|
Les Cauchemars de la Nouvelle République - Promesses et Manipulations - chap 16 à 24
Auteur :
XVI
Cothrin
Cela allait faire une semaine que le Bienveillant sillonnait la frontière du secteur de Farlax à la recherche du moindre indice qui trahirait la présence des forces impériales. Hélas pour l’équipage du vaisseau, les deux mondes qu’ils avaient visités ne leur avaient rien appris. Comme Ackbar l’avait dit, Wedge et ses hommes s’étaient mêlé à la population, arpentant les bars et les marchés, l’oreille aux aguets, mais rien, personne n’avait semblé voir ou entendre parlé de choses étranges qui auraient pu être mises sur le compte de l’Empire. Même sur Galantos, qui avait pourtant accueillis une des flottes disparues, on ne parlait ni des impériaux ni même des républicains, tout cela avait l’air de leur passer à des miles au-dessus de leur tête.
Antilles se trouvait sur le pont du cargo debout devant la baie d’observation, le regard fixe sur les traits lumineux du tube hyperspatial. Le jour précédent, il avait reçu un appel hyper sécurisé d’Ackbar qui lui avait relaté les attaques de Dorvalla, Carratos et Braxilion. L’amiral l’avait aussi prier de faire vite car la situation s’aggravait de jour en jour et sans informations le Haut Commandement ne pourrait rien faire. Le Corellien espérait donc que leur prochaine destination serait la bonne, même si les chances étaient faibles. Le secteur de Farlax n’était pas bien grand, mais les systèmes y étaient nombreux, et cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin.
Il jeta un coup d’œil au décompte qui venait de se mettre en route. Dés que le zéro s’afficha, le capitaine Reek ordonna le passage en vitesse subluminique. Les réacteurs effectuèrent un incroyable travail de contre-poussé et les étoiles reprirent leur place, Cothrin apparaissant au milieu de la verrière. Trois Z-95 en piteux état passèrent en rase-mottes au-dessus du pont principal avant de faire une boucle et de se placer sur les flancs du cargo. Finus allait ordonner à tout l’équipage de se préparer au combat quand Wedge l’arrêta d’un signe de la main et lui montra que les chasseurs de tête n’étaient pas en position d’attaque. Le transistor grésilla et une voix remplie de parasites en sortie.
- Contrôle aérien à nouvel arrivant, veuillez décliner ID et raison de votre présence.
- Ici le Joyaux de Kreg. Nous avons un plein chargement de bacta et de tout un tas d’autres trucs, dit Antilles. Nous venons faire escale et voir s’il n’y aurait pas quelques crédits à gagner.
- Bien reçu Joyaux de Kreg. Vous payez par carte ou à l’astroport ?
- A l’astroport, soupira Wedge qui avait oublié toutes les taxes.
- Ok cargo, autorisation d’atterrir hangar 39. Bienvenue sur Cothrin, dit le fonctionnaire d’un ton jovial.
- Merci contrôle.
Le Corellien désactiva son commutateur de voix et regarda la planète. Les taxes ne devaient pas faire fonctionner l’économie du système à en voir le trafic autour de la planète. A part le Bienveillant, deux autres vaisseaux se trouvaient dans l’espace, et ils étaient en instance de départ. La tranquillité du secteur aérien décontenança un peu le pilote qui s’était habitué au ciel bondé de Coruscant.
Le cargo passa la stratosphère toujours escorté par les trois chasseurs. Le groupe survola les docks qui étaient terriblement vides, il fut donc difficile à Wedge de ne pas remarquer le vaisseau de classe nubian qui était parqué au sol, d’autant plus que les rayons des soleils se reflétaient sur sa coque métallisée. Il se demanda ce que son propriétaire pouvait bien faire dans un trou aussi paumé, mais sa présence le rassura car elle pouvait être synonyme d’informations et d’un réseau marchand paradoxalement très développé.
Le cargo de classe Gamma arriva enfin au paddock qui lui avait été réservé et les Z-95 décrochèrent au moment où le vaisseau avait activé ses rétropropulseurs et entamait sa descente. Le général demanda au capitaine de bien vouloir se charger de la taxe et du ravitaillement, puis il fit signe à Loran de le suivre et aux autres Spectres d’aller les attendre en bas de la passerelle. Antilles se rendit dans sa cabine et demanda à Garik de l’aider à enfiler son masque. Ils rejoignirent le reste de l’escadron qui avait déjà mit pied à terre.
- Bien, dit Wedge avec la voix de Radan, la moitié du groupe part à la pêche aux ragots pendant que le reste vient avec moi vérifier un truc.
Personne ne broncha même si on sentait les questions défiler dans leur esprit. Spectre Leader forma les équipes et ils sortirent du dock. Sorti de l’enceinte du hangar, la tempête faisait rage et les pilotes durent relever leur col ou passer une écharpe autour de leur visage pour éviter que le sable ne les gêne. Antilles regarda la moitié de l’escadron partir vers la ville puis il prit la direction des autres zones de parcage. Les rues étaient désertes, ce qui était facilement compréhensible quand on savait que les quatre soleils étaient à leur zénith, rendant l’atmosphère étouffante. Le bothan du groupe en fit la remarque mais personne ne répondit de peur d’avoir du sable plein la bouche. Ils arrivèrent enfin devant la porte n°71 derrière laquelle se trouvait la nef. Le Corellien s’assura que personne ne les voyait et fit signe à Grint de s’approcher.
- Tu peux nous ouvrir cette porte ?
- La porte oui, ce qu’il y a derrière ça risque d’être plus difficile.
- Occupe-toi de la porte, je m’occupe du vaisseau.
Gayle Tropan était attablé à la terrasse couverte d’une des gargotes de Cespia. « Coin paumé, pensa-t-il, bien sûr qu’il y a une demande ici, mais faut voir les prix. » Il était venu sur Cothrin sur conseil d’un de ses collaborateurs. Il avait espéré vendre ses stocks de marchandise mais il s’était à peine séparer du quart de sa cargaison, les pauvres étant trop pauvres et les riches ayant déjà tout. Restait la classe moyenne, ce qui représentait à peu près quinze pour cent de la population totale. En attendant, les aliments qu’il transportait n’allaient pas tarder à pourrir et là il aurait tout gagner. Il attrapa son verre et bu une lampée du breuvage visqueux qui s’y trouvait. L’alcool lui fit tirer une grimace. Décidément, il n’y avait vraiment rien à tirer de ce monde. Il se mit à chercher une prochaine destination proche et où il pourrait écouler sa cargaison. Il sortit son databloc et allait passer les mondes frontaliers en revue quand son comlink bipa.
- Ouaip, dit-il.
- Gayle, on a pu de nouvelles de Tristna et de Riq qui sont restés sur le vaisseau …
- Et alors, ils ont du aller faire un tour.
- Tu me laisse finir ! L’IA du Chance m’a prévenu que quelqu’un vient d’utiliser un vieux code. J’ai reçu une photo du gars, et il n'est pas tout seul.
- Quoi ?! Et merde !
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Je me suis renversé cette foutue boisson sur le pantalon, et je crois pas que ça partira. Ordonne au vaisseau de se verrouiller et de n’accepter que les derniers codes, préviens les autres, j’arrive.
- Je t’attends devant le dock.
Tropan se leva, attrapa sa veste au vol et jeta une poignée de crédit sur la table. Ne prenant même pas le temps de se couvrir, il fonça vers le hangar. Un groupe de sept personnes voulurent lui demander quelque chose mais il n’avait pas le temps d’aider des gens assez fous pour se balader à une heure pareille. Il ne lui fallut qu’une dizaine de minutes pour arriver en vue du paddock n°71. Il y retrouva Savyna ainsi que tout son équipage arme au poing.
- On sait qui c’est ? demanda-t-il une fois à l’abri devant le vaisseau.
- Un certain Kreg Radan, il est arrivé y a quinze minutes à bord d’un Gama D-650.
- Mhh, grosse pointure.
- Comme je te l’ai dit, il a craqué le code d’accès du hangar et il a utilisé un vieux code pour entrer dan la nef, ce qui veut dire que tu le connais d’une manière ou d’une autre.
- Son nom ne me dit rien du tout, mais j’ai pas de mémoire sur ce genre de truc, et ça veut aussi dire que je n’ai jamais fait affaire avec lui. Bon, je vais lui parler, et avec un peu de chance on va arriver à lui refourguer des trucs. Savyna, Mike et Vriss avec moi, les autres rester là au cas où ils voudraient se faire la malle.
Il déboutonna la sécurité de son holster et monta dans son cargo. Il traversa tout le vaisseau, vérifiant que rien n’avait été volé ou cassé mais à première vue ce n’était pas le cas. Il demanda à Mike et au Verpyn de faire le tour des cabines et des autres pièces pendant que la jeune femme l’accompagnait dans le cockpit. Il emprunta la rampe qui y menait et à peine avait-il mit un pied dans le post de pilotage qu’il se retrouva entouré d’un Gamoréen, d’un bothan, d’un géant à fourrure et de deux humains. Quelqu’un semblait assis dans le siège du pilote.
- Tu devrais changer tes codes plus souvent, lui dit une voix étrangement familière pendant que le fauteuil tournait sur lui-même.
- Wedge ! Tu m’as fait une peur bleue.
- Mettons les choses au point tout de suite. Comme tu peux le remarquer, je porte un masque, ce qui veut dire que tant qu’on sera en public, je serais Kreg Radan.
- Ce qui veut dire que tu es en mission pour la République.
- Oui, je dois chercher des infos sur les activités impériales dans le coin.
Gayle fit la moue.
- Pas entendu parler, à part la bataille au-dessus de Proxima bien sûr.
Il se retourna vers son équipage pour leur demander et eut un sourire en voyant l’air interloquer des Spectres et des membres du Chance Arrogante.
- Ah, c’est vrai que seule Savyna est au courant.
Wedge adressa un signe de tête à la jeune femme rousse avant de prendre la parole.
- Les Spectres, je vous présente Gayle Tropan, il a participé à la bataille de Hoth est à celle d’Endor en tant que Rogue neuf, il n’avait pas encore mal tourné à l’époque.
- Les Spectres dis-tu ? Vos exploits commencent à se faire connaître dans le cercle des relations de la République et dans l’Empire je crois aussi, dit-il le sourire en coin.
Antilles se retourna vers Tropan.
- Tout à l’air de tourner pour toi.
- Plutôt, même si je pensais vendre des trucs dans le coin. J’avais espéré te refourguer ma camelote, mais maintenant ça me paraît difficile. Passons dans la cantine, nous y serons mieux installer pour discuter.
Tout le monde quitta la passerelle pour rejoindre le bar du vaisseau où ils furent rejoints par le reste de l’escadron. Le Corellien présenta Tropan et Ton répondit qu’ils s’étaient déjà entraperçu dans la rue principale alors que Gayle courait. Les Spectres et l’équipage de Tropan discutèrent pendant plus d’une heure, expliquant leurs exploits au sein des différents escadrons et les choses que le travail de contrebandier avait fait découvrir aux membres du Chance Arrogante. Ils parlèrent ensuite des détails qui concernait le conflit en cours, le peu d’informations que possédait le gouvernement, les systèmes qui commençaient déjà à douter de la République et hésitaient à la quitter pour se protéger des attaques impériales. Gayle trouvait cette politique idiote car, si elle pouvait en effet présenter l'avantage de moins attirer les foudres de l’Empire, les mondes privés du soutient de l’armée néo-républicaine seraient à la merci des cartels et des groupes de pirates. Leur conversation fut interrompue par le comlink de Wedge qui sonna.
- Ici Kreg Radan, répondit-il.
- Général, commença le capitaine du Bienveillant, trouvez un post holonet au plus vite, il y quelque chose qui devrait vous intéresser sur le canal 7. Dépêchez-vous, c’est urgent.
Antilles se tourna vers le contrebandier qui courait déjà vers la console et activa l’écran.
- « … sont maintenant clos, et les premiers résultats nous arrivent en ce moment, dit le présentateur. Le candidat du parti nationaliste est élu nouveau baron de Tipoca City et donc nouveau gouverneur de Bespin. Avec presque soixante-dix pour cent des voix, Dreyf Ross possède une victoire écrasante sur le Sénateur Yolln … »
Le général demanda à Tropan de couper le son et reprit son comlink.
- Et alors, je ne vois pas en quoi cela est inquiétant, il y a des passations de pouvoirs toutes les semaines dans la Galaxie et on en fait pas tout un plat.
- Le Haut Commandement vient de me faire parvenir un dossier, je vous l’envois. Il s’agit du programme de Ross, regardez plus attentivement le projet 8c.
Antilles accusa réception du dossier sur son databloc et lu le dit projet. Au fil de la lecture, son visage prenait un air de plus en plus soucieux. Il finit le document et passa le datapad à Gayle.
- Que se passe-t-il, demandèrent Savyna Hope et Grint.
- Le nouveau baron administrateur a prévu de passer un contrat de plus de quatre-vingts pour cent de la production avec une entreprise nommée Redock Entreprise…
- … ce qui signifie, reprit Voort, que les vingt pour cent restant vont se négocier à prix d’or, et que la Nouvelle République devra devenir dépendante de Redock ou se fournir directement dans ce qui reste. Dans les deux cas, les prix seront prohibitifs, et basés sur le bon vouloir de la compagnie.
- En soit, le fait de perdre Bespin n’est pas un si gros problème, sa production est grosse, mais d’autres mondes nous fournissent en gaz Tibanna. Non, le problème c’est que ce coup pourrait bien venir de l’Empire, ce qui expliquerait la tactique employée par le Grand Amiral. Dans un premier temps, il attaque légèrement et rapidement à plusieurs endroit en même temps pour maintenir la pression tout en rendant les pistes plus difficiles à suivre, et dans un deuxième temps, il prend le contrôle des grosses productions qui alimentent la République, l’affaiblissant petit à petit. Il ne lui resterait plus qu’à frapper un grand coup au bon moment et au bon endroit pour toucher le jackpot. Le bon côté des choses, c’est que ça va prendre du temps.
Gayle n’avait pas dit un mot depuis plusieurs minutes. Il avait l’air concentré, les liens se faisant dans son esprit.
- Quel est le nom de la compagnie ?
- Redock Entreprise pourquoi ?
- Un doute …
Il retourna vers la console et lança une recherche. Il se connecta à la base de données planétaire et pianota le nom sur le clavier. Le chargement mit quelques secondes puis le sigle de l’entreprise s’afficha, un long texte suivant l’image.
- C’est bien ce que je pensais, murmura-t-il, ils viennent d’ouvrir une succursale ici.
- Quoi, demanda Garik.
- Un bâtiment bien trop neuf et luxueux pour venir du gouvernement trône en plein milieu de la capitale. Après recherche, la banque de données vient de me confirmer que l’immeuble appartient à Redock. Il a été construit il y a environ un ou deux ans.
- Il serait bon d’y faire un tour, histoire d’en savoir un peu plus sur leurs activités.
- Bien, dit Wedge, demain Janson et Phanan se rendront à l’agence pour voir ce qui s’y passe.
- Je les accompagnerais, dit Savyna, je connais la ville et je pourrais nous diriger pour semer de possibles problèmes.
Tropan et Antilles acceptèrent et la conversation reprit sur les détails de la visite du lendemain. En fin d’après-midi, ayant vérifié que la température était plus clémente et que la tempête était retombée, les Spectres et le général républicain prirent congé de Gayle et de ses hommes et retournèrent sur le Bienveillant. Wedge résuma la journée au capitaine et lui ordonna de se tenir près au cas où la situation dégénérerait. Celui-ci prit notes des consignes puis les passa à son second. Le Corellien salua tout le monde et rejoignit sa cabine.
Il se débarrassa de son déguisement, de ses habits et se précipité sous la douche pour enlever tout le sable qui le démangeait. Il sortit de la salle de bain frais et revivifier. Il alluma sa console et se connecta sur l’holonet pour lire les autres nouvelles de la journée tout en se séchant les cheveux. A part les interrogations sur ce qu’allait faire le gouvernement et la passation de pouvoir sur Bespin dont la presse ne saisissait pas bien toutes les conséquences, rien de nouveau à l’horizon, et tant mieux. Le général se laissa tomber sur son lit et fut prit de nostalgie. Sa rencontre fortuite avec son vieux compagnon lui rappela tous les moments passés à ses côtés pendant la Rébellion. La guerre civile avait été une période tendue, avec ses surprises, ses joies et ses tristesses.
Beaucoup de pilotes étaient morts, Porky, Biggs, Dack, tous avaient disparus, mais pourquoi pas lui ? Luke lui aurait sûrement répondu que la Force en avait décidé ainsi, mais il savait qu’elle n’avait rien à voir là dedans, sinon ses compagnons auraient survécu. Porky était mort son chasseur déchiré par les attaques des turbolasers de l’Etoile Noire ; Biggs avait intercepté un tir de Vador destiné à Luke ; et Dack avait disparu en ralentissant les TB-TT impériaux sur Hoth. Et encore, il ne faisait que citer ceux qu’il connaissait et dont il se souvenait. A l’époque, il n’aspirait qu’à une chose, la paix et la tranquillité.
Paradoxalement, maintenant il désirait retourner au combat, retrouver les montées d’adrénaline qui caractérisaient les batailles spatiales. Aujourd’hui, sa vie se résumait à peu de choses, métro, boulot, dodo comme on dit. Il était toute la journée assis dans un fauteuil à remplir des formulaires, à plonger dans la paperasse politique et à assister à des réunions plus souvent barbantes que passionnante. Il ne voulait qu’une chose, remonter dans un cockpit.
Le Corellien trouva enfin le sommeil, le cœur plein d’espoir pour les jours à venir, et il se mit à rêver de batailles galactiques dont lui et ses amis sortaient victorieux.
XVII
Cothrin
A dix heure pile le lendemain, Hope se trouvait devant la porte du hangar n°39, attendant que Wes et Ton la rejoignent. Les deux hommes arrivèrent, vêtus pour l’occasion d’habits étriqués comme le leur avait conseillé Wedge. Même si Savyna avait elle aussi enfilé de vieux vêtement, elle n’avait pas été jusqu’à ce point. La jeune femme sourit en les voyant et les complimenta pour leur goût vestimentaire. Aucun des deux ne releva et ils prirent la direction du centre ville.
Le cœur de la capitale contrastait énormément avec la périphérie. Alors que l’extérieur de la ville était constitué de constructions basses et robustes pour supporter les tempêtes, à l’intérieur les bâtisses à étages dominaient. Des immeubles de plusieurs dizaines de mètres trônaient même au cœur de Cespia, les ruelles ayant laissé place à des avenues courtes mais en très bon état et bétonnées. Janson n’eut pas à demander comment se répartissait la démographie car celle-ci sautait aux yeux.
Ils arrivèrent dans le quartier des centres sociaux et des bureaux et n’eurent aucun mal à trouver le siège planétaire de Redock tant le bâtiment était grand et particulièrement neuf, même par rapport aux autres immeubles avoisinants. Complètement vitré, la construction devait bien atteindre les deux cents mètres de hauteur, rien à voir avec les gratte-ciel de Galactic City, mais il en imposait tout de même par l’aspect riche et nouveau qu’il dégageait.
Le petit groupe s’approchait des portes protégées par deux gardes quand Savyna s’arrêta pour lire une annonce.
- Vous avez vu, ils recherchent du monde pour travailler dans leur compagnie de surveillance qui opèrent sur d’autres mondes. Cela signifie qu’il doit y avoir de nombreux autres centres …
- Ca peut aussi vouloir dire qu’ils recherchent du petit personnel pour bosser sur les deux trois planètes auxquelles ils vendent leurs services, fit remarquer Phanan pour qui l’affiche ne présentait pas un grand intérêt, pas la peine d’avoir une succursale quelque part pour y intervenir, des vaisseaux suffisent.
La contrebandière leva les yeux au ciel et alla retrouver Wes qui était déjà rentré. Le pilote passait tout le hall au peigne fin, cherchant un signe qui ne trahirait pas. Hope arriva à ses côtés et fit de même pendant que Ton déambulait et regardait aux alentours sans prêter la moindre attention à ce qu’il pouvait voir. La réceptionniste les observait, étonnée par un tel comportement. Au bout de quelques minutes, elle se racla la gorge et leur adressa un large sourire.
- Vous désirez quelque chose ?
- Oui, répondit Savyna, nous aimerions avoir des informations sur l’annonce relative à l’embauche de gardes.
- Ouaip, assista Phanan, not’ boulot nous suffit pas, on a du temps libre à tuer.
Hope lui donna un coup de coude dans les basses côtes et le Spectre réprima un rictus de douleur. Il allait faire une remarque quand Janson lui donna un autre coup de l’autre côté cette fois. La standardiste avait assisté à la scène mais fit comme si de rien n’était, pianotant sur son clavier et contactant ce qui semblait être son supérieur hiérarchique. Quelques secondes plus tard, une seconde jeune femme arriva.
- Bien, dit-elle, le chef du service de recrutement va vous recevoir. Suivez-moi s’il vous plait.
La secrétaire les mena jusqu’à un ascenseur qu’ils empruntèrent. L’attention de Wes fut accroché par la jupe de la jeune femme qui mettait en valeur ses formes girondes. Ils sortirent du turboleft et Janson n’avait toujours pas détourné le regard. Ton sauta sur l’occasion de lui rendre la monnaie de sa pièce et le frappa. La douleur déconcentra le pilote qui tourna la tête vers son compagnon qui lui faisait un sourire en coin mais il n’y fit pas attention. Il venait de passer devant un bureau dont la porte était entrouverte et il avait juré voir un homme en tenu d’officier impérial parler avec ce qui semblait être un sergent instructeur. Il n’en cru pas ses yeux et se promit de vérifier lorsqu’ils emprunteraient le chemin en sens inverse.
Ils arrivèrent devant un bureau et ils furent introduit auprès d’un homme au visage rond et rassurant. Le recruteur se leva et les accueillis d’un « bonjour » jovial avant de les inviter à s’asseoir. La secrétaire alla s’asseoir derrière un petit bureau et s’apprêta à prendre des notes.
- Bien, ne perdons pas de temps et commençons par vous, dit-il à l’attention de Phanan. Dites-moi pourquoi vous voulez vous engager et ce que vous savez faire.
- J’veux quitter ce trou paumé par n’importe quel moyen, j’m’en fou, j’suis pas difficile, un post de contrôleur aérien ou un truc du genre m’suffira. Sinon j’touche ma bille en pilotage et j’bricole de temps en temps.
L’homme vérifia que le jeune femme prenait des notes et acquiesça. Puis il se tourna vers Savyna.
- Et vous.
- J’ai besoin de trouver un emploi mieux rémunéré que celui de maintenance que j’ai aujourd’hui. J’ai un diplôme de technicien et de pilote de vaisseau semi-lourd, et j’ai quelques notions d’astronavigation.
- Bien, bien … et enfin le dernier, dit-il en élargissant son sourire.
- Je suis pilote de chasseur de tête, j’ai un Z-95, mais j’aimerais trouver un post ailleurs car y a rien pour moi ici. Ca m’arrive aussi de cuisiner pour le groupe et je me débrouille avec un blaster entre les mains.
- Parfait, tout ça m’a l’air très bon, ça ne m’étonnerait pas que vous soyez pris. Laissez votre adresse à l’accueil, on vous re-contactera. Monsieur … Erils, dit-il en consultant ses fiches, j’aimerais parler un peu plus de vos fonctions de pilote et de votre maîtrise des armes à feu.
Un peu inquiet, Jansen hésita avant de dire à ses compagnons d’aller annoncer la bonne nouvelle à leur « famille ». Ton et Savyna hochèrent la tête et suivirent la secrétaire qui les raccompagna jusqu’au hall d’entrer, laissant Wes seul avec le recruteur qui s’empressa de refermer la porte de son bureau. Ils se retrouvèrent donc tous deux dehors, réfléchissant à la raison qui avait pu poussé l’homme à garder le pilote plus longtemps. Hope sortit son comlink et le brancha sur la fréquence du petit micro qu’elle avait discrètement placé sous le bureau. Hélas, et comme elle le redoutait, la pièce était doté d’un brouilleur. Elle le rangea donc et prit le chemin du retour.
Alors qu’ils avaient atteint les quartiers pauvres, la contrebandière sentit une présence derrière elle. Elle jeta un bref coup d’œil et entraperçut une ombre qui se cachait au détour d’une ruelle. Elle pressa le pas, obligeant Ton à faire de même. Elle tourna dans une rue et se cacha ainsi dans une alcôve sombre, intimant à Ton de la rejoindre. Quelques instants plus tard les deux poursuivants passèrent devant eux et elle sortit de sa cachette blaster au poing. Les deux hommes se retournèrent et levèrent les mains quand ils virent l’arme pointée vers leur poitrine. Phanan sortit à son tour et alla les fouiller. Il ne trouva rien dans leurs papiers, mais en vidant les poches, il vit très nettement l’insigne impériale brodée sur leur vêtement sous le manteau. Il dégaina et s’éloigna prudemment des deux hommes. Discrètement, la contrebandière et le Spectre mirent leur arme sur paralysie et firent feu. Phanan eut l’idée d’enlever leur manteau aux impériaux, rendant le signe de l’Empire bien visible, et ils laissèrent les deux hommes au bon vouloir des passants. Il jetèrent les habits un peu plus loin et retournèrent sur le Chance où tout le monde les attendait.
En voyant arrivés Savyna et Ton seuls, l’équipage de Tropan et les Spectres s’inquiétèrent. La contrebandière raconta tout ce qui s’était passé. Même si elle n’avait aucune preuve que Redock et les impériaux qui les avaient suivis avaient un lien, le brouilleur dans le bureau de recrutement, l’expression du recruteur quand il s’était tourné vers Jansen et le fait que ce dernier ne soit toujours pas de retour constituaient une liste bien trop longue et suspecte pour ne pas être prise en compte. Wedge en était arrivé à la même conclusion, et cela signifiait qu’il fallait agir vite avant que quelque chose n’arrive à Wes. Antilles essaya tout de même de le joindre pour s’assurer qu’il ne s’était pas arrêté boire un coup en chemin, mais le pilote ne répondit pas.
Le Corellien ordonna donc à tout le monde de se mettre au travail. Il demanda au bothan de leur trouver un plan de la ville ainsi que celui de l’immeuble de Redock, il envoya le reste de l’escadrons chercher tout le matériel dans la soute du Bienveillant, et pour sa part il demanda à utiliser la console de pont du cargo nubian pour prévenir le Haut Commandement et demander l’autorisation d’agir. Il utilisa ses codes prioritaires pour passer outre toutes les démarches administratives et appeler directement l’Amiral Ackbar. Le Mon-Calamari n’eut pas besoin d’un long exposé pour donner son accord et laisser carte blanche au général, lui rappelant tout de même d’être sûr de lui avant de tenter quoi que ce soit.
Il retrouva les spectres dans la salle de réunion du Chance Arrogante. Le matériel avait été récupéré et était posé sur la table. Wedge forma les équipes et ils passèrent tout l’après-midi à planifier l’opération, se débrouillant pour garder une marge d’erreur maximale, ce qui ne fut pas tâche facile étant donné que personne ne savait à quoi s’attendre une fois dans l’immeuble.
XVIII
Braxilion
La navette de l’Académie décolla de la capitale, deux Jedis et deux droïdes à son bord. Luke avait été marqué par l’image de désolation que renvoyait les villes. Même si il n’avait pas visité les cité détruites, il les avait survolées et la vision d’ensemble du désastre lui avait largement suffit. Serte, pour on ne sait quelle raison, l’Empire avait épargné Leedra où toute la population s’était réunie, mais les dégâts matériels n’en étaient pas moindre, et la reconstruction prendrait du temps. Si les familles n’étaient pas détruites au sens physique du terme, au niveau psychologique elles l’étaient, et cela pouvait être pire car la douleur restait.
Skywalker conduisait la navette, C-3PO assis à côté de lui, le soûlant de son flot de parole incessant. Le Jedi ne pouvait pas lui dire de se taire car ça aurait été aller à l’encontre de la nature du droïde. Il se contentait de se concentrer sur le pilotage et de hocher de la tête de temps en temps. Il se retourna vers Ragon qui se trouvait dans l’un des siège passager. Celui-ci avait la tête posée contre la paroi du transport, le regard fixé sur la baie vitrée sans voir ce qu’il y avait derrière. Le jeune padawan était perdu dans ses pensées, sans doute l’état de la planète avait-il fait ressurgir de mauvais souvenirs.
- Ce qui vient de se produire ici comme sur de nombreux autres mondes est l’une des raisons qui m’a poussé à reconstruire l’Ordre Jedi, commença le maître, et c’est aussi ce qui me fait me demander si reformer le Conseil Jedi ne pourrait pas faciliter les choses. Parfois je me pose la question pendant de longues heures, sans trouver de véritable réponses.
Tarquis était complètement déconnecté de la réalité et il n’avait pas entendu son maître qui lui parlait. Luke le laissa et se replongea dans le pilotage. Ils venaient de quitter l’atmosphère et il s’agissait maintenant de s’éloigner de la planète et de partir. Il entra les coordonnées d’Agamar et l’ordinateur de vol calcula le trajet le plus court vers le système. La console vira au vert et le Jedi abaissa la manette de l’hyperpropulseur.
Agamar
La navette arriva sept heures plus tard et alla se poser aux abords d’une des plus grandes cités de la planète. Luke mit le pied sur le tarmac et se fit la remarque que rien ne laissait transparaître la courte occupation yevehas, aucune ruine, aucun signe visible tel qu’un cimetière ou un monument au mort. Ragon lui expliqua que l’invasion fut éclair, les forces d’Agamar n’ayant pu résister. Le gouvernement avait laisser le pouvoir à l’envahisseur et avait ordonné au peuple de ne pas se soulever. Il n’y avait donc pas eu de mouvement de résistance ou de guérilla. Les seuls pertes avaient été les pilotes qui avaient attaqué la flotte yevethas lors de son retour en subluminique. Le père des frères Tarquis était l’un des pilotes qui était mort en défendant vaillamment son monde natal. Cette perte avait poussé Ragon a rejoindre l’Académie, et son frère s’était dés lors plongé dans un mutisme inquiétant, le bonheur de vivre qui le caractérisait l’ayant quitté à ce moment là.
Ils entrèrent dans la ville pour trouver un moyen de locomotion. Tout le monde se retourna sur leur passage, la visite de Jedi n’ayant pas été vue depuis presque quarante ans. Quelques personnes reconnurent l’aîné des Tarquis et vinrent le saluer, les anciens le complimentant pour avoir réussi et tant grandi. Il leur demanda comment allait son frère ce qui provoqua un certain malaise chez les habitants. Une vieille dame répondit qu’il ne passait que de temps en temps pour acheter quelques outils ou à manger, mais que sinon personne ne le voyait. Ragon soupira et laissa tomber sa tête. Luke héla un taxi et ils entrèrent dans le véhicule, plaçant les droïdes à l’arrière.
En à peine dix minutes ils furent devant l’entrée de la maison familiale des Tarquis. C’était une ferme de fière allure, bien qu’ayant perdu de sa superbe car négligée par l’actuel propriétaire. Une bouffée de nostalgie saisit Luke. Il se rappelait de la ferme de Tatooine, de son oncle et de sa tante, de Biggs, de ses bêtises de jeunesse et de l’arrivée des deux droïdes qui avait changé sa vie.
D’énormes Loompas paissaient tranquillement dans les champs clôturés, regardant le speeder passer. Le véhicule emprunta l’allée qui menait jusqu’à la porte de la masure et s’arrêta juste devant. Luke descendit et aida les droïdes à faire de même. Quand il se retourna, un jeune homme aux traits tirés et au teint pâle avait fait son apparition. Il eut sourire discret à l’attention du Ragon puis il regarda le Jedi et son sourire se fit légèrement plus marqué, l’expression qui en découlait se faisant plus étrange.
- Votre frère savait-il que je vous accompagne, glissa Luke à son padawan.
- Non, il ne porte pas l’Ordre dans son cœur, je ne l’ai donc pas prévenu. Son rapport avec la Force est très particulier, il est très différent de celui que j’entretient avec elle …
« Très différent …, pensa Luke, exactement la même réponse que celle qu’il a donné à Dagar. Intéressant, que veut-il dire par-là ? »
- … mort de notre père, continuait le jeune Jedi, il la considère comme responsable de celle-ci. Pour lui, la Force n’est qu’une force extérieur qui décide au hasard de la disparition de certaines personnes et de la survie des autres.
- Cela ne va pas nous faciliter la tâche.
- Non, j’en suis désolé. Laisser moi lui parler avant.
- Bien sûr.
Ragon s’avança vers son frère, ne sachant pas trop quel comportement adopté. Il allait lui dire bonjour quand Sailor l’enlaça. D’abord surpris, Tarquis fut rassuré et resserra ses bras à son tour. Pendant ce temps, Luke avait payé le taxi et avait rapproché les bagages avec l’aide de R2. Les lourdes valises à la main, il s’était dit qu’utiliser la Force dans un tel contexte n’aurait fait que mettre de l’huile sur le feu. Arrivé prés des deux frères, Ragon fit les présentation. Sailor gratifia le Jedi d’un simple hochement de tête, son visage s’étant refermé.
Les trois hommes entrèrent dans la maison. L’intérieur était simple, sans fioriture. Ce qui semblait être la pièce principale donnait sur une petite cuisine, une salle d’eau et sur des escaliers. L’entrée ne comportait en tout et pour tout qu’une grande table et quelques étagères. Les volets étaient fermés, sans doute pour garder la fraîcheur, mais le plafonnier qui répandait sa lumière feutrée ne suffisait pas à éclairer toute la pièce, lui conférant un aspect encore plus sinistre et austère.
Sailor prit les affaires de son frère et les monta, laissant Skywalker se débrouiller avec les siennes. Il allait suivre le jeune homme quand Ragon l’arrêta et s’empara des valises restantes. Le temps que les deux frères préparent les chambres et discutent, le Jedi eut le temps de fouiner un peu. Une porte qui semblait être celle d’un placard donnait en fait sur un petit bureau où étaient regroupées les affaires de feu M. Tarquis. En jetant un coup d’œil dans les tiroirs, Luke y découvrit un sabre laser. De composition plus que rudimentaire et conçu sur un schéma des plus simple, l’arme n’en demeurait pas moins une véritable réussite pour une personne qui n’avait reçu aucun enseignement Jedi. Il se demanda si c’était vraiment Saylor qui l’avait conçu et venait de le prendre en main pour l’étudier quand des pas descendirent dans l’escalier. Il s’empressa de sortir du bureau, prenant bien soin de tout remettre à sa place. Les frères Tarquis entrèrent dans la pièce commune, ils étaient toujours en grande conversation.
L’heure du dîné arriva vite et ils passèrent à table après que le propriétaire ait préparé le repas. Sachant que le sujet allait de toute manière être abordé, Saylor le lança.
- Ragon m’a rapidement parlé de la raison de votre visite, ses rêves, ses inquiétudes à mon égard. Mais je ne vois pas bien ce que vous venez faire dans tout ça, il aurait pu venir tout seul.
- Saylor les peurs de votre frère sont en lien avec votre affinité avec la Force …
- Je n’ai aucune affinité avec cette magie !
- Le test que je vous ai fait passé à votre insu à prouver le contraire, et il a aussi prouver que votre potentiel est énorme. Laisser une personne comme vous sans aucune protection peut avoir de graves conséquences. Il n’est pas impossible que des membres de l’ordre sith soient encore vivant …
A ces mots, Saylor eut un sourire fugace. Son expression était redevenue étrange, entre l’ironie et la peur, comme si deux sentiments essayaient de s’afficher en même temps sur le visage du jeune homme.
- … pourraient tout à fait vous trouver et vous entraîner du côté obscur de la Force, continuait Luke. C’est la raison de ma présence ici, vous inviter à rejoindre l’Académie pour y recevoir l’enseignement nécessaire à votre protection.
- Si je n’ai pas rejoint votre secte jusqu’à maintenant c’est parce que je n’ai aucune intention de le faire.
- Je comprends tout à fait vos sentiments à l’égard de la Force et de l’Ordre, mais sachez que je fais cela pour votre bien.
- Je me porte à merveille pour le moment, personne n’ait venu me porter des noises à par vous, et je dois dire que le fait que vous veniez me demander de me joindre à vous ne joue pas en votre faveur.
La discussion dura une bonne demi-heure, Luke utilisant tous les arguments possibles et inimaginables. Voyant que Saylor ne démordait pas, il laissa tomber.
- Bien, je vois que je ne peux pas vous faire changer d’avis … Si vous me le permettez, j’aimerais rester encore quelques jours ici, il y a encore tant de choses à y découvrire …
- Vous pouvez rester autant de temps que vous le souhaiterez maître, répondit Ragon.
Luke jeta un coup d’œil à Saylor qui ne paraissait pas du même avis que son frère, mais il ne dit rien, sans doute pour ne pas le froisser. Skywalker remercia pour le repas et passa à l’extérieur. La nuit était douce et le ciel dégagé laissait voir ses millions d’étoiles. En y regardant à deux fois, on pouvait même voir la traînée blanche qu’était le bras de la Galaxie dans lequel se trouvait Agamar. Le Jedi tourna la tête pour regarder ce qui se passait dans la maison. Les deux frères avaient recommencé à parler et il décida de les laisser seuls. Il se rendit dans le bâtiment qui abritait les machines agricoles et les droïdes. R2 trilla à sa vue et C-3PO accueillit son arrivée en se plaignant, mécontent d’avoir été relégué dans la hangar de stockage. Il se plaignit aussi que les droïdes agricoles avaient une conversation très limitée. Luke sourit et commença à parler avec ses deux compagnons de ce qu’ils avaient vu pendant la bataille au-dessus de Proxima III. Au bout de trois quarts d’heure, il décida qu’il était tant d’aller se coucher et il quitta les droïdes.
Les Tarquis avaient, semble-t-il, terminé leur conversation puisque seul Ragon était assis devant la table. Le maître Jedi adressa un sourire à son élève. Celui-ci s’excusa pour le comportement de son cadet et Luke lui dit que ce n’était pas grave. Il demanda où se trouvait Saylor et le padawan répondit que son frère était allé s’occuper des bêtes. Skywalker trouva étonnant de ne pas l’avoir vu passer mais il se dit qu’il devait y avoir une porte derrière et il monta dans sa chambre.
Le lendemain, il parti de bonne heure pour faire le tour des environs. Il parti en direction des champs, accompagné de 6PO et de D2. Il longea les prés d’élevage et passa près des culture. Il se retrouva dans un petit village où il s’arrêta pour boire un verre. L’été touchait à fin, mais la température, bien que clémente, était assez élevé pour qu’un peu d’ombre soit la bienvenue. Il fit le tour des magasins essayant de trouver quelque chose d’intéressant. Il s’arrêta chez un marchand et demanda si il avait des nouvelles des Tarquis. Le vendeur Quarren, d’abord suspicieux, répondit que cela allait faire longtemps qu’il n’avait pas vu le jeune Saylor. La même réponse lui fut donné dans les autres magasins.
Vers midi, il se redirigea vers la propriété, tout un tas de questions en tête. D’après les gens qu’il avait interrogés, le cadet des Tarquis était un garçon plein de vie et toujours optimiste. La mort de son père avait lourdement entamé son moral, mais comment ce faisait-il qu’il ait autant changé ? Les vendeurs lui avait aussi apprit qu’il s’était encore plus retranché sur lui même depuis quelques mois, ne sortant quasiment plus et ne vivant que de ses propres récoltes. Le comportement du jeune homme intriguait de plus en plus le Jedi. Que pouvait-il s’être bien passé pour que Saylor se referme encore plus sur lui-même ?
Il arriva à la demeure, entra dans la salle à manger et regarda en direction de la cuisine d’où s’élevait un doux fumet. Il monta à l’étage et y retrouva Ragon. Il ne lui raconta pas ses rencontres avec les habitants mais il lui demanda des détails sur les changements de son frère et lui expliqua ce qu’il comptait faire les prochains jours et en quoi le jeune homme pouvait lui être utile.
Après le déjeuner, les deux frères allèrent vendanger et Luke les accompagna. Le ramassage leur prit plusieurs jours pendant lesquels Skywalker ne se servit pas de la Force, ce qui ne fut pas le cas de Ragon qui se concentrait régulièrement pour soulever une ou plusieurs cagettes et les poser sur le chariot antigrav. Le maître Jedi ne pouvait pas se permettre de faire la démonstration de l’utilité de la Force au quotidien, mais il avait pensé qu’elle pouvait être faite par Ragon et que Saylor le prendrait mieux. Une fois la récolte du raisin faite et les fruits mis dans des fûts, ils préparèrent les semences et les champs pour les plantations d’hiver.
Tous les soirs, Luke voyait le jeune Tarquis revoir petit à petit son jugement sur la « magie » de la « secte » qu’était l’Ordre Jedi. Au bout d’une semaine, et alors qu’il pensait avoir appris tout ce qu’il voulait, il annonça son départ le lendemain. Il finit son assiette et alla se coucher tôt. Dans sa chambre, il rangea ses quelques affaires et se déshabille pour se glisser sous les draps. A peine endormi, son esprit fut assaillit par les souvenirs de son père, ses propres souvenirs de Lord Vador et ceux d’Anakin Skywalker qu’il avait recueillis après de longues recherches. L’ombre d’un autre seigneur noir de la sith planait sur son rêve qui vira dés lors au cauchemar. Des gens mouraient, il en entendait les cris de détresse et de douleur, mais ne savait d’où ils venaient et qui étaient les victimes.
Il se réveilla d’un coup, les yeux grands ouverts. Il regarda autour de lui pour tout remettre en place. Il se leva et se rendit sur son balcon. La nuit fraîche lui fit du bien et il ferma les paupières pour mieux apprécier le léger vent. Une fois calmer, il tendit l’oreille pour mieux écouter. Les frères Tarquis qui discutaient jusque là venaient de s’arrêter. Ragon semblait monter lui aussi dans sa chambre et Saylor alla s’occuper des Loompas. Il le vit passer sous le balcon et prendre la direction du portail de la ferme, à l’exacte opposée de l’étable des bovins. Cela expliquait probablement pourquoi il ne l’avait pas vu passer le premier soir. Luke attrapa rapidement un vêtement, sauta par-dessus la balustrade et atterrit sans un bruit. Il suivit le jeune homme qui s’enfonça profondément dans la forêt. Ils arrivèrent aux abords d’une petite clairière où se trouvaient plusieurs sacs ainsi que ce qui ressemblait à des pantins. Skywalker s’arrêta à bonne distance et se cacha du mieux qu’il put.
Saylor sortit trois sphères d’un des sacs et les posa par terre. Il prit un second sac et se dirigea vers les pantins. De dos, Luke ne pu voir ce que faisait Tarquis mais il avait la conviction qu’il n’allait pas tarder à le savoir, il se re-concentra donc sur les sphère posées au sol. En les étudiant plus en détail il se rendit compte que les objets lui étaient plus que familier. Il s’agissait de sphère d’entraînement si usitées par les maîtres Jedi instructeur.
Saylor enfila un casque, activa les droïdes, abaissa la visière et dégaina le sabre qui se trouvait dans le bureau. Le jeune homme n’eut que quelques secondes pour se laisser pénétrer par la Force avant que les robots ne l’attaque, et en vue de ses mouvements et de la précisions de ses contres, ce court laps de temps semblait lui avoir été amplement suffisant. Il suivit l’exercice pendant une bonne demi-heure, faisant monter le niveau progressivement. Passé à l’avant-dernier mode, les tirs le touchèrent à plusieurs reprises et il du poser un genoux à terre quand l’une des attaques le surprit par derrière. D’une passe de la main il rendit les sphères d’entraînement inoffensive. Reprenant ses esprit, Luke crut le voir regarder dans sa direction et esquisser un sourire de satisfaction puis il se releva. D’une seconde passe de la main, il mit les pantins en routes. Leurs capteurs focaux s’activèrent et ils levèrent les bras. Skywalker vit que le jeune homme allait affronter des droïdes de combat fait de bric et de broc.
Des blasters dans les mains, les robots avancèrent vers Saylor et firent feu. Un tir passa au-dessus de la tête du maître Jedi qui pu se rendre compte que les armes n’étaient pas réglées sur paralysie. Effaré que Tarquis puis se battre contre des unités intelligentes et mortelles, il le regarda avec encore plus d’attention. Le comportement du jeune homme avait changé, ses gestes s’étaient fait plus rapides, plus précis et plus directes. Toutes les attaques furent déviées et la lame jaune fit s’effondrer un premier droïde, puis un deuxième. Il se trouvait maintenant dans le dos des robots et le temps que ceux-ci ne réagissent deux autres étaient déjà en deux ou trois parties. Saylor fonça sur le dernier, d’un mouvement sec et millimétré il découpa le canon du blaster, planta son sabre dans le torse du droïde et le décapita pour l’achever.
Tarquis était en sueur, le combat l’avait épuisé, mais il tint encore debout pendant quelques instants avant de tomber à genoux et de poser une main à terre, comme si la Force l’avait soudainement quitté. Il lui fallut de longues minutes pour retrouver la force de se relever et de ranger partiellement la clairière puis de rentrer à la ferme. Luke resta sur place pour ne pas se faire repérer si ce n’était pas déjà le cas et il retourna dans sa chambre, s’affalant sur son lit et repensant à ce qu’il venait de voir.
Au petit matin, le maître Jedi se réveilla, le manque de sommeil se faisant déjà ressentir. Il s’étira longuement, fit quelques exercices et resta longtemps sous la douche mais rien n’y fit. Il s’habilla et jeta les derniers habits dans sa valise qu’il descendit et posa près de celle de Ragon. Il eut un sourire en voyant que d’autres affaires avaient rejoint celles de l’aîné des Tarquis. C’est à ce moment que celui-ci fit son apparition, sortant de la cuisine. Il vit son maître regarder les bagages et s’approcha de lui.
- Cela résulte de notre longue discussion d’hier soir, dit-il, je suis arrivé à la convaincre que la formation de l’Académie pourra lui être utile.
- Parfait, alors allons-y, commençons à charger le taxi, je ne veux pas arriver trop tard sur Yavin IV, j’ai déjà été absent assez longtemps ces temps-ci.
R2 et C-3PO rejoignirent les deux Jedis et il rentrèrent dans le véhicule. Ragon alla chercher le dernier bagage et ferma le coffre. Saylor sortit enfin. Il vérifia que tout était en ordre dans la maison et la ferma. Il laissa les clés dans un coin pour que le fermier d’à côté puis venir s’occuper des bêtes et il monta à son tour dans le transport. Le droïde pilote fit s’élever le speeder et ils s’éloignèrent de la demeure Tarquis en direction de l’astroport où était resté la navette de l’Académie.
XIX
Coruscant
Leia était assise dans la salle du Haut Conseil. Une réunion exceptionnelle avait été convoquée suite aux élections sur Bespin et après le communiqué de Wedge. Cela allait bientôt faire une heure qu’ils débattaient sur comment réagir face aux résultats. Pour le moment, rien ne prouvait encore que Dreyf Ross, anciennement Dreyf Risort comme le lui avait appris les renseignement, jouait le jeu de l’Empire. Et même si les Spectres en apportaient la preuve, celle-ci ne serait pas utilisable en raison de sa provenance.
Elle soupira. Une crise du gaz tibanna n’était pas sur la liste des festivités à venir. Pour le moment, seul Bespin était sortit du « troupeau », mais le Grand Amiral était tout à fait capable de continuer sur sa lancée, si bien sûr il était derrière tout ça. Elle regarda les conseiller qui discutaient. Elle ne les écoutait pas vraiment, elle savait qu’elle devrait le faire, mais quand son esprit vagabondait ailleurs … Elle du tout de même reprendre le fil de la conversation puisque Ponc Gavrisom s’était tourné vers elle.
- Excusez moi, j’étais perdue dans mes pensées.
Le Calibop lui adressa un sourire.
- Ce n’est pas grave. Nous voulions juste savoir si la proposition de la conseillère Riss d’envoyer un émissaire sur Bespin vous paraissait bonne.
- Je pense en effet que c’est une bonne alternative, en attendant que le général Antilles nous en apprenne plus sur les activités de Redock Entreprise. La chose qui est sûre, c’est qu’il ne faut en aucun cas rester inactif, la population commence déjà à nous reprocher notre attentisme sur le plan militaire, alors gageons de ne pas les décevoir non-plus sur le plan politique.
Les conseillers acquiescèrent.
- Bien, dés demain je vous soumettrais la liste de la délégation. Pour le moment, à moins que quelqu’un n’ait quelque chose à rajouter, je pense que nous pouvons clore cette cession. Amiral Ackbar, j’aimerais vous voir dans mon bureau pour savoir où en sont les Spectres.
Tout le monde quitta la salle de réunion pendant que la chef d’Etat et le mon-calamari passaient dans le bureau de Leia. Elle referma la porte et se tourna vers Ackbar.
- Alors, où en sont-ils ?
- Wedge vient de me faire parvenir son dernier message avant le début de l’opération. Tout est prêt, Grint a récupérer le plus d’informations possibles et ils ont tout planifier. Six Spectres dont Wedge devraient s’introduire dans le complexe. Je vous contact dés qu’ils m’auront donné de leurs nouvelles.
- Merci amiral, j’espère qu’ils retrouveront Janson et qu’ils pourront nous ramener de quoi combattre le Grand Amiral.
Ackbar prit congé de la chef d’Etat qui resta derrière son bureau encore quelques minutes à lire les notes qui y avaient été déposées. Sur le trajet qui la séparait de la plate-forme d’atterrissage, elle rencontra 6PO qui venait d’être ramené en vitesse par Luke. Avant même que le droïde ne dise un mot, elle lui dit qu’elle n’était pas en état de tenir une conversation. Le retour vers l’appartement des Organa-Solo se fit donc dans le silence. Chez elle, elle embrassa son mari et alla s’allonger en attendant l’arrivée des enfants. Elle ferait la liste le lendemain, pour le moment elle devait se reposer.
XX
Cothrin
Cela allait bientôt faire trois heures que la nuit était tombée sur ce versant de Cothrin, apportant avec elle la fraîcheur et le renouveau quotidien de la vie animale. Par chance pour les Spectres, les habitants n’avaient pas pour habitude de sortir tard le soir, et ils purent donc circuler dans la ville sans être vus. Borg modifia les codes d’accès d’un immeuble et les douze ombres se faufilèrent à l’intérieur, utilisant l’escalier pour rester discret et déboucher directement sur le toit. A cette hauteur, ils avaient une vue imprenable sur le sixième étage du bâtiment de la compagnie.
- Bien, murmura Wedge, comme prévu, Myn, Garik, Voort, Elassar et Grint avec moi. Les autres vous rester en couverture pour le moment et vous rejoignez Tropan après. Pas de liaison com’ jusqu’à ce que je vous appel pour venir nous récupérer, ok ?
Les onze silhouette hochèrent de la tête.
- Si tout le monde est bon, on y va.
Dia prit un fusil et alla s’appuyer contre le muret. Elle visa une des fenêtre et appuya sur la détente. Le grappin partit et s’accrocha à la vitre avec un bruit mât. Eras jeta un coup d’œil dans la rue et fit signe qu’il n’y avait personne. Loran posa sa poulie et se laissa glisser jusqu’à l’immeuble. Il sortit son cutter laser, découpa le verre qu’il posa sur le sol et détacha le grappin pour le fixer un peu plus loin. Il vérifia que le couloir était vide et les cinq autres pilote s’élancèrent à leur tour.
Antilles, Donos, Loran, Targon et Sabinring sécurisèrent le lieu pendant que Grint cherchait un terminal pour mettre ses plans à jours et trouver Wes. Personne sous le nom de Janson ne se trouvait dans le bâtiment, il essaya donc Erils et la console lui indiqua que l’homme avait été assigné au troisième sous-sol. Il se déconnecta en vitesse et alla rejoindre les autres qu’il trouva bras en l’air, des stormtroopers braquant leur blaster sur eux. Le bothan fit furtivement glisser le databloc dans sa poche et leva lui aussi les mains.
Le sergent allait poser une question quand il s’écroula un trou béant à la place de la tête. Les huit soldats se retournèrent vers la fenêtre et deux autres furent touchés par les tirs de Passik. Les troopers de choc coururent se mettre à l’abri, deux autres tombant pendant leur course. Les Spectres ramassèrent leur arme et entrèrent dans les bureaux. Par chance, Borg avait un brouilleur sur lui, les impériaux ne pourraient donc pas demander de renfort à moins de trouver une ligne interne, ce qu’ils risquaient de faire très rapidement.
Les pièces communiquant entre elles, les Spectres avancèrent prudemment pour surprendre les soldats de choc, qui eurent la même idée. Les deux groupes se rencontrèrent donc, chaque homme plongeant derrière un couvert. Myn passa le bras par-dessus la table qu’il avait renversée et fit un tir de couverture permettant aux cinq autres de retourner sur leurs pas. Ils se retrouvèrent dans le couloir et plongèrent dans le bureau d’en face, suivis par les stormtroopers qui avaient oublié la présence du sniper. La Twi’lek visa et fit mouche à deux reprises. En infériorité, trouvèrent sage de se rendre. Ils furent ligotés et caché dans un coin comme le furent les cadavres.
Saisissant l’occasion, Wedge fit signe à Myn et à Garik d’enfiler les armures des stormtroopers et de les conduire là où Grint leur indiquerait. Pendant que les deux hommes enfilaient les combinaisons, Wedge demanda des explications au Bothan et ils continuèrent à parler jusqu’aux turbolefts. Ils ne rencontrèrent personne pendant le trajet les menant aux ascenseurs, et ils purent se détendre un peu dés qu’ils eurent mis le pied dans le petit module. Les portes se rouvrirent quelques secondes plus tard et ils durent reprendre la comédie.
Aux sous-sols, la présence impériale se faisait déjà beaucoup plus ressentir. Tout l’étage était la copie exacte des coursives d’un destroyer et Borg faillit siffler d’admiration quand il se rappela qu’il était prisonnier. Des escouades de stormtroopers faisaient leur ronde et de temps en temps un homme en habits d’officier de pont traversait le couloir. Un officier sortit dans le couloir au moment où les groupe passait devant la porte. Le général y jeta un coup d’œil et fut bouche bée. La salle était un pont de commandement de stardestroyer, légèrement plus petite que l’original, mais tout y était. Il avait encore l’ai ahuri quand l’officier qui venait de sortir l’interpella.
- Général Antilles, c’est gentil de nous rendre une petite visite, dit le chef du service de recrutement. J’imagine que vous veniez chercher votre petit compagnon. Vous avez de la chance, sa cellule est assez grande pour vous accueillir tous les quatre. Bien jouer sergent, dit-il en s’adressant à Myn, avec un peu de chance vous devriez avoir une promotion. Conduisez les à la cellule D-45.
Le recruteur tourna les talons et se rendit dans un bureau un peu plus loin. Les Spectres utilisèrent un deuxième turbo-ascenseur qui les mena au niveau du centre de détention.
- Ouf, souffla Wedge, il ne nous a pas accompagné. Grint, connecte toi rapidement au système de sécurité, chope une séquence des caméras et fait la moi tourner en boucle jusqu’à ce que je trouve quelque chose de mieux.
Le bothan appuya sur le bouton stop du module et fit ce que Antilles lui avait demandé. Il remit l’ascenseur en route et ils arrivèrent devant les cellules. Les détenus étaient gardés par cinq stormtroopers et un officier chargé de gérer les entrées et les sorties. Borg activa la séquence, les quatre prisonniers se « libérèrentt » de leurs liens et abattirent les gardes. Sans perdre de temps, Wedge envoya Voort chercher Wes et il se mit à réfléchir à un plan de sortie. Le Gamoréen trouva la bonne cellule y entra et découvrit Janson allongé, complètement groggy par les drogues. Sabirring le fit passer par-dessus ses épaules et il rejoignit les autres. Pendant ce temps, Elassar avait libéré les sept autres détenus et leur avait fait endosser les armures de troopers.
Le Leader des Spectres expliqua la suite des événements. Les sept faux stormtroopers allaient passer devant et dégager le passage, tout en restant le plus discret possible. Le Bothan s’était connecté au terminal du centre de détention et avait modifié tous les systèmes de sécurité et de surveillance sur leur passage. L’escouade d’impériaux quitta donc les lieux, suivie à quelques minutes d’intervalles par les pilotes. Quelques tirs furent audibles, mais aucune bataille rangée ne débuta, les républicains ayant l’effet de surprise de leur côté.
Arrivés au bout du secteur D, ils empruntèrent un escalier qui montait jusqu’au deuxième sous-sol, là où, d’après les renseignements trouvés par Grint, personne ne se trouvait. En effet, l’étage était vide, et le groupe progressa vite. Le hacker, la carte sous le yeux, les guidait, et il décida de couper par une des salles qui permettait d’accéder aux ascenseurs pour le rez-de-chaussée. En entrant dans la pièce, tous les Spectres connurent le même étonnement que celui de Wedge devant la passerelle de commandement miniature.
L’endroit était bourré de simulateurs, de consoles tactiques, et d’ordinateurs d’apprentissage. Garik enleva son casque et s’approcha d’un des moniteurs. Il l’alluma et lu ce qui s’y affichait.
- Programme d’entraînement de pilote de TIE …
- Une salle d’entraînement, mais pourquoi, demanda Grint.
- J’ai de plus en plus l’impression que cet immeuble est un centre de formation.
- Mais où vont-ils trouver toutes les recrues ? Si il y avait des disparitions de masse, on serait au courant, fit remarquer Piggy.
Ses petits yeux s’agrandirent.
- Des cylindres de clonage ? …
L’un des stormtroopers venaient lui aussi d’enlever son casque.
- Non, il n’y a aucun clonage. Redock est une couverture pour recruter des hommes et des femmes qui deviendront pilote ou soldat, expliqua-t-il. J’ai moi-même été embauché pour aller sur Tynna en tant que technicien, mais je me suis retrouvé ici. Ce que vous voyez là bas, dit-il en pointant des consoles du doigt, ce sont des consoles d’endoctrinement. Par je ne sais quel miracle, j’ai résisté et c’est pour ça que je me suis retrouvé prisonnier.
Tout le monde l’avait écouté et fut estomaquer par ce qu’il venait de dire. Antilles aurait aimé fouiller un peu plus la pièce, mais Grint lui rappela que l’heure tournait et qu’il n’était pas impossible que quelqu’un débarque. Les pilotes et les anciens détenus continuèrent donc leur chemin, passant dans d’autres salles quasiment identiques, seul les programmes changeaient, passant du pilote de TIE au stormtrooper.
Ils arrivèrent enfin au rez-de-chaussée et eurent la désagréable surprise d’y découvrir un peloton de soldats qui les y attendait. A peine les portes de l’ascenseur ouvertes, les troopers firent feu et criblèrent le montant du turboleft d’impactes. Grint fut touché au bras et un des prisonnier fut percuté au niveau du thorax. Les Spectres allèrent se cacher derrière les piliers ou les énormes pots de fleurs. Sabirring essuya quelques tirs alors qu’il allait mettre Wes à l’abris. Sa peau épaisse résista aux attaques, ce qui ne l’empêcha pas d’esquisser une grimace de douleur quand un laser vint se placer au même endroit qu’un précédent tir. Un deuxième détenu s’affala. Les tirs fusaient dans tous les sens, les mûrs les renvoyant parfois, rendant le meilleur abris imparfait. C’est ainsi qu’un soldat protégé par les escalier s’effondra, tué par derrière. Les échanges de tirs durèrent pendant dix bonnes minutes pendant lesquelles trois autres civils furent tués, Loran avait du se coucher car sa main avait été brûlées, et il restait encore presque vingt stormtroopers en face.
A travers les baies vitrées, Wedge vit une lueur fondre sur les portes de l’immeuble, suivit par une seconde. La première torpille s’écrasa contre l’entrée, faisant voler les vitres blindées en éclat. La deuxième ogive explosa quelques mètres devant le mûr, l’explosion et les débris allant faucher les impériaux. Un chasseur de tête descendit sur ses rétropropulseurs, évacuant le nuage de fumée qui stagnait après les détonations. Le Z-95 se plaça devant le trou et fit feu, passant tout le hall sous ses tirs. Il s’arrêta une fois que ses capteurs indiquèrent qu’il ne restait plus que les Spectres. Il re-décolla et laissa sa place au Chance Arrogante qui déploya sa rampe d’accès. Wedge et ses hommes s’y précipitèrent et le vaisseau partit dés que tout le monde fut à l’intérieur.
XXI
Coruscant
Leia était entrain de travailler sur la liste à présenter au conseil. Elle avait déjà vingt-quatre heures de retard, et partit comme elle était partit, elle allait en avoir quarante-huit. Elle prétextait une longue analyse de la situation sur Bespin et une longue réflexion qui en découlait pour choisir les meilleurs personnes. En réalité, elle ne voulait pas avouer sa fatigue, et celle-ci l’empêchait de réfléchir plus d’une demi-heure.
Elle se massa les tempes pour se réveiller et ferma les yeux pour se concentrer. Elle les rouvrit une heure plus tard, un peu plus en forme. Se rendant compte qu’elle venait de s’assoupir, elle redoubla d’effort et se replongea dans le dossier. Il lui fallut plusieurs minutes avant de se rendre compte que la lumière de sa console clignotait. Elle accepta la communication et la voix d’Antilles fut audible.
- J’attendais votre rapport hier général.
- Désolé madame, mais nous avions quelques détails à régler sur place, et nous avons chercher un endroit tranquille pour vous contacter.
- Ce n’est pas grave, on a tous du retard à un moment ou à un autre. Je me faisait du soucis pour vous, mais si vous êtes vivant, c’est le principal. Comment c’est passée l’opération ?
- Bien, nous avons libéré le major Janson ainsi que quelques autres prisonniers. A ce sujet, je vous confirme que l’Empire a bien un lien avec Redock, et pas des moindres, le bâtiment était rempli de troopers. Nous avons déposé les civils libérés chez eux, mais je pense qu’il risque toujours un danger, Redock ayant leur identité et leur adresse.
- Je vais prévenir la personne qui s’occupe de la garnison sur Cothrin, et si il n’y en a pas, je vais envoyer un détachement. Qu’avez-vous trouvé ?
- L’immeuble sert de centre de recrutement et d’entraînement pour l’armée impériale. Les installations, bien qu’importantes, me paraissaient insuffisantes pour la formation complète des pilotes et des troopers. L’un des détenus nous à expliquer de quoi il s’agissait. Les succursales servent en réalité de centre d’endoctrinement puis les recrus sont envoyées en suite vers un complexe central où elles suivent une formation intensive. Je ne peux pas vous confirmer tout ça, Grint a réussi à prendre des informations, mais le système de sécurité a été amélioré. Dés qu’il a réussi à débloquer les dossiers et que nous avons trouvé quelque chose d’intéressant, je vous préviendrais.
- Merci général. La situation est de pire en pire et …
La liaison venait d’être coupée et l’image d’Antilles avait disparu. Leia essaya de le re-contacter mais il fut introuvable. Elle garda le regard fixé sur l’écran pendant quelques instants avant de prendre son visage dans ses mains et de pleurer. Ses nerfs venaient de lâcher.
Le Haut Conseil était de nouveau réuni à titre exceptionnel. Il n’était plus question d’accepter une quelconque liste de noms, mais de réfléchir à ce qu’il devait être fait. La chef d’Etat était encore rouge d’avoir pleurée, et les larmes l’empêchait de bien distinguer l’amiral Ackbar qui donnait les détails de l’opération menée. Les cinq conseillers se regardèrent, ne sachant trop quoi dire face à la nouvelle. Comme souvent, Fey’lya fut le premier à parler et prôna une politique interventionniste. Les discussions s’engagèrent, devenant très rapidement houleuses. Au prix d’un gros effort, Leia clarifia ses idées et demanda le silence. Elle résuma très rapidement la situation, ce qu’ils savaient de l’Empire et du Grand Amiral et posa le problème tel qu’il était maintenant : l’Empire n’était plus qu’une simple menace militaire, il était devenu une menace économique. Venait s’ajouter à cela la réalité des mondes qui avaient peur et menaçaient de prendre leur indépendance si rien n’était fait dans les plus brefs délais.
- Si l’on analyse ce que vous venez de nous dire madame la chef d’Etat, commença Borsk, tout tourne autour du Grand Amiral qui est arrivé si loin. Mais comment a-t-il fait ? D’où lui vient tout cet argent ?
- C’est une excellente question, fit remarquer Sian Thew.
- A vrai dire, concéda Ackbar, le Grand Amiral reste un mystère. Jusqu’à aujourd’hui, nous pensions que les crédits de l’Empire suffisait à le financer, mais avec la découverte qu’il possédait au moins trois destroyers de classe Executor et qu’il a fait construire des centres comme celui de Cothrin à plusieurs endroits de la Galaxie, nous sommes complètement perdus. Je ne pense pas qu’il soit la peine de vous faire une estimation du coût de construction et d’entretient de tous ces vaisseaux et infrastructures. Les ressources du Grand Amiral semblent astronomique, et j’ai peur que nous en puissions apporter une réponse à votre question pour le moment.
- C’est fâcheux, remarque Fey’lya. Alors peut-être pourrez-vous éclairer ma lanterne sur ce point, où se trouve-t-il ? D’après les interventions impériales, on peut réduire la zone de recherche au secteur Farlax, mais celui-ci comporte des milliers de mondes …
- Conseiller Fey’lya, intervint la chef d’Etat, nous savons tous que vous ne faites que chercher la vérité, mais vous posez des questions auxquelles nous ne pouvons répondre, vous le savez. Nos troupes sont disséminer partout dans la Galaxie pour tenter de régler les problèmes interne à la République, rassurer les populations et montrer notre volonté de présence partout. Les dernières crises nous ont énormément secoués, et la renaissance d’un Empire fort ne fait qu’empirer les choses. Nous ne pouvons nous permettre d’engager toutes nos forces dans une traque à l’impérial dans un secteur aussi vaste que celui de Farlax. Je pense que les Spectres sont sûr une piste intéressante, ils vont continuer de fouiller du côté de Redock et je l’espère trouver des éléments qui nous permettront d’intervenir de manière plus ciblée.
- Parlons en de Redock, dit le Bothan sans laisser les autres placer un mot, qu’allons- nous faire ? Si ce que nous a rapporté le général Antilles est vrai, nous n’aurons aucun problème à faire tomber le rideau et à tout dévoiler.
- Je pense avoir la réponse, dit la conseillère Twi’lek.
Elle adressa un large sourire à Leia et à Ackbar pour leur signifier qu’elle prenait le relais.
- Les informations fournit par le général et ses hommes ont été récolté de manière officieuse, sans avoir « l’accord » du Sénat. Une annonce publique attirerait les regards sur ce point et gâcherait l’opération de l’Escadron Spectre. N’oublions pas non plus que les autorités corithienne ont poursuivi le général pour avoir attaquer un bâtiment sur leur monde. Dévoiler que cela se faisait sous l’égide du gouvernement serait vu d’un très mauvais œil, et nos déclarations pourraient être fustigées de mensonge et de prétexte fallacieux afin de justifier la destruction inutile de l’immeuble dont la société s’efforçait à réduire le chômage chronique sur ce monde. Comprenez-vous le problème conseiller Fey’lya ?
Borsk allait encore prendre la parole afin de ne pas perdre la joute verbale mais Ackbar se leva et coupa court au débat. Le Bothan se renfrogna et rangea ses affaires, regardant la conseillère Riss d’un œil noir. Le Conseiller Baccarra se leva lui aussi et alla vers l’amiral pour s’entretenir avec lui. Leia se demanda si elle devait s’immiscer dans la conversation mais elle se dit que si cela avait la moindre importance, le Mon-Cal lui en toucherait un mot plus tard. Pour le moment il était temps de retourner chez soi, de réfléchir à ce qu’on allait dire l’après-midi et surtout de dormir. Elle fit signe à C-3PO de la suivre et ils quittèrent la salle du Conseil.
XXII
Système de Barab I
Kergala était assis dans son fauteuil à regarder l’holonews. Rien de bien nouveau à l’horizon, le gros titre du journal était toujours le changement de gouvernement sur Bespin, le reportage consistant en une série d’images de la Cité des Nuages et du nouveau Baron, suivis par les analyses des économistes sur les répercussions du contrat avec Redock ; venait après la crise entre Nam Chorios et Centares qui risquait d’affecter le trafic sur la route Perlemian ; un rapide flash sur la disparition de plusieurs dizaines de Wookies, probablement pris en esclavage par les Trandoshans ; enfin la présentatrice caridianne annonça la victoire écrasante d’une équipe d’un sport quelconque dont le Grand Amiral se fichait éperdument. Il coupa le moniteur et fit basculer son fauteuil en arrière.
Il réfléchit ainsi quelques instants avant de se relever et de faire les cent pas dans son bureau. Antilles et ses hommes avait découvert le pot aux roses dans les temps, et si tout se déroulait bien, ils découvriraient le complexe principal du secteur de Farlax dans les semaines à venir. Par contre, il fallait à tout prix qu’il se débrouille pour que les Spectres et leurs alliés évite de trop détruire les infrastructures, celles-ci continuant à fonctionner après leur passage mais de lourdes réparations étaient nécessaires. Avec deux immeubles attaqués et le troisième qui n’allait pas tarder à l’être, les pertes en matériel et en hommes commençaient à dépasser les prévisions d’Iron, il fallait trouver une solution, sinon il allait bien falloir trouver les crédits quelque part, et un de ses projets risquait d’en pâtir … Il allait se résigner à choisir la méthode facile qu’il appliquait à chaque fois qu’il ne trouvait rien d’autre quand on frappa à sa porte. Il alla ouvrir et fit un grand sourire à l’amiral qui se trouvait devant lui.
- Amiral Syag, quel plaisir de vous voir, j’avais justement l’intention de vous rendre une petite visite.
- Ce ne sera donc pas la peine monsieur, même si vous êtes toujours le bienvenu à Oblivion, les activités s’y font un peu monotones.
- Je comprends, je sais que vous auriez préféré être sur une passerelle de commandement, mais j’ai besoin d’hommes de confiance à mes côtés, et particulièrement là bas, le jeu en vaut la chandelle, non ?
- En parlant de ce jeu, je viens vous donner des nouvelles du projet Résurrection, tout va à merveille, nos hommes et nos droïdes font du très bon travail, mais ça vous le savez sûrement déjà. En outre, ce que vous devez ignorer, c’est que les pièces spéciales nous sont arrivées plus tôt, j’ai donc engagé toutes nos équipes et la construction devrait avancer deux fois plus vite.
- C’est une excellent nouvelle, cela veut dire que tout sera près dans soixante jours au lieu de cent vingt comme initialement prévu. Cela vient compenser les rapports que je viens de recevoir du projet Retrouvailles… L’Empereur restera un mystère jusque dans sa tombe, je ne sais pas comment il a bien pu faire, mais ils sont introuvables, ce qui est gênant vis à vis de nos actionnaires, je vais encore devoir les persuader que tout va bien … Vous ne voudriez pas mon post par hasard ?
- Pour rien au monde monsieur, répondit Ignos Syag, je suis très bien où je suis et j’y reste, et puis nous n’avons pas tous les même talents.
- Figurez-vous que de temps en temps je me passerais volontiers de mes talents et de tout ce qui va avec, soupira Kergala. Autre chose ?
- Non monsieur.
- Bien, alors disposez, et prévenez moi si il y a du changement.
- Oui monsieur.
Syag salua son supérieur et sortit de la pièce. Dés que la porte fut fermée, Iron recommença à faire les cent pas. Cette petite conversation avait rappelé au Grand Amiral un élément très important qu’il avait totalement oublié. Le conseiller Wookie avait dit avoir une surprise pour la République, cela signifiait déplacement officiel et en grandes pompes. L’information n’avait pas été communiquée, mais il n’avait pas besoin de ça pour savoir les choses. Restait le mystère de où cela allait se passer, il n’était pas arrivé à le déterminer. Il lui fallait aussi choisir qui allait diriger l’opération. Il savait ce qui allait se passer, et il savait surtout que l’affrontement tournerait en sa défaveur, constituant alors son premier échec. En échange, sa présence là où personne ne l’attendait allait être une victoire en somme, et il fallait parfois faire des sacrifices pour arriver à ses fins. Mais qui sacrifier … Le déclic survint et tout se mit en place en quelques instants. Il savait comment faire et l’opération allait faire d’une pierre deux coups.
XXIII
Yavin IV
La chaleur était écrasante, l’atmosphère lourde et humide. La saison des pluies arrivait, et il fallait profiter des derniers instants où l’on ne risquait pas d’être trempé sans s’y attendre. Tout le monde se trouvait donc à l’extérieur des Temples, les entraînements se déroulant sur le tarmac ou dans la forêt.
Cela faisait une semaine que Luke était revenu, une semaine qu’il avait reprit l’Académie en main, une semaine qu’il voyait Saylor devenir de plus en plus fort à une vitesse hallucinante, effrayante même. Le maître Jedi avait du mal à croire que le jeune homme ne s’était jamais entraîné autrement que tout seul dans sa clairière. Bien que freinant des quatre fers les première fois, Tarquis s’était habitué à être sous la tutelle de Skywalker, et il y prenait même un certain plaisir, un plaisir que l’on pourrait qualifié de malsain. Le padawan ne ratait jamais une occasion de se battre avec son maître, et il ne retenait pas ses coups, manquant parfois de prendre le dessus, et quand il s’agissait de travailler en équipe, Saylor faisait passer sa propre personne avant les autres, rendant les mises en situation réelles dangereuses pour le reste du groupe. Ce comportement assurait Luke dans son choix de s’occuper lui-même du jeune homme, et de lui seul. Il avait demandé à Corran, à Lï et à Katarn de se charger de ses élèves.
Le Jedi pensait au prochain exercice tout en courant entre les arbres. De loin, il surveillait les padawans qui effectuaient une mission de sauvetage. Un Jedi avait lancer un SOS indiquant qu’il avait été attaqué, mais le message avait été brouillé et les sauveteurs ne savaient pas encore ce qui les attendaient. Luke se retourna vers Lï et Kyle qui le suivait de près. Il ne restait plus que quelques centaines de mètres avant que l’équipe ne tombe sur la scène mise en place par les professeurs. Skywalker fit un signe de tête et les trois Jedis bifurquèrent d’un coup, fonçant vers leurs étudiants.
Ils attendirent le dernier moment pour sortir leur sabre et les activer, le vrombissement soudain des lames les faisant repérer. Sur cinq élèves, seul Saylor ne fut pas surpris, il était près, comme si il avait repéré ses maîtres depuis le début. Luke chargea le jeune homme qui se décala au dernier moment pour passer dans le dos de Skywalker et dégainer à cette instant. Le Jedi fit passer sa lame derrière lui et para l’attaque horizontale. Prenant appui sur un pied, il fit volte-face et se servit de la force de rotation pour contre-attaquer.
De leur côté, les autres padawans étaient en mauvaise posture. Ses deux sabres au clair, Lï’ala avait engagé deux élèves et les pauvres avait le plus grand mal à suivre les mouvements fluides et rapides de la Twi’lek. La jeune femme enchaînait les séries de coups, variant la direction des attaques, et utilisant la Force pour repérer les élèves tout en restant le plus longtemps possible dans les airs afin d’être inaccessible. Kyle, fort de son expérience, se contentait de se protéger tout en analysant à l’aide de la Force les mouvements de ses « ennemis » afin de trouver l’endroit qui était leur point faible. Leur combat fut l’affaire de quelques minutes, puis ils se tournèrent vers Luke qui se battait toujours avec le jeune Saylor.
Jusqu’à maintenant, le maître Jedi n’avait utilisé la Force que pour améliorer ses sens et sa perception de l’affrontement. La lourdeur de l’atmosphère le faisait souffrir, mais cet entraînement servait à l’élève comme au maître, et Luke mettait son corps à rude épreuve. Voyant que le combat allait s’éterniser si il n’accélérait pas la cadence. Il se concentra et il devint plus précis, obligeant Tarquis à se rabattre sur ses derniers retranchements et à parer les attaques au dernier moment, ne se laissant aucune marge de mouvement. Alors que Skywalker croyait l’exercice finit et qu’il s’apprêtait à donner le coup final, il se passa quelques chose chez le padawan, les traits de son visage changèrent imperceptiblement et un regain de force l’inonda. Ne s’y attendant absolument pas, Luke fut pris de court et le combat se termina en effet, mais ce fut le maître qui se retrouva contre un arbre, la lame jaune vif de son élève sous la gorge.
Kyle et Lï se précipitèrent pour prévenir un éventuel dérapage mais Saylor retrouva son état normal et désactiva son arme. Il fit quelques pas en arrière, s’adossa contre un tronc et se laissa glisser jusqu’au sol. Il suait à grosses gouttes, il avait le plus grand mal à bouger, mais le sourire de victoire restait quand même accroché à son visage.
Luke décréta que l’exercice était terminé et que tout le monde pouvait retourner à l’Académie et prendre une bonne douche. Il avait le souffle court, ses muscles l’étiraient et il pensait déjà aux crampes qu’il allait avoir le soir venu.
Sur le chemin du retour, il ne parla pas avec ses amis, les laissant répondre au question des quatre padawans qui voulait savoir quelles erreurs ils avaient commis et comment ils pouvaient les combler. Saylor ne vint pas le voir, et c’était temps mieux, car il n’aurait pas su quoi lui dire, le maître Jedi étant tiraillé entre l’envie de le féliciter pour ses progrès et sa dextérité au sabre et la peur de ce qu’il venait de vivre et de voir.
XXIV
Quelque part près de Lannik
L’Alliance émergea de l’hyperespace, suivit par son escorte de trois frégates d’assaut. Une myriade de petits vaisseaux tourbillonnaient autour du croiseur et des frégates, attendant avec autant d’impatience que les équipages la surprise annoncée par Baccarra. Au bout d’une demi-heure sans que rien ne se passe, une certaine effervescence s’empara du Conseil qui se trouvait sur le pont principal.
Leia commençait à sérieusement s’impatienter, malgré tout le respect et l’amitié qu’elle avait envers le représentant Wookie, elle se demandait pourquoi ils étaient tous réunis dans un endroit aussi vide que celui-là , ils avaient tous bien d’autres choses à faire que de rester planter là à attendre on ne sait quoi. Elle jeta un coup d’œil par la baie vitrée et vit un transport passé devant ses yeux.
- Quelqu’un peut-il me dire ce que fous la presse ici ! Ce rendez-vous était censé rester secret.
- Vous savez, rien ne reste secret bien longtemps de nos jours, les informations se vendent chères et les gens ferait n’importe quoi pour de l’argent, et nous ne pouvons rien faire une fois la nouvelle divulguée …
- Oui, oui, je sais, la liberté de la presse … Ce n’est pas pour dire, mais cela va faire quarante minutes que nous attendons et je tiens pas à faire ma mégère, mais nous n’avons pas toute la journée.
Le Wookie grogna quelque chose à l’intention de la chef d’Etat. Han s’approcha de sa femme et posa ses mains sur ses épaules, ses pouces commençant à la masser dans le bas de la nuque.
- Calme toi chérie, d’après le Conseiller, ils ont un peu de retard, mais il a aussi dit que c’était très important. Détends toi, fais appel à la Force, j’en sais rien, mais ne t’énerve pas, après tu es invivable.
Leia se retourna et leva les yeux vers son mari. Elle planta son regard dans celui du Corellien et un large sourire se dessina sur ses lèvres.
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Rien, il y avait longtemps que je ne t’avais pas vu en tenue de cérémonie.
- Et tu ne m’aurais pas vu si mon foutu grade de général ne m’avait pas obligé à porter ces habits … Si on m’avait demandé mon avis, je serais habillé comme d’hab.
- Mais ça te va si bien, railla Luke.
- Tu ne vas pas t’y mettre aussi ! Je hais la famille, murmura-t-il assez fort pour rester audible.
Organa-Solo et son frère éclatèrent de rire.
- C’est ça, rigolez, je serais le premier à me foutre de votre gueule quand vous vous trouverez dans une situation embarrassante.
Leia déposa un baiser sur la bouche de son mari et continua de le fixer de ses yeux malicieux avant d’aller vers l’amiral Ackbar pour mettre à profit le temps qu’ils avaient devant eux. Han resta sur place avec Luke à ses côtés. Les deux hommes regardèrent le vide spatial espérant que quelque chose ne se produise.
Ce n’est que dix minutes plus tard que l’officier tacticien annonça l’arrivée de quatre vaisseaux. Tous les regards se tournèrent vers le Wookie qui, hélas, paraissait aussi étonné que le reste de l’équipage. Tout le monde se rapprocha de la baie d’observation. La peur s’afficha sur tous les visages et les personnes présentent sur le pont reculèrent par réflexe quand l’Avare fit son apparition, escorté par le Cobra, le Réprobateur et le Rétiaire, un croiseur de classe Interdictor. La Chasse impériale décolla et vint se placer en écran devant les destroyers.
Les petits transports cessèrent immédiatement de tourbillonner dans tous les sens et foncèrent vers la sécurité des baies du croiseur républicain et des frégates d’assaut.
Ackbar se retourna vers les opérateurs et passa les consignes le plus rapidement possible. Les huit escadrons de l’Alliance quittèrent les hangars, mais il ne faisait aucun doute qu'il ne tiendrait pas face aux vingt-six escadrilles qu’avaient déployées les impériaux. Le croiseur mon-cal vira de bord, imité par les trois frégates, afin de présenter leurs canons de bâbord qui étaient plus nombreux et mieux orientés. Il ne restait plus qu’à attendre et à croiser les doigts.
Voyant le superdestroyer avancer inexorablement vers eux, Han se tourna vers Baccarra, le visage rouge de colère.
- C’est ça votre surprise ! éructa-t-il. Une embuscade ?!! On vous libère du joug de l’Empire, on fait tout pour que ces pourritures de Trandoshans vous foutent la paix, et pour nous remercier, vous nous servez sur un plateau ! Et votre sens de l’honneur Conseiller ?!
Baccarra poussa un cri d’indignation.
- Mais bien sûr que vous ne vous y attendiez pas ! Les impériaux faisait leur balade digestive et il sont tombés sur nous par le plus beau des hasards, et avec un Interdictor en plus ! Vous me prenez pour un abrutit ou quoi ?!!
Leia le saisit par le bras et se plaça devant lui. Elle l’obligea à la regarder elle et lui ordonna de se calmer et d’analyser la situation.
- Mais qu’est-ce que tu veux analyser la situation ? Elle est très claire la situation, on est en face d’un classe Executor et de deux MKII, on peut pas se barrer et le seul qui avait les coordonnés du saut c’est cette montagne de poils sans cervelle. La voilà mon analyse, et ma conclusion c’est qu’on est foutu !
Le Wookie regarda Leia puis Ackbar, le regard plein de désespoir. Le Mon-Calamari essaya de raisonner Han en lui expliquant que le Conseiller semblait sincère et aussi contrarié que peut l’être une personne mettant tous les autres en danger. Quant à l’explication de la présence impériale, une enquête ultérieure serait mené, mais Solo n’écoutait déjà plus. Il s’était défait de l’étreinte de sa femme et avait ordonné à Chewbacca de le suivre. Les deux pilotes avait prit la direction du pont d’appontage où se trouvait le Faucon Millenium. Luke partit à sa suite pour lui parler et prendre place dans la deuxième tourelle.
Les ailes républicaines étaient en prise avec les chasseurs TIE quand de nouveaux ordres furent donnés et que leur cible changea. Les ordinateur de visée se mirent à jour et le Rétiaire passa en sur-brillance dorée. Les pilotes néo-républicains décrochèrent et se précipitèrent vers le croiseur Interdictor, bientôt rejoint par le cargo YT-1300.
Les canonniers de l’Alliance reçurent la tâche difficile d’abattre les TIE qui avaient la témérité de s’approcher de trop près de la coque. Les canons laser entrèrent en action, déchirant les panneaux latéraux ou les cockpits des chasseurs impériaux. Les turbolasers furent activés dés que l’Avare fut à portée, et les quinze pièces d’arme tonnèrent d’une seule et unique voix, pilonnant de manière aussi concentrée que possible les boucliers de proue du géant.
Le Réprobateur et le Cobra étaient eux aussi arrivés à distance optimale et leur bouche à feu de front se verrouillèrent sur l’Alliance. La première salve partit quand le premier générateur gravifique explosa sous les torpilles des ailes E. Les écrans déflecteurs latéraux gauche du Cobra tressaillir quand les débris vinrent à leur rencontre.
Les générateurs de bouclier allaient céder, ce qui obligea Ackbar à ordonner la dérivation de l’énergie des générateurs tribord et des réacteurs vers ceux-ci. Avec une puissance à 30% du nominal, l’amiral ne donnait pas chère de son vaisseaux dans les minutes qui allait suivre. L’Escadron Rogue passa devant le pont de commandement, en formation serrée, poursuivant un groupe d’Intercepteur TIE. Le deuxième générateur de puits gravifique se désagrégea en même temps que le premier bouclier se dématérialisa.
Les rapports venaient de toutes parts, les chasseurs expliquant qu’en vue de la tournure que prenait l’affrontement, le troisième générateur allait être quasi impossible à détruire ; les frégates n’étaient pas en meilleure posture puisque le Bouclier venait de voir ses réacteurs être détruits sous les passages incessants des TIE, le Moonlight avait perdu tous ses systèmes de contrôle et de direction et ne pouvait arrêter sa course qui le menait droit vers les profondeurs de l’espace ; et le Sunrise avait été la première victime des destroyer puisqu’il s’était trouvé entre l’Avare et l’Alliance.
Le Mon-Calmari entendit quelqu’un courir derrière lui. Il regarda machinalement par-dessus son épaule et vit un officier qui lui apportait un papier qui, au vu de l’expression du Quarren, ne présageait rien de bon.
Cruskot se tenait debout sur le pont de l’Avare, les bras croisés dans le dos, il savourait avec délectation l’engeance rebelle se faire tailler en pièce. D’après ses calculs, les boucliers du croiseur ennemi n’allait pas tarder à s’effondrer, et ils assisteraient alors à l’un des plus beaux spectacles que la Galaxie puisse offrir, mille trois cents mètre de duracier qui s’embraserait, entrerait en fusion sous les attaques impériales, transformant l’Alliance en cimetière. Des chasseurs explosaient tout autour de lui, et peu importait qu’il s’agisse d’un pilote impérial ou républicain, chacune d’elle le rendait plus heureux.
Bien sûr que la destruction du premier générateur était rageante, mais comment pouvait-on s’inquiéter alors que les trois frégates était hors d’usage, les flammes léchant leur parois. En écoutant bien et avec un peu d’imagination, il pouvait entendre les cris des défunts équipages, et bientôt il entendrait ceux du Haut Conseil. Il récupérerait les capsules de sauvetage et commanderais lui-même l’exécution de tous les xénos. Chaque race présente aurait sa propre mort, il faisait confiance à son esprit torturé pour trouver les différentes manières.
Au loin, il pu apercevoir les pauvres aéronefs de l’holonews qui étaient encore en vol essayer désespérément de se faire petit pour ne pas attirer l’attention des pilotes et des artilleurs impériaux.
« Au moins ils en ont pour leur argent. » pensa-t-il.
L’officier tactique l’appela et Cruskot se rendit à ses côtés. Le deuxième générateur explosa, faisant sursauter une bonne partie des membres d’équipage. Ecker ne sourcilla même pas, trop emplie d’autosatisfaction pour noter un perte supplémentaire. Le Rétiaire avait encore deux générateurs opérationnels, c’était largement suffisant pour finir le travail. L’amiral perdit son sourire quand il vit son subalterne les yeux fixé sur le dôme enflammé. Il lui tapa derrière la tête pour le rappeler à l’ordre et le gratifia d’un nouveau sourire.
- Vaisseau en sortit de l’hyperespace dans cinq minutes monsieur.
- Parfait, Brezen est en avance, il va pouvoir assister à mon triomphe.
Un vaisseau gigantesque s’interposa entre l’Avare et l’Alliance, faisant cesser les tirs de part et d’autre. Il resta ainsi pendant plusieurs minutes, sans donner signe de vie. Les turbolasers de son flanc gauche prirent acquisition de leur cible et firent feu de manière synchrone. Près de deux cents charges d’énergie pure convergèrent vers leur but pendant qu’une centaine de chasseurs se déversaient dans l’espace pour réduire l’ennemi à néant. Le bâtiment continua à déverser son torrent de laser. Les canonniers changèrent de cible et continuèrent leur besogne, rependant la mort à chaque pression sur la détente.
Les chasseurs à l’allure si particulière louvoyaient entre les reliefs du vaisseau mère, tirant sur les pilotes qui avaient le malheur de se retrouver au centre de leur collimateur.
Ecker était atterré, un bâtiment de guerre plus gros que l’Avare venait de passer en subluminique. Pendant les cinq minutes durant lesquels rien ne se produisit, l’amiral étudia le nouvel arrivant puis il ouvrit des grands yeux quand les pièces d’arme du titan se muèrent et dans sa direction. Il assista en directe au bombardement en règle du Réprobateur qui ne pu tenir face à la colossale démonstration de puissance que leur faisait l’inconnu. Le monstre se concentra sur la passerelle de commandement du destroyer, la première bordée de tir ainsi que la suivante se dispersant au contact des écrans déflecteurs, mais la troisième passa, laminant littéralement le pont.
Il regarda médusé les tourelles pivoter, la bouche des canons passer sous ses yeux et se focaliser sur le Cobra. Pendant un instant, il avait retenu sa respiration mais il se détendit quand il vit que ce n’était pas lui qui était prit pour cible. Quoi qu’il en soit, son triomphe semblait compromis, et tant qu’à subir une cuisante défaite, autant la subir vivant.
- Officier, demi-tour toute, dîtes au Rétiaire de désactiver ses générateurs.
- C’est fait monsieur.
- Parfait, et bien faites nous passer en hyperespace.
- Impossible monsieur, la vaisseau inconnu nous en empêche.
Cruskot jura et retourna à son post devant la baie d’observation. Si il voulait la guerre, il aurait la guerre. Il ordonna de faire feu sur le monstre et de le réduire en miette. L’officier tactique transmis les ordres et hésita à annoncer à son supérieur que les artilleurs ne pouvaient verrouiller le nouvel arrivant. Les tubes lance-missiles devenaient dés lors inutilisables, et visée sans assistance comportait des risque, comme celui de toucher un allié. L’amiral se moquait des tirs que l’on qualifiait d’ami, il fallait se débarrasser de cet obstacle et vite.
Les nouveaux chasseurs avait fini de s’occuper de la Chasse impériale et se dirigeaient maintenant vers l’Avare. Les canons lasers tentèrent de les toucher, mais sans assistance, la manœuvre était impossible, et les assaillants n’eurent aucun mal à passer sous les défenses du destroyer et à se faufiler entre les tourelles.
Ecker abattait rageusement son poing contre la console de commandement. Une demande de liaison lui intervint et il s’empressa de l’ouvrir, pensant qu’il s’agissait de Brezen. Au lieu de la voix grave du commodore, ce fut le ton railleur de Solo qui sortit des enceintes.
- Ici le général Solo de la Nouvelle République, qui que vous soyez, vous êtes dans de beaux draps. Aujourd’hui, c’est notre grand jour de bonté et nous acceptons la reddition, mais c’est bien parce que c’est vous, et qu’on ne vous y reprenne pas !
Les deux destroyer du commodore Brezen coupèrent leur hyperdrive, repassant en vitesse de croisière. Des milliers de débris de toutes les tailles vinrent percuter les boucliers du Faussaire. Les turbolasers furent activés et commencèrent à tirer sur les fragments de coque. Firmus demanda un scan complet du secteur et le rapport le surpris. Lui qui s’attendait à ce que l’analyse soit porteuse de bonnes nouvelles, il fut déçu. Un énorme morceau de duracier passa devant le post d’observation. Il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait d’une partie d’un destroyer, et la console confirma que c’était les reste du Cobra. Le commodore déglutit et une boule se forma dans sa gorge. Il respira profondément et se retourna pour ordonner le départ, il n’y avait rien d’autre à tirer de ce champs de ruines. Seul point positif, aucune trace de l’Avare, cela signifiait que le vieil amiral s’en était sortit, et tant mieux.
Il ordonna un dernier scan pour trouver de possible capsules de sauvetage, mais la recherche se révéla négative. Il demanda le départ et retourna dans son bureau pour préparer son rapport, le Grand Amiral n’allait sûrement pas apprécier la perte de deux destroyer MKII et d’un Interdictor. Quant à la nouvelle au sujet d’Ecker, il n’était pas sûr de la réaction de Kergala.
Solo regardait le vortex bleu électrique du tube hyperspatial défiler devant les baies de l’Alliance. Il repensait à la crise qu’il avait fait quelques heures auparavant. Il n’en revenait pas, ce n’était pas lui, et pourtant, il avait bien insulté le Conseiller. En revenant sur le pont du croiseur mon-cal, juste avant le passage en vitesse lumière, Baccarra avant tendu le bras vers l’énorme vaisseau et avait dit qu’elle était là sa surprise. Han s’était décomposé, penaud, et n’avait pas pu regarder le Wookie quand il lui avait fait ses plus plates excuses. Baccarra partit d’un rire gutturale et lui avait donné une « petite » tape dans le dos qui lui avait probablement fêlé une omoplate. Puis il s’était excusé auprès du Conseil et de tous les membres du pont de s’être emporté ainsi. L’heure étant aux réjouissances, personne n’eut l’air de lui en tenir rigueur, et la flotte était partie, escortée par le croiseur Wookie.
Le Corellien regarda le pont sur lequel il était quasiment seul. Le voyage allait être long, et l’amiral avait accordé dix heures de quartier libre pour tout le monde, seuls quelques volontaires restant de garde au cas où. Le général traversa la passerelle, salua les officier et emprunta le turboleft qui le fit descendre jusqu’au quartiers officiels. Il passa en vitesse devant le mess où quelqu’un voulant lui parler pouvait se trouver et il entra dans ses appartements.
Marchant sur la pointe des pieds, il se cogna contre le coin de la table basse et il rejoignit sa femme, se retenant tant bien que mal de crier. Leia dormait profondément, ses longs cheveux détachés ondulant autour de son visage. Il vit qu’elle portait sa nuisette en satin de Corellia qu’il lui avait offerte et qu’il aimait tant. Tout en restant le plus discret possible, il se déshabilla, régla le réveil une heure avant leur arrivée et se glissa dans le lit. Il l’a couvrit de baisers avant de s’allonger et d’avoir un rictus de douleur quand son dos qui l’élançait encore toucha le matelas.
Commentaires des internautes :
Personne n'a encore donné d'avis sur cette nouvelle
Rédigez votre commentaire :
(Si vous avez une question, pensez à venir la poser sur le forum plutôt que sur les commentaires)
|