et délice, cachant un indescriptible sourire de jubilation et de victoire.
Yuthura entrevit leur amour naissant, la tromperie s’installer, l’adultère être révéler, le duel opposant Galaad à Athkyn, une guerre interne naissant au sein de l’Ordre, la mort, la douleur, la misère, la fin de l’Ordre et au loin une présence. Quelque chose que jamais elle n’avait vu jusqu’alors : le rire de Marka Ragnos. Un rire qui transperçait les galaxies et qui amenait son lot d’horreurs dans lequel l’enfer se déchaînait. Et ces yeux qui se tournaient vers elle ; ce regard insoutenable de l’ancien Seigneur Noir des Sith.
Elle cria. Un cri si strident et profond qu’il trouva un écho dans la Force.
Yuthura revint à elle. Elle était transie de froid, en sueur, couchée au centre de la pièce. Elle se mit à parler toute seule.

-Cela ne se peut. C’est l’avenir que j’ai vu. L’avenir ou un avenir ? La venue du Jedi Poète serait-elle annonciatrice de catastrophe ? Serait-ce lui finalement la nouvelle menace cachée ? Le sauveur serait-il l’exécuteur malgré lui ? Aurait-il ramené des mondes inconnus la discorde qui affaiblit l’Empire Sith en son temps ? Qu’ai-je fait là ? Ohhhh je n’aurai jamais voulu voir ce que j’ai vu là. Jamais, oh non jamais je n’aurais dû entrer seule en méditation ici. Que ne donnerais-je pas pour oublier tout ceci ?

Elle était choquée. Rongée par le doute et la crainte. Sa maitresse, pour laquelle elle vouait une affection et une admiration sans bornes, devenir l’esclave de telles pulsions. Ce n’était pas imaginable. Encore moins envisageable. Alors qu’elle était tant éprise de l’Exilé. D’où pouvait venir cette attirance ? A propos d’attirance, celle-ci semblait n’aller que dans un seul sens. Cela la rassura un peu. D’autant plus qu’elle n’arrivait pas à appréhender le personnage de Galaad. Dans ce cas n’avait-elle pas été dupée uniquement par les envies de Brianna ? Mais d’où provenait alors cette vision de chaos et pire celle du grand Seigneur Noir des Sith. Le passé de cette salle n’avait-il pas encore un effet néfaste sur sa méditation ?

-Ohhhh trop de questions. Je dois tirer un trait dessus, il me faut oublier momentanément cela.
Elle ferma les yeux, refit le vide en elle et parvint ainsi à se calmer.
Lorsqu’elle sortit, il faisait nuit. Elle avait donc passé la journée à méditer. Incroyable ! Comment était-ce possible ? Il lui avait pourtant semblé qu’elle n’avait passé que quelques minutes dans cette chambre.

Yuthura regarda les étoiles, songeuse. Et elle ? Trouverait-elle un jour cette moitié que tant de gens arrivent à trouver dans un être d’un autre sexe ? Et pourquoi d’un autre d’ailleurs ? L’Ordre n’en faisait pas distinction, ni de race, ni d’âge. Et jusqu’où pouvait-on mener cette réflexion ?
-Ca y est. Voilà que je recommence à me poser des questions… Je crois qu’un jus de juma me ferait le plus grand bien.

La Twil’ek fit donc un saut à la cantina de l’académie où une petite fête d’anniversaire battait son plein. Elle aurait bien voulu rester s’amuser un tantinet et sortir quelque peu de sa torpeur. Mais l’envie de faire un tour dehors prenait le dessus. Elle adressa un grand sourire ravi aux apprentis qu’elle croisa et prit le chemin de la plateforme d’envol. Elle fit un salut discret au contrôle des opérations et prit les commandes de la petite navette de liaison atmosphérique.
-Ici Yuthura Ban, navette Irssis. Je sors prendre l’air.
-Bien Maitre Ban. Prenez garde. Une tempête de neige se prépare au-dehors.
-Bien reçu contrôle. Je serai de retour à l’aube. Je vais sur le secteur sud au chaud.
-Bonne ballade Maître Ban.
-Merci contrôle.

Le petit appareil prit son envol puis traversa les vents violents à moyenne altitude et rejoignit rapidement les vallées fertiles plus clémentes de l’hémisphère sud de la planète. Elle survola une des anciennes bases militaires des Telosien –celle qu’Athkyn visita en son temps- et exécuta une petite figure qui malgré l’obscurité ravit les yeux de quelques Mandaloriens qui la regardèrent passer.
Ceux-ci avaient en effet recolonisé la base à l’abandon dans le cadre de leur développement.

Yuthura ne se posa finalement pas bien loin. Elle sortit tranquillement de la navette et alla s’étendre un peu plus loin dans l’herbe. Elle contempla la beauté de la voie lactée qui s’offrait à elle et s’endormit paisiblement, calme, placide, happée par un sommeil profond.



Les retrouvailles de Bastila et Revan furent … intenses. Pas besoin d’explications entre eux. Leur complicité était telle qu’il leur suffisait de se regarder dans les yeux pour plonger chacun dans l’esprit de l’autre. Communiquer par la pensée était devenu naturel pour eux. Et cela n’offrait aucune limite à leur communication.
-Ainsi tu vas donc repartir rapidement.
-Repartir ? Non. Je vais te confier aux bons soins d’Athkyn. Nous allons mener chacun des missions différentes et ce système évitera des situations ambigües.
-Oui. Du genre où une décision dépend d’un sentiment et non plus de la logique.
-Oui.
-C’est à double tranchant. Le fait de « confier » quelqu’un aux bons soins comme tu dis à une autre personne peut se révéler, hum comment dire ? Un handicap.
-Je vois ce que tu veux dire. Mais nous en sommes conscients. Et je sais qu’aucun de mes compagnons n’hésiterait à sacrifier son protégé à la cause si cela s’avère nécessaire.
-Je te crois.
-Et toi ? Qui vas-tu avoir alors ?
-Je ne sais pas encore. Il y a autre chose qui m’inquiète quelque peu depuis que j’ai débarqué ici. Je perçois une présence ici sur Coruscant. La Force est immense en lui, il le sait. Il en fait usage quand c’est nécessaire. Et il n’est pas parmi nos initiés. Il a une fibre commune avec Galaad, je le sens.
-Et lui ? L’a-t-il ressenti ?
-Qui ?
-Galaad.
-Non. Galaad n’est pas ouvert à ce genre de perception. Il lui manque une part de consulaire pour y arriver. Mais ce qui est curieux, c’est que je n’arrive pas suffisamment à cerner ce personnage.
-Peut-être qu’à deux nous y parviendrons.
-Oui, bonne idée. Essayons.

Les deux Jedi se mirent en position de méditation mais en touchant chacun le cœur de l’autre. Revan se mit à parler.

-Je sens sa présence. Je vois des lumières de toutes couleurs. Je sens des vibrations rythmées. Il y a une communion entre lui et… et… la musique ! Il est dans la musique. Au milieu d’elle. Il est du monde de la nuit. Je vois des gens qui dansent. Du bonheur. Un bien être fou mêlé d’une insouciance inouïe. Je vois des richesses … non de la luxure même ! Il est entouré de jolies filles, de belles femmes, d’amis fidèles. On dirait qu’il plie la Force dans sa main. Il est bon. Il est généreux. Mais…
-Quoi ?
-Il y a autre chose. Un conflit. Un conflit en lui. Au plus profond de son être. Ah… ça disparait… Il sent ma présence. Ah… c’est fini. Il s’est évaporé. Mais j’ai reconnu ce regard.
-C’est le regard de Galaad. Un œil à pleine plus fermé que l’autre. Mais ce n’est pas lui. C’est étrange…

Bastila ravala sa salive. Ceci n’échappa pas à Revan.
-Tu as connu Galaad suffisamment bien pour t’en rendre compte. Je n’aurais su trouver ce point commun entre eux.
Bastila regarda ailleurs.
-C’est dur pour moi. Finit-elle par lâcher.

Revan l’entoura de ses bras rassurants.
-Je sais. Dit-il. N’aie crainte. Les choses sont claires entre nous. Il m’a tout raconté.
-Mais je ne suis même pas claire avec moi-même alors comment veux-tu que…
Revan posa un doigt sur la bouche de Bastila.
-Chuuuut.

Son regard était si plein d’amour. Bastila fondit littéralement. Et oublia pour un temps tout de sa relation tumultueuse avec le Jedi Poète.

-Il trouvera sa voie. Et quand ce sera fait, tu seras soulagée. Et nous rirons de ces moments.
-Une fois de plus je dois reconnaître que tu as raison. Si seulement la fille qu’il lui faut pouvait le rencontrer.
Revan sourit. Et rit doucement.
-Toi, tu me caches quelque chose. dit-elle en riant à son tour.
-J’ai compris certaines de mes visions. Galaad va trouver cette fille. Et je sais même de qui il s’agit. Mais laissons la Force les pousser l’un vers l’autre.
-Eh ! Tu vas me laisser comme ça sur ma faim ?
-Allez ! Tu verras bien.
-Je la connais ?
-Mais non évidemment. Mais tu connais son père.
-Qui est-ce ?
-Non, ne me regarde pas comme ça ! Je ne te dirai plus rien. J’en ai même déjà trop dit. Tu sauras assez vite.

L’intercom résonna. C’était HK47.
-[Air enjoué] Le Conseil va se réunir Maître. Il quiet votre présence. Ca sent le laser on dirait.
Bastila et Revan levèrent les yeux au ciel et firent entrer le droide assassin.
-Je ne m’habituerai jamais à cette voix HK47. lâcha Bastila en soupirant.
-[Résignation] Moi non plus Maîtresse. La Force elle-même se plait à ne pas me désintégrer.
-Allons ! Tu vas voir ici tu vas faire fureur avec cette voix.
-[Sollicitation badine] Aha. Vous êtes bien en train de me dire que cet avantage va bientôt être mis en application pour ma fonction d’éradication de sacs à v… euh…
-Oui en quelque sorte. Bien il est temps de rejoindre le Temple. Allez, j’y go !
-[Humour Galaadisant] Gigot d’agneau !
-Eh ! Je viens aussi! Protesta Bastila.
-Bien sûr ! Tu devrais déjà être arrivée même.





Sur Dxun, Juhani se remettait tout doucement de ses récentes aventures. Elle avait encore du mal à encaisser la mort de Quadra. Quelle perte était-ce là pour l’Ordre ! Une des plus anciennes maîtres Jedi Consulaire venait de disparaitre. Mais Juhani n’eut pas le temps de poursuivre ses réflexions car Athkyn se présenta à la porte de sa chambre.

-Bonjour Juhani ! Vous avez pu vous reposer un peu ?
-Oui je vous remercie. Comment va Davrel ?
-Son état s’est stabilisé. Il a eu chaud mais il se remet tout doucement.
-Il vous doit la vie.

Athkyn haussa les épaules.
-Qui sait ? La Force nous a menés au bon endroit au bon moment.
-Et ce Sith ? C’était Atris ?
-Oui. Et je ne vous cache pas qu’elle a fait des progrès depuis notre dernière rencontre.
-Que voulez-vous dire par là?

Et l’Exilé lui raconta tout ce qu’elle ignorait des derniers évènements passés depuis son départ pour la mission que Revan lui avait confiée. Elle comprit alors pleinement le sens de ses paroles.
-Et où est Revan à présent ?
-Hum. Il doit être sur Coruscant. Une partie du Conseil va se réunir avant que nous nous retrouvions tous brièvement à l’Académie de Dantooine.

Ce nom résonna comme un gong puissant dans les entrailles de Juhani.
« Tout te ramènera toujours à Dantooine » lui avait dit Revan jadis.
-Et comment être sûrs que nous ne serons pas confrontés au même problème qu’il y a eu sur Kataar ?
-Parce que Maître Visas et moi savons comment créer et utiliser une blessure dans la Force qui nous isolera de tout l’univers nous entourant.
-Mais je ne comprends pas… je ne fais pas partie du Conseil.
-Vous y serez proposée par Revan comme Maître et probablement acceptée si le Conseil vous estime en être digne. De toute façon les Jedi qui ont accompagné Revan ou moi en font partie : ce sont ceux qui ont l’expérience nécessaire et suffisante pour accéder à cette fonction suprême.
-Si vous le dites. Ainsi vous êtes également un grand maître Jedi.
-Si on veut. Vous serez aussi heureuse d’y retrouver vos amis Jolee Bindoo et Bastila.
-Oh oui ! Ils seront donc là aussi ?
-Si je vous le dis. De nombreuses surprises vous attendent.
-Vous dites ça comme si ce n’était pas que des bonnes.
-Ce sera à vous de juger le moment venu Juhani.

La jeune Jedi songea à Quadra.
-J’ai du mal à me faire à l’idée de la disparition de mon maître…
-Je sais. Un lien très fort vous unissait. Il faut à présent vous concentrer et faire un point sur vous-même. Puis vous parviendrez à communiquer à nouveau avec par la Force.
Juhani ferma les yeux.
-Pas maintenant. Ce temps viendra plus tard. Nous allons rejoindre Canderous. Il a hâte de vous revoir.

Juhani sourit. Elle aussi était contente de revoir son ancien compagnon de maints dangers. Ils avaient toujours été tous deux sur la même longueur d’onde. Ils étaient dotés du même tempérament. Cette sorte d’énergie sauvage qui tient à certains êtres les nerfs à fleur de peau en cas de besoin. Et tous deux avaient appris avec le temps à canaliser et dominer cette sorte de rage intérieure, cette décharge d’adrénaline disponible sans limite à la demande.

Les couloirs que traversaient les deux Jedi étaient noirs de monde. Des Mandaloriens partout « comme au temps de leur splendeur passée » pensa Juhani. Mais pas seulement. Il y avait des habitants de plusieurs planètes différentes. Des Ondéroniens bien-sûr mais également des Wookies, des Ithoriens et des Jawas en masse. Elle trouva cela étrange sur une base militaire mandalorienne et se dit que l’univers avait bien changé en son absence.
Puis ils prirent un landspeeder et au bout de quelques minutes quittèrent la ville pour les forêts épaisses et humides de Dxun. Le voyage dura une bonne demi-heure. Athkyn commentait les paysages traversés et revint sur les dernières années de la civilisation mandalorienne.

-Je me suis battu dans ces forêts et plusieurs fois aux côté des Mandaloriens. Ce ne sont plus ces espèces de bandes mercenaires qui sillonnaient autrefois la galaxie. Mandalore a réuni son peuple. Et pour les avoir non seulement combattus comme vous le savez, mais également vécu à leurs côtés, ils forment un grand peuple doué d’une détermination peu égalée à ce jour.
-On dirait que vous avez beaucoup d’admiration pour eux.
-Oui c’est vrai. A tous points de vue. Et ce que notre ami Canderous a fait est exceptionnel. Il les a transfigurés. Il en a gardé le meilleur et a gommé tant de leurs défauts. Ils sont désormais pacifiques dirons-nous. Mais n’utilisez pas ce mot avec lui, vous le rendriez rouge de colère. Dit Athkyn en riant de bon cœur avec Juhani.
-Ca parait incroyable. Quelle reconversion !
-Et pourtant c’est vrai ! Ils sont devenus de redoutables hommes d’affaires, de grands commerciaux, des banquiers, ouverts et généreux.

Et tandis que celui qu’on appelait encore « l’Exilé » s’amusait à détailler les progrès réalisés en si peu de temps par ceux qui – il y a peu – avaient terrorisé la galaxie entière, le landspeeder passa plusieurs barrages à l’approche de ce qui semblait être le cœur du dispositif armé de la grande base militaire de Dxun.
Le petit appareil les déposa dans une clairière isolée, contrastant avec le reste des installations, ce qui attira l’œil de Juhani.
-Curieux, n’est-ce-pas ? Demanda Athkyn.
-Comment ?
-Eh bien de se retrouver tout à coup dans cet endroit sauvage au milieu de cette citadelle.
-Oui en effet.
-Ce bunker que vous voyez là vers lequel nous nous dirigeons est à la base une ancienne cache d’armes mandalorienne de l’époque de la guerre avec la République. C’est ici qu’est installé le grand quartier général de Mandalore.

Ils traversèrent tout un dédale de galeries parsemées de soldats en armes et de scientifiques, tous mandaloriens. Juhani était presque rassurée à cette vue. Cela collait mieux au monde qu’elle avait laissé autrefois.
Puis ils arrivèrent dans une grande salle de contrôle avec une partie un peu à l’écart où se trouvaient deux guerriers. A son armure particulière Juhani reconnu immédiatement son ami Canderous Ordo. Mais celui qui était à ses côtés intrigua Juhani. Tout d’abord par sa posture, avec son fusil désintégrateur prêt à servir. Puis par sa proximité avec Mandalore. Quelque chose clochait. Quelque chose semblait ne pas être à sa place ici. Mais elle n’arrivait pas à déterminer quoi. Lorsque les deux Jedi arrivèrent près de leur ami, celui-ci fit un signe de tête à son acolyte qui s’éloigna. Juhani fut frappée par la démarche de ce guerrier « un garde du corps » avait-elle pensé au bout d’un instant. Et ses doutes disparurent lorsque le soldat déclara.
-Je serai juste à côté, Mandalore. Avec une voix féminine douce, profonde, posée et assurée qui ne collait pas avec cette armure, mais parfaitement bien à sa façon de présenter et de se mouvoir.




Lorsqu’Atton frappa du poing sur la table, les deux bières tarisiennes faillirent se renverser.
-Ca y est ! Ca recommence ! Ils recommencent à nous prendre pour des buses !
Le récit que Carth Onasi venait de lui faire l’avait rendu tout rouge de colère.
-Je suis content de voir que tu en arrives à la même conclusion que moi.
-Mouais. Enfin j’aurais préféré qu’on se trompe. Mais désormais je suis persuadé qu’ils nous cachent à nouveau quelque chose.
-Tu sais, c’est comme ces moments où tu sens qu’une catastrophe est prête à nous tomber dessus mais que tu ne peux qu’attendre à la prendre en pleine poire du mieux que tu pourras.
-Ces maudits Jedi sont incorrigibles. Ils nous mettent toujours devant le fait accompli et nous mentent à longueur de temps. Comme deux personnes qui s’amusent à raconter en même temps une blague différente l’un à l’autre sans écouter et s’arguent chacun à la fin de dire « la mienne était plus longue. Oui certes mais la mienne était plus courte »

L’amiral Onasi éclata de rire.
-Oui j’ai déjà vu ça un jour quelque part.
Le général Atton esquissa tout de même un sourire.
-Enfin nous ne les changerons pas.
Carth acquiesça.
-Alors qu’as-tu trouvé ici ces derniers temps ?
Atton grimaça.
-Eh bien pour tout te dire, plus le temps passe, plus je déteste cette maudite planète et tous ceux qui y ont vécu avant nous. Mais Korriban reste fascinante et chaque jour y va de son lot de découvertes.
-Vous trouvez toujours des holocrons Sith ?
-Oui mais pas tous les jours.
-Et le fantôme d’Ajunta Pall erre toujours dans la vallée ?
-Oui. On le rencontre de temps en temps, il ne se cache plus depuis des années. Mais ça fait un moment que je ne l’ai croisé. Il se fait discret.
-Hum. Un indice supplémentaire.
-Oui si on veut. Mais il sait des choses que nous ignorons sur ce qui se passent aujourd’hui. Et je pense que nous ne tarderons pas à le revoir bientôt.
-La Force t’entende. Il nous éclairera comme il l’a fait par le passé.
-Mais je t’avouerai que je ne serai pas mécontent qu’une mission Jedi repasse par ici. Il se passe des trucs vraiment flippants et mes forces préfèrent stationner au-dessus de la planète plutôt que dessus.
-J’ai bien tenté de demander à Maître Vandar de nous accorder Bastila mais tu le connais, il n’a rien voulu entendre.
-Je ne sais pas si nous pourrons attendre. Ce passage que j’ai trouvé vers les Régions Inconnues m’inquiète tout de même.
-Ce n’est pas rassurant en effet. Il faudrait en déterminer les origines.
-Mais sans les clefs nécessaires, aucune chance que quelqu’un puisse l’activer depuis là-bas.
-Oui. Sauf peut-être leurs créateurs.
-Si les Anciens Sith sont toujours tapis dans l’ombre au-delà de la Bordure Extérieure comme nous le pensons tous deux, il y a du souci à se faire.
-D’autant plus que nous savons que nos craintes sont fondées avec ces apparitions de Revan, l’Exilé et le Jedi Poète.
-Il est temps que nous mettions nous aussi nos petites cachoteries à exécution.
-Oui tu as raison. Tes forces sont-elles prêtes ?
-Plus que jamais, elles n’attendent que nous pour se mettre en route pour la Forge Stellaire.
-Parfait. Alors ne perdons plus de temps et allons y maintenant.

Les deux hommes se levèrent en même temps et rejoignirent leurs seconds respectifs qui attendaient au-dehors de la cantina. Ils leur donnèrent les instructions pour faire les préparatifs de départ puis se dirigèrent vers l’ancienne académie Sith qui avait vu tant d’affrontements jusqu’au premier combat entre l’Exilé et Darth Sion. Désormais elle servait de camp d’entrainement pour une partie des troupes d’assaut d’élite de la République sous la responsabilité d’Atton. D’ailleurs beaucoup d’entre eux étaient comme lui d’anciens Sith repentis. Voire de ceux qui croyaient que leur cause était juste et bien fondée.
Mais c’est en se rendant à la navette de liaison avec le vaisseau amiral de Carth le « Telos Survivor » qu’ils firent une rencontre à laquelle ils ne s’attendaient plus. Faisant les cent pas non loin d’une grotte, le fantôme d’Ajunta Pall les interpella.
-Ah mes frères ! C’est vous que je désirais rencontrer ! L’heure est gravissime. Nous avons à parler tous les trois.







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Commentaires des internautes :

Revans 135
[visiteur]
Le 2008/08/29 12:48 :
En tant que grand fan de cette période de l'Univers Etendu, je trouve que c'est tout bonnement génial. Merci à toi Chaad Draconis pour le début de cette hitoire passionante.



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