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Les Cauchemars de la Nouvelle République - Promesse et Manipulations - Chap 8 à 15
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VIII
Système de Barab I
Kergala travaillait dans son bureau. L’opération au-dessus de Proxima III avait été une totale réussite, il devait donc préparer ses prochains coups. En prouvant à la République qu’il connaissait ses plans à l’avance il l’avait sérieusement ébranlée, et il ne comptait pas en rester là. Pour que ses souhaits se réalisent dans leur intégralité, il fallait qu’elle perde toute légitimité. Iron ne pourrait pas supporter que des complications gâchent sa réussite et l’empêchent de tenir sa promesse.
Le Grand Amiral attendait le compte rendu de Cruskot. Encore une fois il devrait feindre la surprise, c’était un des désavantages de tout savoir en temps réel , mais il était hors de question qu’il reste déconnecté de tout ce qui se passait autour de lui.
Sa console clignota. Il accepta la liaison interne et une image d’Olso apparue. L’officier mit du temps avant de réagir. Ses yeux étaient fixés sur le visage de son supérieur. Iron faillit éclater de rire. Décidément, ce pauvre Kell avait du mal à s’habituer à son apparente jeunesse. L’effet produit rassurait Kergala, il était la preuve de sa bonne santé.
- Qu’y a-t-il lieutenant ?
- Je vous pris de bien vouloir m’excuser Amiral, j’étais perdu dans mes pensés, chose inacceptable.
- Peu importe, nous avons tous nos petits soucis. Que vouliez-vous ?
- Une communication en provenance du Réprobateur monsieur. L’amiral Cruskot dit que c’est de la première importance.
- Important pour qui ? murmura Kergala.
- Pardon monsieur ?
- Rien, réflexion personnelle. Passez-moi l’amiral, ne le faisons pas attendre plus longtemps.
L’holoprojection d’Ecker se stabilisa sur la grille du projecteur. L’homme avait l’air heureux, ce qui exaspéra Kergala, sûrement devait-il attendre quelque chose, et il allait devoir le lui donner, mais moyennant compensation.
- Amiral Cruskot, j’ose espérer que vous êtes porteur de bonnes nouvelles.
- Mon destroyer est plein de bonnes nouvelles ! Tout s’est passé à merveille, la station a fait du travail remarquable, nous n’avons fait que passer le balai. Et puis ces nouveaux TIE, des pures merveilles, rapides, puissants et robustes. Nous n’aurions pas été là que le résultat aurait probablement été le même.
- Ne dites pas cela, répondit-il.
" Vous n’en pensez pas un traître mot " se dit Iron.
- Vous avez évité que la station ne soit complètement détruite, reprit-il.
- C’est possible, nous ne le saurons jamais, dit-il avec un faux air de regret. Solo c’est enfuit avec le dernier Libérator, laissant le MC-80 et les blessés sur place. Leurs pertes sont estimées à 75-80 %. Quant à nous, nous ne déplorons qu’un dôme et une cinquantaine de chasseurs, c’est tout.
" Tout cela je le sais déjà idiot, mais ça à l’air de te faire plaisir de me prouver que ton intervention a été salvatrice. Si seulement tu savais… "
- Excellent amiral, je saurais à qui faire appel lors de la prochaine offensive. En ce qui concerne les affectations, vous pouvez préparer vos valises, le prochain superdestroyer est pour vous.
Cruskot faillit s’étouffer, il ne s’attendait pas à une telle promotion, et Kergala le savait. Le mettre au commandement de l’Avare le calmerait pendant un temps et c’était indispensable pour la suite de son plan, mais ça, ils n’étaient que deux à le savoir. Il se délecta encore quelques instants de l’air réjoui de son subordonné et infligea le coup de grâce.
- En ce qui concerne les prisonniers, je vais aviser de ce que je vais faire d’eux et de leur vaisseau. Jusque là, gardez les tous vivants et en bon état, sinon ils n’auront plus aucune valeur.
Cruskot faillit une nouvelle fois s’étouffer, mais pour la raison contraire cette fois-ci. La colère monta en lui, faisant tomber le masque des bonnes manières. Il arriva à se maîtriser, l’appât de sa prochaine affectation aidant.
N’ayant plus rien à se dire, et ne supportant plus de voir le visage de l’interlocuteur, les deux hommes finirent sur une note de convenance et coupèrent la communication.
Kergala se carra dans son fauteuil et plongea son regard dans le vide. Les prototypes des deux projets étaient opérationnels et surpassaient toutes les attentes. La station de classe Corps Stellaire et les TIE Infiltrator se montrait être une combinaison implacable. Il ne restait plus qu’à apporter la dernière touche et la production pourrait commencer. Il avertirait les chantiers de construction plus tard, pour le moment, une autre affaire requérait toute son attention.
Il entra dans sa banque de données et chercha des informations sur Bespin. Comme prévu, les élections du nouveau baron administrateur avaient lieu dans quelques semaines. Les candidats n’avaient pas changé, le représentant sortant, un humain non affilié, et son adversaire de la Nouvelle République. Le bureau des candidatures n’était pas encore clos, mais cela n’allait tarder. Kergala devait donc trouver quelqu’un à présenter à l’investiture. Il fallait une personne assez intelligente pour gérer la Cité des Nuages, et assez influençable pour garder la main mise. Il n’avait pas le droit à l’erreur, l’enjeu était trop important.
Depuis le début de la guerre civile galactique, les compagnies de Bespin s’étaient contenté de fournir les deux camps, ne s’attachant qu’à la somme de crédits et non pas à la provenance. L’Empire avait bien essayé d’installer un blocus et l’exclusivité par la force, mais les rebelles les avaient contournés en se servant directement. Aujourd’hui, une autre attaque militaire serait trop dangereuse, d’autant pus que le gouvernement avait les moyens de contre-attaquer. Cela ne serait qu’une perte inutile de crédits et d’hommes. Si la population décidait de mettre un des politiciens impériaux au pouvoir, la donne serait différente, une opposition ne serait plus possible. Bien sûr, il faudrait camoufler l’opération, mais ce n’était qu’un détail.
Ne restait plus qu’à désigner la dite personne. Kergala eut beau tourner et retourner la question dans tous les sens, aucune réponse ne lui vint. Iron jeta un coup d’œil à son horloge et décida d’en rester là pour aujourd’hui. Il éteignit le terminal et passa dans ses appartements.
Intérieurement, il espérait passer une meilleure nuit que les précédentes, tourmentées par de nombreux cauchemars. Il fit un saut à la salle de bain puis alla dans sa chambre. Il se déshabilla, éteignit les lumières et se glissa dans son lit. Seul l’immense aquarium situé dans la salle principale diffusait son éclairage bleuté.
Il eut du mal à s'endormir. Iron n'aimait pas finir une journée sur un problème irrésolu, et plus particulièrement sur un problème de cette importance. Il se concentra une dernière fois et sonda toutes ses possibilités mais aucune ne se démarqua des autres. Il coupa court à ses recherches en se remémorant ce vieux proverbe impérial "la nuit porte conseil". Il ferma les yeux et plongea immédiatement dans un rpofond sommeil qui, encoe une fois, fut hanté par les souvenirs de son passé.
IX
Coruscant
Le Faucon sortit de l’hyperespace dans le système de Coruscant.
Trois jours que l’affrontement au-dessus de Proxima III avait eu lieu. La flotte avait rejoint la planète républicaine la plus proche. Ils avaient attendu avant d’envoyer une sonde qui avait révélé que le système avait été abandonné par les impériaux, et bien sûr, aucune trace des républicains. Han était donc revenu dans le centre de la Galaxie, incapable de se convaincre que son choix avait été le bon, malgré ce que Leia lui avait dit, ainsi que nombre d’autres personnes telles que Wedge, Ackbar, Luke et Lando. Malgré ça , le Corellien n’arrivait pas à être réconforté, et pour la première fois de sa vie, il appréhendait la rencontre avec le Haut Conseil.
Solo demanda l’autorisation de passer les boucliers planétaires, donna ses codes d’accès prioritaire pour pouvoir atterrir sur une des plates-formes du palais et entra dans l’atmosphère. La circulation était normale, des milliers de speeders et de vaisseaux en tous genres volant sur les grands axes de circulation et d’autres ne respectant pas le code de conduite. Aujourd’hui, Han faisait partie des pilotes qui volaient en " roue libre ", et les agents n’avaient pas intérêt à le lui faire remarquer.
Il arriva aux abords du palais et dû une nouvelle fois transmettre ses codes d’identification. Il plaça son vaisseau en vol stationnaire et attendit que la bureaucratie fasse son travail et que le contrôleur lui indique une plate-forme. Il remercia le fonctionnaire de la manière la plus polie possible, le pauvre n’y étant pour rien.
Le Faucon atterrit doucement près de l’aile Est du bâtiment. Leia attendait son mari sur le tarmac, l’air préoccupé. Elle le serra dans ses bras dés que celui-ci eut posé le pied à terre. Elle l’embrassa et le regarda dans les yeux. Il n’avait vraiment pas bonne mine, et elle se demandait si une confrontation aussi rapide avec les Conseillers était une bonne idée. Elle posa la question au Corellien qui répondit que plus vite la cession serait passé, plus vite il pourrait rentrer chez lui et se reposer. Elle lui fit un sourire triste et il se dirigèrent vers les portes du palais.
Tout le monde était déjà installé quand le couple arriva dans la salle du Conseil. Han fit une grimace en voyant tous ces visages qui se tournèrent vers lui. Son regard croisa celui du conseiller Fey’lya et Solo ne pu le soutenir, il se sentait trop coupable. Leia détecta très rapidement l’état de son mari et s’empressa de prendre la parole.
- Le général Solo que nous avions envoyé à Farlax est, comme vous pouvez le constater, de retour, dit-elle
- Il n’a pas l’air en forme, fit remarquer le Bothan.
La chef d’Etat le fusilla du regard.
- Il est dans l’état d’un homme qui vient de perdre 80% des effectifs qui lui avaient étés confiés, et cela sans pouvoir réagir.
Des murmures parcoururent l’assistance. Leia savait pertinemment que les avis étaient partagés au sujet des choix de Han. Elle leva un bras pour intimer le silence et pouvoir parler, mais le Corellien fut plus rapide qu’elle.
- Je vous prie messieurs de bien vouloir me croire quand je dis être le premier à m’en vouloir pour la mort de tant de nos hommes.
Nouveau murmure.
- Et je vous prie aussi de croire que, aussi contestables qu’ils puissent être, mes choix ont été les plus rationnels en vue de la situation dans laquelle nous nous trouvions.
Quelques têtes approuvèrent la déclaration du général. Solo fut rassuré par ces approbations. Fey’lya leva la main pour demander la parole et la prit avant même qu’elle ne lui soit accordée.
- J’imagine que par rationnel, vous entendez réfléchi et donc justifié. Alors comment expliquez-vous votre décision d’effectuer une attaque frontale de la station, mettant ainsi toute la flotte, et plus particulièrement les unités vulnérables, à la merci de celle-ci ?
Han devint rouge devant un tel affront. Il savait que Fey’lya était capable de tout, sous prétexte de rechercher la vérité, mais pas d’une remarque aussi offensante. Il était prit de court car il ne pensait pas que le rapport aurait déjà pu se trouver entre les mains du Conseil.
- Je … Je …, bafouilla-t-il, je ne peux pas l’expliquer. J’ai eu l’impression que quelque chose de grave allait arriver, et qu’il fallait à tout prix partir. La suite des événements m’a donné raison puisque des destroyers sont venus en renfort.
- Auriez-vous des dons de voyance général Solo ? Arrêtez-moi si je me trompe, mais vous avez donné l’ordre à la flotte de vous suivre, le capitaine du Vainqueur de l’Empire s’y est sommairement opposé, mais vous n’en avez pas tenu compte, rétorquant qu’il y aurait tout le temps de critiquer vos décisions après la bataille. Une dizaine de minutes s’est écoulée entre le début de votre attaque suicide et l’arrivée des destroyers, cela signifie que vos radars, aussi performant soient-ils, n’ont pas pu les détecter aussi tôt.
Han ne savait pas quoi répondre. Tout ce que disait Fey’lya était vrai, et ils le savaient tous les deux. Solo avait longuement réfléchi à ce qui avait pu développer ce pressentiment chez lui et il n’avait pas trouvé de réponse. La seule explication qu’il avait trouvée n’était pas plausible, il se refusait à croire que la Force y était pour quoi que ce soit dans cette affaire. Il hésita tout de même à soumettre l’idée mais Wedge lui évita cette possible ridiculisation.
- Conseiller Fey’lya, vos questions sont fondées, mais nous ne sommes pas là pour juger le général Solo, une enquête sera mener dans ce but, nous sommes là pour analyser les faits et définir notre position face à cette attaque.
Antilles posa son regard sur Han et celui-ci le remercia d’un signe de tête.
- Vous avez raison général, répondit le Bothan, et je m’excuse pour les propos que je viens de tenir, ils n’avaient pas pour but d’attaquer le général Solo ni de remettre en question son discernement, mais je voulais comprendre ce qui s’était passé.
- Et c’est tout à votre honneur, dit Ackbar, nous nous efforçons de le comprendre aussi. Face à une telle situation, deux options s’ouvrent à nous. La première, renforcer massivement les unités déployées dans le secteur de Farlax et déclencher la confrontation. Les ressources qui seront mobilisées seront très importantes, et je ne suis pas sûr que dans l’état actuel nous puissions nous le permettre. Deuxième possibilité, attendre et accumuler le plus d’informations possibles. Ainsi nous organiserons nos actions de manière plus concentrée et donc plus efficace, le seul défaut, c’est que l’Empire pourra continuer ses attaques sans véritable opposition. De plus, nous partons de zéro, ou presque, étant donné que Proxima III a été complètement abandonnées. Cela signifie aussi que nous ne sommes pas tombés dessus par hasard, et que l’Empire a donc un voir plusieurs coups d’avance sur nous.
- Les rapports de nos informateurs sur place sont catégoriques, intervint le général Cracken, la système Proxima III est connu pour être inhabité et complètement inintéressant. Les autorités en charge du système solaire nous ont affirmé que la station ne s’y trouvait pas ne serait-ce que vingt-quatre heures avant l’attaque. Et non, continua-t-il voyant que Fey’lya allait une nouvelle fois intervenir, les mondes entourant le lieu de la bataille ne peuvent pas être sous la botte de l’Empire, ils l’ont été trop longtemps pour accepter d’y retourner. Farlax représentait une porte directe vers la capitale, l’Empereur avait ordonné la mise sous quarantaine militaire du secteur, il n’y a donc aucun risque quant à la possibilité qu’ils soient passés à l’ennemi.
- Mais enfin, c’est tout de même incroyable ! Des flottes qui disparaissent, une station qui se balade, l’ombre de l’Empire qui planent sur les systèmes, énuméra Thiew, et personne n’a rien vu ! Soit les techniciens de l’Empire ont doté tous les vaisseaux de champs d’invisibilité, soit il y a quelque chose qui ne tourne vraiment pas rond dans ce coin de la Galaxie.
- Nous allons demander aux avant-postes d’intensifier leur recherches, annonça Rieekan. Comme vient de le dire l’amiral, nous n’avons que deux possibilités pour le moment, mais mobilisé toute la flotte me paraît surréaliste et très dangereux pour le moment. Je ne vois que la seconde option, accumuler le plus d’informations possible puis intervenir en connaissance de cause. Si l’Empire fait dans le tactique autant jouer sur le même terrain et essayer de l’y battre.
Rieekan attendit un commentaire d’Ackbar mais celui-ci ne vint pas. Le Mon-Calamari était en compagnie d’un officier qui venait d’arriver. L’homme lui parlait à l’oreille et Ackbar écoutait attentivement. Tous les regards se tournèrent vers lui, le Conseillers et les généraux se demandant ce qui pouvait bien se passer pour que l'officier dérange la réunion. L’amiral fronça les sourcils l’air préoccupé. Il congédia son subalterne, se tourna vers les écrans muraux et activa la commande vocale.
- Que se passe-t-il, demanda Leia.
- Aucune idée, répondit-il, mais j’ai bien peur que ce ne soit pas bon.
L’image de l’amiral Rebort se stabilisa. Le grand homme à la moustache fine salua l’assemblée avant de se tourner plus précisément vers Ackbar.
- Je viens d’être prévenu amiral, dit l’amphibien. Qu’y a-t-il exactement ?
- Nos balises de détection ont repéré un vaisseau en provenance du secteur de Farlax monsieur. Il ne figure sur aucune liste et est bien trop gros pour être un simple transport.
- Une attaque ?
- J’en doute, si c’était une avant-garde, nous aurions détecté d’autre bâtiments, mais il est tout seul.
- Une idée de ce que cela pourrait être.
- Difficile à dire monsieur, mais les réacteurs semblent être ceux d’un croiseur MC-80. Nous n’en sommes pas sûrs amiral. La sortie en hyperespace devrait avoir lieu d’ici cinq minutes. Que devons-nous faire ?
- Je ne pense pas que cela soit une menace prioritaire. Dites aux stations de défenses de braquer leurs canons à ion sur le point de sortie. Mettez tout de même la flotte en alerte jaune, il pourrait s’agir d’un attentat. Pour le reste, attendez mes instructions.
- Bien amiral. Rebort terminé.
Thacot disparu et le plan changea, les écrans rediffusant les images prisent par les caméras de la flotte. Au loin on pouvait voir les pièces d’armes des Golan tourner doucement vers la future position de l’inconnu. Toute la salle avait le regard fixé sur les moniteurs, attendant de voir ce qui se passait.
Comme l’avait prédit Rebort, un croiseur mon-calamari en piteux état réapparut dans l’espace de la capitale. Han plissa les yeux pour mieux distinguer les formes du croiseur républicain.
- Mais c’est le Victoire d’Endor !
- Passez en alerte rouge, ordonna Ackbar, dites à la flotte de se positionner autour du Victoire. Que les chasseurs se tiennent prêt à décoller.
Le vaisseau s’approcha tranquillement de la planète, son armement désactivé. Il n’avait pas l’air d’être dangereux, mais l’amiral restait méfiant, l’Empire avait déjà utiliser des bâtiments à l’allure inoffensive pour tendre un piège. Alors que le croiseur ne se trouvait plus qu’à quelques kilomètres du premier Bulwark, l’ordre de l’immobiliser fut donné. Les charges furent absorbées par les boucliers mais les moteurs se coupèrent quand même. Cinq longues minutes passèrent sans que rien ne se passe. Tout le monde commençait à se demander à quoi cela rimait quand les transmissions furent interrompues par intermittence puis complètement. Les écrans grésillèrent pendant quelques secondes avant que le signe impérial ne s’affiche. Lui succéda alors la vidéo d’un homme ayant la quarantaine, grand, brun, les yeux vert et portant les habits et les attributs du Grand Amiral. L’homme fit durer le suspense avant de prendre la parole.
- Je suis le Grand Amiral Iron Kergala, Commandeur Suprême de la flotte impériale. Ce message n’est pas une demande de sédition, celle-ci viendra plus tard. Ce qui s’est passé dans le secteur de Farlax n’était qu’un avant goût de ma puissance. La station de classe Corps Céleste que le général Solo a dû affronter est un des nombreux projet mis en place par nos centres de recherche. Sachez aussi que j’ai rassemblé une grande partie des vestiges. Je ne pense pas qu’il soit la peine de vous énumérez les effectifs dont je dispose, vous vous doutez bien que ceux-ci sont important, et ils grossissent régulièrement. Cette intervention de ma part n’a aucun but précis, si ce n’est de me présenter, il est toujours préférable de connaître son adversaire. Mes prochaines interventions à votre égard seront militaires et celles-ci vont se faire de plus en plus nombreuse. Nous avons atteint un niveau qui nous permet de refaire surface sans que cela ne nuise à notre sécurité. Je tiens à ce que vous vous souveniez de chacun de mes mots, ceux-ci vont prendre tout leur sens dans les semaines à venir. Je vous remercie de votre attention.
Kergala partit et le symbole de l’Empire revint. Puis les images du croiseur se réaffichèrent. Le vaisseau n’avait pas bougé d’un pouce. La console de l’amiral bipa. Il lut la note qui l’informait que la vidéo avait été enregistrée et diffusée à partir du Victoire d’Endor. Il se retourna vers le Conseil qui regardait toujours les écrans. Il se retourna et vit le croiseur qui faisait demi-tour, aussi paisiblement que lors de son arrivée. Il s’éloigna de la flotte et se mit en position de saut hyperspatial. La manœuvre étonna le Haut Commandement puisque les frégates CC empêchaient le passage en vitesse lumière, l’Empire ne pouvait ignorer ce point. Les réacteurs se mirent à trembler sous la poussée des turbines. Au moment de partir, la proue explosa. Une réaction en chaîne démarra, les charges de démolition se trouvant dans le croiseur implosant une par une. Le vaisseau fut détruit de l’intérieur, les déflagrations coupant le croiseur en plusieurs parties. Les débris furent projetés à très grande vitesse, certains venant frotter contre les écrans déflecteurs des bâtiments néo-républicains. Les gros morceaux de coque encore entier furent déchirés à leur tour par des charges secondaires. Il ne restait quasiment plus rien du croiseur.
Ackbar demanda la fin de la procédure d’alerte et d’entamer celle de récupération de ce qui restait du Victoire. Il soupira et fit tourner son siège pour se retrouver face aux autres. Alors que les Conseillers restaient bouche bée devant l’intervention du Grand Amiral, Madine, Cracken et Rieekan avait déjà leur comlink en main et passaient les consignes qui étaient de mise. Cracken fit un signe de tête à son supérieur pour lui signifier que l’analyse de la vidéo et les recherches concernant Kergala venaient d’être lancés.
Le Mon-Calamari annonça la fin de la séance et fut le premier à quitter la salle, prenant la direction des plates-formes d’atterrissage pour rejoindre l’amiral Rebort sur le Naissance de la Nouvelle République.
X
Coruscant
Wedge était assis derrière son bureau à ressasser les derniers jours. Un verre de brandy correlien à la main, il avait le regard vide, absent. Officiellement, les services d’espionnage et d’informations travaillaient toujours sur le cas Kergala, mais officieusement ce n’était plus le cas. Antilles avait parler avec Airen, et celui-ci lui avait confirmé que les pistes qu’ils avaient trouvées ne menaient pas bien loin. Ils en avaient encore beaucoup à explorer, mais Cracken avait peur que ce ne soit guère plus utile. La nouvelle, même si elle avait surpris le général, lui semblait logique. Le Grand Amiral l’avait dit dans son message, il intervenait notamment pour se présenter. Ce n’est pas le comportement d’une personne qui sait qu’en faisant cela, l’ennemi allait faire des recherches et tout savoir sur lui. Il y avait bien quelques impériaux haut placé qui était assez idiot pour le faire, et généralement ils se rendaient compte de leur erreur bien assez vite. Mais pour le peu de chose qu’il savait sur Kergala, il n’avait pas l’air d’en faire partie. Il avait donc sciemment révélé son identité, sachant qu’on ne trouverait rien sur lui, et cela dans le seul but de prouver sa supériorité.
Il était fâcheux de voir qu’un homme aussi intelligent face surface à ce moment précis. Comme l’avait souligné Ackbar, les plaies ouvertes par la crise yevethas n’étaient pas encore pansées, et les attentats survenus il y a quelques mois n’avaient rien arrangé. Si, comme le disait le Grand Amiral, il avait bien réussi à réunir une grande partie des vestiges, il ne lui suffirait que de très peu de temps pour déstabiliser la République. Celle-ci avait toujours été fragile, mais aujourd’hui plus que jamais. Hélas, les deux possibilités qui semblaient s’imposer n’étaient pas meilleure l’une que l’autre. Soit le Haut Commandement de la flotte décidait de jouer le jeu de l’Empire et d’attaquer tout de suite, et Wedge doutait de la réussite de l’opération ; soit il attendait de savoir exactement où et quand attaquer, mais dans ce cas là, la population risquait de lui faire payer son inaction, et le gouvernement n’avait pas besoin de voir apparaître des mouvements contestataires.
Il finit son verre d’une traite et le posa sur son bureau. Il décida d’aller se dégourdir les jambes quand on frappa à la porte. Il se leva et alla ouvrir. L’Amiral Ackbar se trouvait devant lui, un databloc à la main.
- Vous avez du temps à me consacrer ?
- Bien sûr amiral. Je m’apprêtais à aller marcher un peu. Peut-être pouvons-nous faire les deux ?
- Sans aucun problème.
Antilles alla récupérer sa veste et rejoignit le non-humain. Il prirent la direction de l’entrée principale du palais et se retrouvèrent sur le parvis. Comme tous les étés, la place était bondée de monde. Même s’il y avait beaucoup de personnes qui travaillaient au sein du palais il y avait encore plus de touristes et de promeneurs qui venaient voir les expositions de statues et de sculptures diverses et variées. Les deux militaires furent vite remarqués et les gens se poussaient pour ne pas les déranger. Ils quittèrent le bruit de la foule pour se retrouver dans les jardins extérieures occupés par les couples ou des groupes bronzant sur les pelouses. Le cadre était plus calme et donc plus propice à une discussion.
Ackbar tendit le datapad à Wedge et commença à parler.
- Je sors d’une réunion avec le Haut Commandement. J’imagine que vous vous rappelez de notre discussion sur nos options.
- Oui, je m’en souviens, j’étais justement en train d’y penser quand vous êtes arrivé.
- Eh bien nous avons pensé à une autre possibilité. Celle-ci n’a pas encore l’accord du Conseil, mais des que nous nous serons quittés, je leur en parlerais.
- Et de quoi s’agit-il ?
- D’une mission non officielle. Vous et les Spectres vous rendrez dans le secteur de Farlax pour vous mêlez aux populations et trouver des informations. La dernière opération a magnifiquement échoué, et nous pensons que cela peut venir du fait qu’elle avait été préparée et annoncée. La question qui reste en suspend, c’est comment l’Empire a su que la flotte allait passer par Proxima III à ce moment précis. Il n’est pas exclu que nous ayons une taupe, et c’est pour cela que vous devrez rester le plus discret possible …
- … et donc nous aurons une couverture.
- Tout à fait. Tous les détails se trouvent sur le databloc. Nous mettons un vaisseau à votre disposition. Vous transporterez des cargaison de bacta et d’autres babioles, ainsi que six chasseurs de tête Z-95 lourdement améliorés, nous ne voudrions pas perdre six pilotes d’exceptions parce qu’ils volaient dans des antiquités, dit-il avec un sourire.
- Bien, et quand sommes-nous censés partir ?
- Si les Conseillers arrivent à se réunir aujourd’hui et que nous avons leur amont, le départ se fera demain en milieu d'après-midi. Il reste deux trois petites choses à régler et tout sera en place.
- Je vais m’occuper de prévenir les Spectres et leur dire de préparer leurs bagages.
- Bien, de mon côté il faut que je contact la chef d’Etat, je dois donc vous laissez. Nous nous reverrons avant votre départ, et je vous informe si quelque chose change entre temps.
Les deux hommes se séparèrent, Ackbar retournant au palais alors qu’Antilles continua sa balade. Il mit le bloc de données dans sa poche et se dirigea vers un vendeur ambulant. Il s’acheta de quoi grignoter et alla se trouver une place à l’ombre, sous les branches d’un arbre wroshyyr miniature. Une fois son sandwich finit, il reprit le datapad et le lu plus en détail.
Les treize pilotes voyageraient sur le Bienveillant, renommé pour l’occasion le Joyaux de Kreg, un vieil escorteur de classe Gamma D-650 qui était assez répandu pour passer inaperçu aux mains d’un groupe de contrebandiers. Son hangar avait été modifié pour accueillir les chasseurs ainsi que la cargaison. Il passa aussi en revue les identités que les services spéciaux de la République leur avaient créées. Seuls quelques pilotes bénéficiaient de faux papiers, les autres n’étant pas assez connu pour pouvoir être découvert. Wedge vit avec horreur que son personnage allait l’obliger à porter un masque ainsi qu’un boîtier qui modifierait sa voix. Le corellien aurait préférer porter un casque plutôt que cette prothèse immonde qui tenait incroyablement chaud au moindre rayon de soleil. Il prit connaissance de l’histoire de Kreg Radan et sourit en apercevant les similitudes avec son propre passé. Il transféra les informations aux reste de l’escadron par le biais d’un canal hyper sécurisé et rangea définitivement le bloc de données dans la poche intérieure de sa veste. Il en sortit une petite télécommande de circuit asservi et pressa le bouton. Le temps que son speeder n’arrive, il profita du vent frais et du beau temps, pensant à la tête qu’allait faire sa femme en apprenant son départ. Elle allait encore plus enrager quand il lui dirait qu’il ne peut rien lui apprendre sur sa destination. La télécommande bipa pour lui annoncer l’arrivée de son transport. En le rejoignant, il s’arrêta chez un marchand de fleur, espérant que le bouquet allait calmer Iella.
XI
Système de Barab I
Le Promesse sortit du hangar de poupe du Vaniteux et prit la direction des centres de recherche et développement. La navette passa devant les chantiers de construction et Kergala jeta un coup d’œil au Envie et au Paresseux autour duquel des techniciens en combinaison spatiale s’activaient pour terminer les dernières finitions de la coque et finir le pont principal. Quatre chasseurs vinrent se placer autour du transport pour l’escorter jusqu’à sa destination.
Le Promesse arriva près des centres de recherches et de développement et prit la direction de la station numéro 3. Au loin, les chantiers spécialisés avaient commencé la production des Corps Céleste. Les TIE rebroussèrent chemin quand la navette entra dans le hangar. Iron fit une tête à queue et posa son transport. Il activa la commande d’ouverture et se précipita à l’extérieur. Il marcha d’un pas rapide vers le bureau du responsable du centre. Son assistant lui apprit que la vice-amiral Dorst se trouvait dans le secteur des tests. Kergala tourna les talons et emprunta le turboleft. Il entra ses codes d’accès personnels et le module s’ébranla dans le silence le plus totale.
Le bruit des portes s’ouvrant fit sursauter un petit homme portant des lunettes de grossissement devant les yeux et un écran tactile à la main. Il se retourna et enleva immédiatement ses macrobinoculaires à la vue du Grand Amiral.
- Ne me faites pas un coup comme ça, même si je sais que l’accès est strictement réglementé, mon petit cœur reste fragile.
- Je suis désolé amiral, mais je pensais que vous étiez au courant de ma venu.
- Oui, je l’étais, mais pas à cette heure là. Enfin, arrêtons de palabrer sur des détails. J’imagine que vous venez voir si votre argent est toujours bien utilisé.
- Je ne nourris aucune peur à cette égard amiral, je vous connais depuis assez longtemps pour savoir que vous n’êtes pas plus dépensier que de raison.
- Trop aimable à vous, mais arrêtez les compliments, dans l’ordre normal, c’est mois qui devrait vous cirez les bottes afin d’espérer une augmentation.
- Eh bien cela veut dire que notre but est au moins atteint dans certains domaines, tachons de bouleverser l’ordre des choses dans les autres.
Jill Dorst sourit et lui fit un signe du bras pour l’inviter à le suivre. Le vice-amiral fit quelques pas pour attraper sa canne et se dirigea vers un turbo-ascenseur interne au quartier des tests. Ils descendirent de trois étages et arrivèrent dans une pièce à la sécurité accrue. Le Vieil homme passa sa carte dans le lecteur et laissa entrer Kergala.
La pièce était petite et occupées par seulement un bureau, une console et une armoire. Jill s’approcha du placard, posa sa main frêle sur le lecteur d’empreintes et dans un bruit d’échappement d’air, les battants de l’armoire s’ouvrirent. Sur les étagères étaient posé nombre de choses dont des circuits imprimés, des boîtiers de toutes les tailles et des databloc. Il attrapa l’un des boîtiers et le donna à Iron.
- C’est ça ?
- Non, ça c’est un distributeur de noix d’Ithor que je compte faire installer dans tous nos chasseurs ! Mais que voulez-vous que ce soit d’autre, bien sûr que c’est ça.
- Disons que le premier modèle que vous m’aviez montré était plus gros.
- Parce que le premier modèle était celui des anciens TIE. Ce que vous tenez entre vos mains c’est le modèle miniaturisé, celui pour les nouveaux TIE. Chacun sera doté de trois de ces générateurs, un pour chaque aile, ainsi, la demande en énergie sera moins importante et l’utilisation des autres systèmes du chasseurs n’altérera pas leur bon fonctionnement. De plus les sources d’alimentations devraient être indépendante afin d’accentuer l’effet précédemment cité.
- Tous cela dans un TIE de neuf mètres ?
Dorst prit un air exaspéré et leva les yeux au ciel.
- On dirait que vous découvrez le projet ! Avez-vous lu les rapports que je vous ai fait transmettre ?
- Oui, c’est juste que j’avais du mal à me représenter par moi-même, à travers le regard des autres il paraissait plus gros, et à travers celui de vos collaborateurs, cela leur paraissait impossible. J’ai eu beau travailler pendant presque vingt ans dans ces centres de développement, c’est la première fois que je vois sortir quelque chose de ce genre.
- Mon pauvre garçon, soupira Jill, la science et les technologies ont fait des bonds énormes ces dernières années. Sous le directorat du Grand Amiral Batch les moyens alloués à la recherche et développement n’étaient pas suffisant, même s’il est arrivé à créer les bouclier à l’hibridium et ceux au stygium, la plus part des crédits étant engloutie dans les projets de cette abruti de Lemelisk. Je dois avouer avoir eu une pensée narquoise quand j’ai appris que la première Etoile Noire avait été détruite par seulement une trentaine de chasseurs. Enfin, tout ça c’est le passé, je suis un visionnaire, vieux, serte, mais je regarde toujours de l’avant, et vous m’aidez à réaliser ses visions, conclu-t-il les yeux pétillant. J’imagine que vous voulez voir les résultats, demanda-t-il plus pragmatique.
- Mais bien entendu.
- Alors suivez moi, il faut se rendre dans la zone d’essaies.
Les deux hommes sortirent du bureau après que Dorst ait soigneusement fermé toutes les portes. Ils prirent une nouvelle fois le turboleft qui les mena quelques étages plus bas.
XII
Yavin IV
Luke se trouvait au sommet du temple principal de l’Académie. Il repensait aux derniers événements subits par la Nouvelle République. Pas les plus récents, mais ceux qui dataient déjà de plusieurs mois. Un seigneur noir de la sith avait refait surface et avait perpétrer un enchaînement d’attentats plus meurtrier les uns que les autres, touchant notamment le Sénat galactique et des installations contrebandières. Tout cela s’était déroulé sans que le Jedi ait pu agir vite et efficacement, il avait mit du temps avant de trouver une piste et de découvrir le poteau rose. Les destins de l’Ordre et celui de la jeune République étaient profondément lier, il en était intimement convaincu, mais si l’un d’eux venait à s’écrouler, il était fort probable que le second suive. Or les années passées avaient montré que l’un comme l’autre était plus que fragile, et tout cela l’inquiétait.
Avec les échecs ou semi-échecs de plusieurs de ses élèves, il se demandait si sa manière d’enseigner les rudiments de la Force était les bons. Il avait tendance à appliquer les méthodes qui l’avaient érigé, mais il oubliait bien souvent que pour la majeure partie de ses élèves, le contexte était différent du sien, le plus puissant seigneur noir de la sith du moment n’avait pas un lien de parenté avec eux ; ils n’étaient pas formé par maître Yoda qui avait connu des dizaines et des dizaines de padawans et qui pouvait donc discerner à temps le passage vers le côté obscur et tout faire pour l’éviter. Serte ce dernier avait lui aussi connu des échecs, à commencer par Anakin Skywalker, mais pour combien de Jedis formés avait-il eut de Jedi devenant un Sith ?
Il soupira et s’allongea sur la pierre froide, lançant la Force dans toutes les directions pour trouver le réconfort dans le calme de la forêt. " La Force est partout, lui avait dit Ben, elle nous entoure et nous pénètre. Elle réside dans chaque élément vivant de la Galaxie. " Skywalker avait trouvé la Vie sur Yavin IV comme refuge, expiant ses colères en s’attachant à un prédateur, et se décontractant en s’imprégnant des paisibles arbres et herbivores de la petite lune.
Il sentit une présence s’approcher de lui. La personne semblait stresser, peu sûre d’elle, hésitante. Il se releva et regarda vers l’escalier du temple. L’un des ses élèves, un Mon-Calamari du nom de Dagar se tenait debout sur la dernière marche, l’air résolument mal à l’aise, ne sachant trop sur quel pied danser. Luke lui fit un sourire franc et sincère et l’invita à s’approcher.
- Qu’est-ce qui te tracasse autant Dagar ?
- Maître, j’aimerais vous parler de quelque chose.
- Et bien vas-y, je t’écoute.
Sentant que le padawan était toujours aussi mal à l’aise, Skywalker se mit en tailleur et se concentra, espérant que son apprenti face de même. L’amphibien se laissa lui aussi aller et s’ouvrit à la Force, captant toutes les essences de l’environnement qui l’englobait. Il reprit une respiration normale très rapidement et rouvrit les yeux confiant et serein.
- Vous savez que je suis arrivé à l’Académie il y a environ deux ans, en même temps que Ragon Tarquis. Nous étions tout deux un peu perdu, et nous avons très rapidement lié d’amitié, devenant les élèves de maître Katarn.
- Je le sais, Kyle m’en a parlé. Il m’a dit que vous aviez de nombreuses lacunes dues à l’âge tardif de votre arrivée ici, mais qu’à vous deux vous vous complétiez à merveille. Votre tandem est profond et solide, vous ne devriez pas avoir de problème à devenir très fort si vous continuez sur cette voie.
- Merci maître, mais ce n’est pas de ça dont je voulais vous parlez. Depuis quelques temps, Ragon est perturbé, il n’est pas dans son état normal, il est triste. C’est un garçon très discret et distant, il ne parle pas beaucoup et nous n’avons que très rarement abordé son histoire. J’ai seulement appris que son père était décédé il y a quelques années, et que c’était bientôt l’anniversaire de sa mort. En essayant d’approfondir, j’ai découvert que cela le chagrinait mais que ce n’était pas la cause de son malheur, j’ai aussi appris qu’il avait un frère qui vit toujours sur Agamar.
- Intéressant. Son frère aurait-il des affinités avec la Force.
- Je lui ai posé la question et il n’a pas vraiment répondu. Il a juste dit qu’il était différent de lui, vraiment différent, mais je ne sais pas ce qu’il a voulu dire par-là. Tout ce que j’ai compris, c’est qu’il est plus jeune que Ragon, et que celui-ci s’est occupé d’éduquer son frère car leur père était peu présent. La séparation entre eux a été un déchirement, et depuis il n’a plus aucune nouvelle. Je pense que vous devriez lui parler, je ne voudrais pas que tout ce chagrin ne le mène trop loin si vous voyez ce que je veux dire.
- Oui, je comprends. Je te remercie de m’en avoir informer, je vais voir ce que je peux faire et je vais aller lui rendre visite. Ce que tu m’as raconté m’intrigue.
- Par contre maître, ne lui dites pas que c’est moi qui suis venu vous voir, je ne voudrais pas qu’il croit que je me mêle d’histoire qui ne me regarde pas.
- Ne t’inquiètes pas pour ça, je serais muet comme une tombe. Retourne te reposer en paix, je prends le relais.
- Merci, dit Dagar avant de se lever et de retourner dans sa chambre.
Luke regarda son élève partir et attendit d’être sur qu’il était assez éloigné pour se concentrer et projeter son esprit vers celui de Ragon. Il sonda le padawan sans trop aller dans ses souvenirs, essayant de savoir exactement ce qui se passait dans la tête du jeune homme. Il trouva tout un tas de sentiment propre à une personne de cette âge, mais il trouva aussi une profonde tristesse liée à un grand nombre d’éléments que Luke n’arrivait pas et ne voulait pas encore parfaitement discerner. Il trouva aussi et surtout un sentiment de peur, peu développé, mais qui avait l’air d’être présent depuis déjà longtemps, et qui risquait de grandir, avec tout ce que cela signifiait. Il remercia intérieurement Dagar de l’avoir prévenu et coupa le lien avec l’aîné des Tarquis. Il se leva à son tour et rejoignit son modeste logement. Il se faisait vraiment tard, et il aurait probablement besoin de forces pour le lendemain. Luke avait le pressentiment qu’il allait mettre son nez dans un histoire qui allait le mener loin, très loin, mais il avait aussi l’impression que de toute façon ce qui arriverait devait arriver, et que ce moyen d’aborder le futur problème serait le plus simple pour tout le monde.
XIII
Bastion
Le Vaniteux croisait au-dessus de la planète mère des vestiges de l’Empire. Kergala avait eu du mal à faire accepter au Moff Disra que Bastion faisait maintenant parti intégrante de l’Empire recomposé, et que tout cela se trouvait maintenant sous ses ordres. A vrai dire, Iron n’avait eu aucune envie de rendre visite au chef du secteur impérial, mais il le devait pour assurer la cohésion qui faisait la force de sa puissance. Sans le soutient de la capitale des vestiges il aurait été possible de continuer, mais pourquoi se priver de ce soutient considérable. Au bout de plusieurs heures de discussion inutiles, et se rendant compte que le Moff faisait tout pour tourner en rond et ne pas accepter, Kergala avait du employer des moyens détourner, et comme par magie il avait rapidement reçu l’accord de Disra.
Le seconde raison de sa présence dans le système était la rencontre qu’il devait avoir le jour même. La personne avec qui il allait parler était loin d’être sûre à cent pour cent, et il préférait ne pas le recevoir sur Barab I. Si par malheur il y avait des fuites dans la suite de son plan, cela ne retomberait que sur le vieille Etat Major et de lui laisser les mains encore plus libres.
Il attendait donc patiemment dans son bureau, passant en revue toutes les informations qu’il possédait sur l’homme quand celui-ci frappa à la porte et entra sans attendre qu’on le lui ait dit. Iron faillit émettre une remarque mais se retint, pas la peine de partir sur de mauvaise base s’était-il dit.
- J’espère que votre séjour parmi nous vous est agréable conseiller Risort.
- On ne peut mieux, répondit le grand homme aux habits de si mauvais goût, je dispose de tout ce dont je souhaite, et l’argent qui est régulièrement verser sur mon compte me remplis d'aise. Je ne suis pas pressé de repartir dans mon bled pommé.
- Ne vous inquiétez pas pour cela, si vous acceptez ce que je vais vous proposez, vous n’y retournerez pas de si tôt.
- Vous m’intéressez là, dit Dreyf en s’asseyant sans l’avoir demandé non plus. Continuez, je suis toute ouïe.
- Je pense que nous pourrions passer un marché. Voyez-vous, je cherche quelqu’un pour nous " représenter " aux élections de Bespin. La liste des candidats dont je dispose est longue, mais il s’est avéré que vous étiez en tête. Bien entendu, vous ne vous présenterez pas en tant que candidat de l’Empire …
- Cela va de soi, l’interrompit le conseiller.
Kergala lui adressa un sourire qu’il voulut le plus faux possible et reprit.
- Vous camperez donc le rôle d’un natif de la planète qui l’a quitté pour des raisons de carrière, et qui revient avec la ferme intention de servir les intérêt du peuple. Pour les détails, je vous laisse aviser, vous devriez vous débrouiller. Vous aurez carte blanche sur tout ce qui concernera la politique intérieure et la majeure partie de la politique extérieure. Par contre, la politique énergétique dépendra de mon bon plaisir. Bespin s’est énormément développé ces dernières années, et sa production de gaz Tibanna avec. Sachez qu’en ce qui concerne l’exportation, je garderais un œil sur vos moindres faits et gestes et que je n’hésiterais pas à intervenir et à vous contrôler si je découvre que vous sortez un peu de vos fonctions et que vous tentez de me doubler. Il sera même inutile de le faire en finesse, je serais quand même au courant. J’insiste sur ces derniers points, et je sais que vous êtes assez intelligent pour parfaitement les comprendre et en aviser toutes les conséquences.
Risort venait tout d’un coup de perdre de son arrogance. Il s’était petit à petit enfoncer dans son fauteuil, accusant le coût de la proposition qu’on venait de lui faire. En temps normal, il ne supportait pas qu’on lui dicte ce qu’il devait faire, mais là, c’était une autre paire de manche. Il pouvait devenir un homme important sans aucun effort pour y parvenir, sans avoir à faire de concessions, mais celle-ci viendrait plus tard. Bien sûr qu’il se fichait éperdument de ne pas avoir son mot à dire sur la politique énergétique de la planète, mais sur le principe, cela le tracassait. Toute l’économie de Bespin était focalisé sur l’exportation du précieux gaz. Si celui-ci lui échappait, il avait bien peur que le reste s’échappe avec.
- Bien entendu, nous nous débrouillerons pour que notre petit marché reste secret, vous aurez juste à déclarer que vous céder l’exclusivité des stocks et des ressources à notre fausse entreprise, garantissant ainsi des prix fixes et des crédits alimentant les caisses régulièrement, sans risque de désistement, etc. Alors qu’en dites-vous ?
Qu’en disait-il ? Qu’il ne savait pas quoi faire, se retrouver à la botte de l’Empire et être très riche, ou alors garder le peu d’honneur qu’il avait et refuser la proposition en sachant que cela signifiait qu’il n’y en aurait probablement pas d’autre, et qu’il ne sortirait peut-être pas vivant du bureau.
- Si la peur de vous voir être exécuté car vous refusez l’offre motive votre hésitation, sachez que ce temps est révolu, je ne fais plus abattre quelqu’un car il a osé s’opposer à moi.
- Dans ce cas …
Bespin
Le cargo personnel de Risort mit à sa disposition par le Grand Amiral sortit de l’hyperespace aux abords de la géante gazeuse. Dreyf avait passé le voyage à relire les notes qu’il possédait sur ses adversaires et à se repasser en boucle les interviews et les meetings. Cela allait faire une semaine qu’il avait accepté de devenir le candidat officieux de l’Empire à l’investiture du post de baron administrateur de la Cité des Nuages. Depuis, il n’avait pas quitté ses appartements, passant toute la journée à se préparer et à décortiquer toutes les interventions de ses adversaires, à chercher les défauts de leur campagne, les erreurs, … et il commençait à en avoir sérieusement marre. Il pensait que Kergala réglerait tout, et qu’il n’aurait qu’à prendre le post, mais il devait faire la campagne, et il n’était pas si bon que ça à ce petit jeu.
Le vaisseau reçu l’accord d’atterrir et il s’engagea dans l’atmosphère de la planète. A peine avait il quitté le vide spatial que quatre twin-pods cloud car, vinrent se placer à ses côtés, s’assurant que le nouvel arrivant n’avait d’autre intention que d’atterrir à l’emplacement qui lui avait été réservé. Le soleil était en train de se coucher, conférant aux nuages une couleur orangée qui s’ajoutait à la teinte rose des amas de gaz. La ville flottante se dévoila derrière l’un d’eux, majestueuse, les rayons solaires perçant entre les immeubles. Des petits véhicules transportant des bombonnes faisaient la liaison entre les plates-formes d’extraction, celles de stockage et les usines de traitement de la cité. Dreyf les observait avec intérêt, tout cela serait bientôt " à lui ". Le cargo rejoignit l’un des axes de circulation et se posa sur l’aire d’atterrissage n°1138, les cloud car ne le quittant qu’une fois que ses moteurs fussent éteints.
Risort descendit de son astronef, suivit de près par ses conseillers, et se rendit dans l’hôtel le plus banal qu’il soit. Il avait décidé d’insuffler une ligne populiste à sa campagne, jouant le candidat proche du peuple, qui le comprenait, et pour cela il ne pouvait se permettre de descendre dans un des grands hôtel chique de la ville. Ses conseillers n’ayant pas cet impératif, ils ne s’en privèrent pas, laissant Risort seul dans sa chambre au loyer plus qu’abordable. Le conseiller fit une grimace en découvrant la décoration plus que pittoresque. Le gérant avait essayé de sortir du lot des hôtel dans cette tranche de prix, et il y était arrivé, mais pas dans le bon sens du terme. Dreyf ne toucha à rien, se contentant d’ajouter une photo de sa fausse famille sur la table de chevet et de déposer sa console portable sur le bureau. Il rangea soigneusement sa garde robe, prenant bien soin de mettre les habits de qualité derrière ceux qui composeront son personnage et sortit pour évaluer le terrain.
Dans les rues, outre les habituelles affiches publicitaires pour tel ou tel casino ou vantant les mérites des grandes firmes en place, les images des deux candidats déjà en lisse étaient diffusées un peu partout, les sondages s’affichant eux aussi régulièrement. Comme il le savait déjà, il y avait encore un grand nombre d’indécis, et c’était sur eux qu’il comptait. Le candidat républicain et celui servant les intérêts des grandes entreprises étaient au coude à coude, n’arrivant pas vraiment à décoller des trente pour cent.
Le gouvernement de Bespin n’avait jamais prit parti depuis la guerre des clones. Il soutenait alors la République, plus ou moins à contre cœur suivant le baron en place, mais cette politique avait surtout pour but de bénéficier d’une garnison de soldat en cas d’attaque de la CSI. Par chance, l’exploitation n’était pas assez grande pour attirer les regards. Lors de l’avènement de l’Empire, elle en avait profité pour prendre son indépendance et offrir ses ressources aux plus offrants, cela avait permis d’accumuler de gros bénéfices et donc d’améliorer considérablement le rendement, augmentant l’offre et engrangeant de nouveaux bénéfices. Depuis plusieurs années, les barons qui s’étaient succédés avaient été " pro " République, n’offrant pas l’exclusivité des stocks mais la priorité. Cette politique satisfaisait la population, mais elle n’était pas contre un changement.
" La situation politique est parfaite, pensa Risort, la balance des idéaux est stable, et la majeure partie de l’électorat que je vise n’est pas encore conquis par les programmes proposés. Il me suffit de mettre mon poids dans la balance et … "
Il se dirigea ensuite vers les bureaux d’inscription. Il se présenta comme le candidat du parti nationaliste bespinien. La personne qui l’enregistra leva un sourcil étonnée de n’avoir jamais entendu parler de ce parti, puis elle posa quelques questions obligatoires avant de le laisser partir. En rentrant à l’hôtel, il vit que les annonces avaient changé, son visage apparaissant à côté des deux autres. Tout le monde regarda le nouveau candidat et certains le reconnurent, le pointant du doigts. Risort se munit de son plus beau sourire et salua chaque personne qui le regardait fixement. C’était officiel, la bataille venait de commencer. Même si Tassis Iolln et Ritar Scadie seraient des adversaires de taille, il avait l’énorme machine financière impériale derrière lui, le combat en devenait donc inégal mais quand les gens s’en rendrait compte, il serait déjà trop tard.
XIV
Braxillion
Le monde vert tournait tranquillement autour de son soleil unique, ses petites lunes accompagnant son mouvement. Beaucoup qualifiait Braxillion de " petite Alderaan " à cause de sa végétation et de sa topographie proches de la défunte planète. La population, composée en majorité d’humains, n’avait aucune velléité agressive, et à part les forces de sécurité, la seule présence militaire était représentée par l’avant-poste républicain. Représentée au Sénat galactique, la délégation de Braxillion s’était toujours fortement opposée à une intervention des forces armées de la Nouvelle République pour résoudre n’importe quelle crise que ce soit.
En ce jour de fête, les rues de la capitale Leedra étaient bondées de monde. Tous les habitants ou presque s’étaient réunis pour célébrer l’arrivée du printemps et donc le renouveau de l’agriculture. Viendrait plus tard une seconde fête en l’honneur des récoltes. Les habitants étaient vêtus d’habits aux couleurs chatoyantes, et des tenues du même genre trônaient dans les boutiques. La mairie avait fait décorer toutes les avenues avec des guirlandes de fleurs qui s’illumineraient la nuit tombée, annonçant ainsi le début du bal. Tous les magasins et échoppes étaient ouverts, étalant leurs produits d’ici ou d’ailleurs, et le resteraient jusqu’à tard.
Diem Berlock était debout derrière les soldats travaillant sur les consoles de sécurité. Tout le monde était réunis à Leedra, ce qui avait amené la police planétaire à demander de l’aide aux troupes républicaines en poste. Berlock les avait envoyées comme il le faisait depuis maintenant cinq ans. Il soupira et prit la direction de la porte principale. Le bâtiment de surveillance planétaire se trouvait à plusieurs dizaines de kilomètres de la capitale, dans une préfecture nommée Irianne. A l’opposée de Leedra, les rues d’Irianne étaient complètement vide. Quelques habitants étaient bien resté sur place par manque d’argent ou tout autre raison, mais pour la plus part ils se trouvaient sur la place principal où avait été organisé une célébration aux dimensions modestes. Il allait aller vers la dite place quand un point scintillant attira son attention dans le ciel. Pour être plus exacte, il n’y avait pas qu’un seul point mais quatre ou cinq, dont un qui faisait une taille plus qu’inquiétante.
Il se retourna et couru vers l’entrée de la base quand un tir vint s’écraser sur le bâtiment derrière lui. L’immeuble se désintégra et l’explosion souffla Diem qui tomba face contre terre devant les portes du centre. Il se releva difficilement, écorché à plusieurs endroits, le bras tailladé par un éclat, et rentra précipitamment. A l’intérieur du complexe, tout le monde était en alerte. Des ordres étaient criés dans les enceintes, la voix du responsable demandant à tous de rejoindre son post ou les abris anti-bombardement. Berlock déboucha dans la salle de contrôle et regarda par-dessus l’épaule de l’homme se chargeant de la surveillance radar.
- Rapport ?
- La sonde hyperspatiale n°13 nous avait prévenus de l’arrivée de vaisseaux, mais un convoi était prévu pour aujourd’hui, donc nous ne nous sommes pas inquiéter. Dix minutes plus tard, un destroyer de classe Executor, quatre MKII et quelques croiseurs strike sont sortie en position d’attaque et ont commencé à bombarder la planète. L’officier en charge des communications a immédiatement lancé un message d’appel au secours, et il le relance toute les trois minutes, comme indiquer dans la procédure. Le Commodore Garfinn a été prévenu et il arrive, mais il se trouvait de l’autre côté de la planète à ce moment là, donc il ne sera pas sur la flotte avant cinq ou six minute. En plus, je ne pense pas que nos quelques bâtiments feront le poids … Nous n’attendons plus que votre accord pour ordonne à la Chasse de décoller.
- Hors de question, dites aux pilotes de rejoindre les abris et de laisser le matériel sur place.
- Mais …
Le contrôle radar venait de se retourner vers son supérieur et écarquillait les yeux en voyant les blessures de celui-ci.
- Major, vous êtes blessé …
- Oui, je sais, j’irais faire un tour au centre médic dés que j’en aurais le temps. Avez-vous prévenu les populations ?
- Oui monsieur, dit le jeune homme toujours troublé par l’état de Diem, nous l’avons fait. Nos hommes se sont rendu dans les bunkers et ont accueillis les habitants. Heureusement que c’est la fête aujourd’hui, les boucliers de la capitale vont protéger les gens.
- Espérons qu’ils tiendront, nous ne disposons que de vieux matériel. Bien, maintenez la procédure jusqu’à ce que la flotte soit partie, et ne faites sortir aucun civil tant que les villes ne seront pas complètement sécurisée.
- Bien monsieur.
Berlock fit un rapide passage au centre médicale où il demanda qu’on ne lui soigne que l’entaille qu’il avait au bras. L’unité 2-1B protesta mais s’exécuta n’appliquant que du gel sur les blessures superficielles. Le major sortit du centre en courant et rejoignit le commandant Srilann qui se trouvait dans son bureau à lire tous les bilans qui lui arrivaient. Il leva les yeux en voyant entrer son second et lui tendit un papier. Le major le lu un peu étonné. Comme il avait été dit, la capital était intacte, mais les boucliers ne pouvaient en être la raison, il n’était pas assez récent pour résister à un pilonnage en règle. Les destroyers avaient l’air de se concentrer sur les avant-postes républicains, comme le confirmait les majors des autres bataillons.
Les murs du bureau tremblèrent quand un tir vint toucher le sol à quelques mètres de là. Des morceaux de peinture tombèrent du plafond, venait recouvrir de poussière les dossiers du commandant et les deux hommes. Le major allait sortir de la pièce quand Vinus le retint.
- Garfinn vient d’engager la flotte impériale, dit-il, mais je ne pense pas qu’il s’en sortira.
- Je sais, mais s’il arrive à retenir l’attention des destroyer assez longtemps, cela permettra de finir l’évacuation et peut-être à de possible renfort de nous venir en aide.
- Vous savez que les communications sont coupées…
- Je m’en doutais un peu, mais il ne faut pas perdre espoir pour autant, il n’est pas impossible que notre première appel soit passé.
Coruscant
Leia se trouvait au milieu du flux incessant de speeders qui parcouraient inlassablement Galactic City. Le jour déclinait à l’horizon, les journées devenant de plus en plus court à vue d’œil. La journée de la chef d’Etat était enfin terminée. Cela faisait plus de onze heures standards qu’elle travaillait et la fatigue commençait à se faire ressentir. Depuis l’intervention de Kergala, elle attendait que les services du général Cracken lui fournissent de bonnes nouvelles, mais elles ne venaient toujours pas et c’était ça qui l’embêtait plus que le reste, les réunions avec les Conseillers ou les Sénateurs étaient passées au second plan. Elle vivait aussi dans l’inquiétude que les menaces du Grand Amiral ne se réalisent, s’attendant à tout moment à recevoir un rapport de tel ou tel système attaqué par les forces impériales.
Pour le moment, elle devait se détendre, et la pensée de retrouver son foyer et sa famille l’y aida. Son speeder changea de direction et se rendit vers le quartier Sénatorial, là où se trouvait son second logement. Le transport monta d’une dizaine de mètres pour se trouver à hauteur de l’appartement gouvernemental des Organa-Solo. Le véhicules se posa et à peine Leia avait-elle ouvert la porte que ses enfants se jetèrent à son cou. Elle les enlaça et les raccompagna à l’intérieur. Sur le chemin, Jacen leva la tête et regarda sa mère.
- Qu’y a-t-il mon trésor ?
- Je me demande où est 6PO.
- Bonne question, je n’en ai aucune idée. Je pense que votre père doit le savoir vu qu’ils étaient avec lui la dernière fois que je les ai vus.
- Nan, il n'en sait rien, je lui ai déjà demandé.
Elle fronça les sourcils et rentra dans l’habitation. Après avoir laisser ses enfants retourner jouer, elle chercha son mari qu'elle trouva devant l’holonet à regarder les informations. Ils s’embrassèrent et la chef d’Etat s’assit à côté de Han.
- Il paraît que tu ne sais pas où sont les droïdes ?
- J’imagine qu’ils se trouvaient dans le transporteur d’escorte lors de notre départ de Proxima III. S’ils ne sont pas là, c’est qu’ils doivent être avec Luke sur Yavin IV.
A ce moment, C-4 entra dans le salon le comlink de la maison à la main. Il le tendit à la chef d’Etat en disant que son frère désirait lui parler.
- Et bien quand on parle du loup, fit remarquer Solo. Tu lui demanderas pour 6PO.
Leia acquiesça et sortit de la pièce pour s’éloigner du bruit de l’holonet. Elle entra dans sa chambre, posa le comlink sur la console et accepta la communication. L’image de Luke s’afficha sur l’écran. Le Jedi avait l’air fatigué, ses nuits étant habitées depuis quelques temps par des cauchemars. Il lui en avait fait part, lui racontant ce qu’il voyait et lui disant qu’il allait au sommet du temple pour se calmer et faire partir les mauvais rêves.
- Bonjour Leia.
- Bonjour Luke. Tu as l’air fatigué, tes nuits sont toujours mouvementées ?
- Oui, et les troubles dans la Force augmentent. Je n’ai dormi que quatre heures aujourd’hui et les transes Jedis ne me permettent pas de récupérer complètement. A vrai dire, je n’appelais pas pour ça. J’ai besoin de C-3PO et de R2, je dois me rendre sur Agamar, et les trois quarts de la population ne parlent pas le basique.
- Ils ne sont pas avec toi ?
- Qui ça ?
- 6PO et R2 ?
- Bien sûr que non, la dernière fois que je les ai vus c’est quand Han est passé les chercher avant le désastre au-dessus de Proxima.
- Tu ne les as pas revus depuis ?
- Non, pourquoi ? Il y a un problème ?
- Attends une minute je te prie.
Leia sortit du champs de la caméra et revint quelques secondes plus tard en compagnie de son mari.
- Salut p'tit gars. Tu as l’air crevé.
- On parlera de ça plus tard, dit la chef d’Etat. Quand as-tu vu les droïdes pour la dernière fois ?
- Sur le pont du Victoire d’Endor, bouton d’or est venu me demander si tout allait bien. Après je suis allé retrouvé Chewie dans le Faucon et on a décollé. La suite vous la connaissez.
- Ils ne sont pas non plus sur Coruscant ?
- Non, répondit Solo en pianotant sur le clavier de la console.
Une fenêtre de recherche s’ouvrit dans le coin supérieur droit de l’écran et peu de temps après le résultat s’afficha.
- Et ils ne figurent pas non plus sur le registre des unités récupérées par le Champion de Sullust.
Braxilion
Les circuits d’urgence du petit droïde se mirent en route, activés par un événement extérieur. R2 sortit du mode veille, son capteur visuel reprit du service et passa l’environnement sous tous les spectres de vision et de détection. Rien ne semblait clocher autour de lui, il ne comprenait pas ce qui avait bien pu le réactiver. Il utilisa ses petits rétropropulseurs pour se remettre debout et déplia sa troisième jambe. Il regarda son compagnon qui ne bougeait pas. Il s’approcha de lui et se brancha sur son terminal. L’unité protocolaire n’avait rien, elle était seulement " endormie ". L’astromec roula jusqu’à la porte de la capsule qu’il fit sauter.
A l’extérieur tout était calme. Un nuage de fumée s’élevait à l’horizon. Sûrement un village ou quelque chose comme ça. Tant mieux, il ne serait pas difficile de contacter la chef d’Etat. Ses détecteurs interceptèrent un mouvement dans le ciel. R2 " leva la tête " et fixa son œil sur l’espace. Aucun doute possible, une bataille faisait rage au-dessus de la planète, et en vue de la situation, les forces républicaines ne tiendrait plus très longtemps. En effet, en seulement une petite demi-heure, la flotte néo-républicaine fut anéantie et les destroyers se positionnèrent autour du monde. Reconnaissant la manœuvre, le droïde se précipita à l’intérieur du module de sauvetage pour se mettre à couvert.
A peine son dôme à l’abri, les turbolasers impériaux se mirent au travail, le sol tremblant sous leurs assauts. D2 passa un bras en dehors pour enregistrer la scène. Un tir peu précis rencontra la terre à une dizaine de mètres de la capsule, envoyant des mottes de terre et d’herbe partout au alentours, une pluie de cailloux broyés s’abattant sur la coque du module. Le bombardement fut court mais intense. R2 vit la force de frappe se replier et repasser en hyperespace.
Après s’être assuré d’avoir bien tout enregistré, il retourna auprès de C-3PO et le réactiva. L’unité dorée se releva d’un coup en criant.
- O mon Dieu, on va tous mourir ! R2, il faut atteindre les capsules avant que le vaisseau ne soit détruit !
D2 émit une série de bips rapide et suraigu pour faire taire son ami.
- Un bombardement ? Mais de quoi me parles-tu tas de ferraille ?
Le droïde regarda autour de lui.
- Ouf ! Nous sommes sauvés … Où sommes-nous R2 ?
L’astromec lui répondit plus calmement et ré-expliqua la situation.
- Les impériaux ! Ils sont encore là ?!
Nouvelle explication du petit droïde.
- Oui, oui, boîte de conserve, j’ai compris, pas la peine de t’énerver, je ne suis pas encore bon pour la casse, que le grand concepteur m’en garde. Bien, il ne nous reste plus qu’à trouver un relais hyperspatial et appeler maîtresse Leia pour qu’elle vienne nous chercher.
R2 aida son compagnon à se relever et ils sortirent de la capsule. Au loin, le nuage de fumée avait prit de l’ampleur. Il se dirigèrent vers la source des flammes, le contexte faisant que c’était probablement le meilleur endroit pour trouver de l’aide. Arrivés en haut de la colline, ils découvrirent un spectacle dont ils avaient perdu l’habitude depuis quelques années. La ville avait été complètement ravagée. Quelques immeubles tenaient encore debout, mais pour combien de temps. L’un d’eux dont la base avait été sapée par les explosions s’écroula devant leurs yeux.
Ils descendirent jusqu’à l’entrée de la cité. La rue principale était un immense no man’s land. Pas âme qui vive ne se trouvait dans le secteur. Ils s’engagèrent dans la ville, D2 en alerte, ses détecteurs passant chaque recoin au peigne fin. En arrivant dans une autre allée, ils découvrirent deux corps affalés au milieu de la route, l’un d’eux ayant les jambes coupées au niveau du genou. L’astromec vérifia tout de même mais aucun n’avait survécu. Il allait continuer quand ses détecteurs lui signalèrent une trouvaille. Il roula jusqu’à un tas de débris et se balança de droite à gauche pour signaler à 6PO qu’il avait découvert quelque chose. Il sortit ses bras dotés de pinces et commença à déblayer un accès blindé. Le panneau d’ouverture se trouvant à l’intérieur du bunker, l’astromécano dû percer le mûr pour trouver les câbles et créer un contact. Les portes s’ouvrirent et une rafale de blaster partit du bas de l’escalier.
- Arrêtez, arrêtez, s’égosilla C-3PO, nous ne sommes pas armés !
Les tirs cessèrent et la lampe de D2 éclaira l’intérieur de l’abri. Le faisceau lumineux passa sur une trentaine de visages qui mirent leur bras en visière pour ne pas être aveuglés. Un soldat ralluma les lumières de secours et un autre continua de garder les deux droïdes en joue. R2 trilla et le droïde protocolaire fit la traduction.
- Mon compagnon vous fait savoir que le bombardement est terminé et que la flotte impériale s’est retirée.
Tout le monde retint sa respiration et tourna son attention vers les républicains. Le sergent garda un œil suspicieux sur les droïdes et demanda confirmation à la base. La tension tomba d’un coup quand la réponse arriva et les réfugiés sortirent du bunker, découvrant à leur tour le décor apocalyptique. Certains se penchèrent sur les quelques cadavres, d’autres couraient vers leur logement pour le retrouver détruit. Les dix soldats se mirent immédiatement à l’œuvre, tendant des bâches au-dessus de défunts ou sécurisant la zone en détruisant les pans de mur qui menaçaient de s’écrouler. Les deux droïdes les aidèrent en rassurant les survivants ou en déplaçant les blocs de permabéton dangereux. 6PO s’approcha du sergent et demanda à ce qu’on les accompagne jusqu’au poste républicain le plus proche. L’homme accepta et donna ses dernières consignes avant de se diriger vers le centre militaire.
En chemin, ils virent la même scène qui se répétait inlassablement, même scène de désolation, les gens, à genoux devant une bâche ou un immeuble, pleurant les pertes matérielles et humaines. R2 trilla sur un ton triste et C-3PO compatit. Un bruit de réacteurs fut audible. Ils levèrent tous trois le regard et aperçurent les navettes gouvernementales et militaires qui venait déposer du matériel, des vivres et du personnel de secours. L’une d’elle se posa sur un carrefour et un groupe de médecins en sortirent, d’énormes caisses à la main.
Ils arrivèrent enfin aux portes de la base. Plus loin, on pouvait voir la zone de parcage militaire où des dizaines et des dizaines de gens attendaient d’être évacués ou aidés. Ils rentrèrent dans le bâtiment où la tension s'était calmée. Des hommes et des femmes circulaient toujours dans tous les sens des dossiers et des rapports à la main. Le sergent les conduisit directement vers le bureau du commandant, les laissant devant la porte avant de s’excuser et de partir. 6PO frappa et une voix grave leur dit d’entrer. Srilann leva les yeux et eut l’air étonné en voyant les deux droïdes.
- Que faites-vous là ?
- Commandant Srilann ! Quel plaisir de vous revoir, dit C-3PO, cela faisait longtemps.
Le major avait qui il était en train de parler avant d’être interrompu l’interrogea du regard.
- Ce sont les droïdes de la chef d’Etat. Nous nous sommes rencontrés sur l’Alliance lors du briefing avant la bataille contre l’Etoile de la Mort.
L’officier demanda si sa présence était encore utile puis il quitta la pièce.
- Comment ce fait-il que vous vous trouviez sur Braxilion ?
- Une suite d’événements funestes, répondit 6PO, nous avons manqué de nous faire tuer à plusieurs reprises pendant ces derniers jours. Heureusement, je suis arrivé à nous tirer de tous ces mauvais pas et …
Son ami trilla d’un ton désapprobateur pour lui rappeler qu’ils n’avaient pas le temps de discuter.
- Excusez mon compagnon, dit le droïde doré, il est assez impoli. Je disais donc que nous étions sur le Victoire d’Endor quand nous avons été attaqués au-dessus de Proxima III. Nous sommes arrivés à nous enfuir et la capsule de sauvetage nous a menés jusqu’ici.
- Avez-vous réussis à contacter Coruscant ?
- Non monsieur, les capacités de R2 sont limitées au communication intra planétaire.
- Et nous nous n’arrivons pas à joindre la capitale car les lignes sont saturées. Auriez-vous des codes prioritaires ?
R2 manifesta sa désapprobation à l’idée de fournir des codes confidentiels.
- Oui, je sais qu’ils sont privés, concéda le commandant, mais nous avons à tout prix besoin de recevoir de l’aide de la capitale. Nous sommes dans une situation critique et nos techniciens ne sont pas assez nombreux pour subvenir aux besoins de la population.
- Allons R2, ne fait pas ta tête de mule ! Tu ne vois pas qu’on a besoin de toi ?
L’astromec réfléchit quelques instants avant de rouler vers un terminal et de se connecter avec. L’écran s’alluma et la communication avec Coruscant fut établie.
Coruscant
Une effervescence inhabituelle régnait dans l’appartement des Organa-Solo. Une cellule de recherche avait été mise en place pour retrouver les droïdes, et il fallait ajouter à cela les attaques impériales simultanées sur deux mondes radicalement opposés. Le Conseil était en réunion de crise et Leia avait donc du quitter précipitamment le logis, laissant Han et Chewie se charger de retrouver R2-D2 et C-3PO. Le Corellien avait soupiré en apprenant que sa femme devait retourner au palais à une heure aussi tardive, surtout que toute décision prise par les Conseillers en ce qui concernait l’aide apportée aux système devait passer par le vote du Sénat. Cela signifiait que la chef d’Etat ne serait pas rentrer avant deux ou trois heures, au bas mot.
Anakin déambulait au milieu des hommes qui s’activaient dans toutes les pièces de l’appartement. Son frère et sa sœur étaient restés bien sagement dans leur chambre, Winter leur racontant des histoires, mais lui il voulait savoir ce qui se passait. Il savait que tout le monde recherché R2 et 6PO, mais il voulait savoir où en étaient les recherches. De plus, il adorait regarder les techniciens installer le matériel. Il les observait attentivement et notait les manipulations dans un coin de sa tête pour pouvoir les refaire plus tard. Il retournait dans sa chambre quand il passa devant celle de ses parents et entendit la sonnerie de la console. Il fixa son regard pendant quelques instants sur la petite lampe qui clignotait avant de courir vers son père, manquant au passage de faire tomber un ou deux soldats, et de lui crier que quelqu’un essayer de les appeler. Han ordonna à son fils de retourner se coucher, alla dans sa chambre, s’assit devant le moniteur et accepta la liaison.
- Alors Luke, qu’as-tu trouvé ?
- Non monsieur, ce n’est pas messire Luke.
- Bouton d’or ! s’exclama Solo. Où es-tu ?
- Je suis sur Braxilion.
- Braxilion ? demanda le Corellien d’un air étonné.
- Oui monsieur, D2 et moi-même sommes arrivés à nous échapper du croiseur et notre capsule s’est écrasée sur cette planète. Peu après, le système a subit un bombardement orbital …
- Et de trois … soupira Han.
- Comment monsieur ?
- Deux autres mondes ont été attaqués par l’Empire. Leia a quitté l’appart’ pour assister à la cellule de crise, et une cellule de recherche a été ouverte ici même. On est même plus chez soi, fit remarquer Solo d’un ton crispé mais qui se voulait sarcastique.
- J’en suis navré monsieur.
- Pas la peine, ces messieurs devraient pouvoir partir maintenant qu’on sait où vous êtes.
- C’est gentil de les avoir accueillis pour nous retrouver.
Quelqu’un parla dans le dos du droïde. Celui-ci se retourna pour mieux entendre avant de reprendre la parole.
- Je crois qu’il y a ici quelqu’un qui voudrait vous parler monsieur.
- Bien passes le moi.
C-3PO se déplaça et laissa sa place au commandant Srilann. L’homme adressa un grand sourire au corellien.
- Bonjour général Solo.
- Bon, bon, pas tant que ça, mais je suis heureux de voir que vous êtes toujours vivant Srilann. Que voulez-vous commandant ?
- De l’aide mon général.
- Comment ! Vous n’avez pas contacté le Haut Commandement ?
- Les lignes hyperspatiales sont saturées monsieur, impossible de joindre la capitale. Nous avons déjà contacté les systèmes avoisinants, mais je crains que cela ne suffise pas. Nous manquons cruellement de moyens ici, les services de sécurité et de secours font de leur mieux, mais ils sont surpassés. Par chance, le nombre de blessés n’est pas trop élevé, mais plusieurs villes sont à reconstruite complètement.
- C’est le même scénario sur Carratos, seules les zones rurales ont été attaquées. Le Grand Amiral veut probablement montrer qu’il est magnanime, mais le résultat est le même, il s’agit tout de même d’une attaque frontale, et cela m’étonnerait que le gouvernement reste inactif après ça. Surtout que la capitale dorvalienne a aussi été prise pour cible… Ne vous inquiétez pas, je préviens immédiatement l’amiral Ackbar et j’ordonne à un convoi de se préparer, il arrivera dans les plus brefs délais. Quant aux deux droïdes, dites leur que je donne leurs coordonnées à Luke qui devrait passer les chercher.
- Merci général.
- Bah, de rien, il faut bien que j’utilise mon rang de temps en temps. Autre chose ?
- Non monsieur.
- Parfait. Solo terminé.
L’image disparut et Han se re-adossa contre son siège. Anakin passa la tête par l’entrebâillement de la porte et entra dans la pièce. Il vint à côté de son père qui le regarda et lui ébouriffa les cheveux avec un grand sourire. Il le prit sur ses genoux et ouvrit une communication avec Yavin IV. Ce fut Lï’ala qui répondit. Solo demanda à joindre le Jedi mais la jeune femme lui répondit qu’il n’était pas disponible pour le moment. Han fit donc passer le message et éteignit la console. Il prit son fils dans ses bras et le raccompagna jusqu’à sa chambre, disant au passage à Chewbacca que les droïdes avaient été retrouvés. Il entra dans la chambre de ses enfants et adressa un grand sourire à Winter qui les laissa. Il déposa Anakin dans son lit et l’embrassa sur le front et il fit de même pour les deux autres. Il éteignit la lumière et alla prévenir les hommes dans son appartement qu’ils pouvaient eux aussi aller se coucher.
XV
Système de Barab I
L’Avare était encadré par le Vaniteux et le Luxure. Même si les trois superdestroyer volaient en formation de base, le fait que l’Amiral Cruskot soit escorté par les bâtiments de Kergala était assez explicite. Les trois flottes s’étaient réunis après avoir bombardé les cibles républicaines et étaient retournées au-dessus de Barab I.
Iron se trouvait dans son bureau en compagnie de Cruskot. Les traits tendus, les mains croisés, il attendait une explication de la part de son amiral. L’homme se tenait debout, aussi droit que le corps le permettait, essayant tant bien que mal de dissimuler son sourire de victoire.
- Alors amiral Cruskot, j’attends votre version des faits.
- Vous savez comment sont les jeunes officiers, la discipline de fer se perd chez les bleus …
- Alors pourquoi avoir placer une nouvelle recrue au poste d’officier tactique alors que vous saviez pertinemment qu’il n’allait pas exécuter vos ordres ? Ou peut-être est-ce moi qui me trompe, et qu’il a parfaitement écouté vos directives ?
Ecker eut enfin la franchise de sourire, le coin de ses lèvres se soulevant légèrement.
- C’était un excès de zèle tout simplement, nous n’allons pas punir un jeune homme prometteur parce qu’il a cru bien faire. Rappelez-vous comment vous étiez vous-même quand vous vouliez étonner vos supérieurs.
- Je les étonnais par mon sens aigu de la stratégie et par la réussites des missions qui m’avaient été confiées, le tout en respectant les ordres. Mais vous avez raison, nous n’allons pas réprimander la personne qui a eu l’idée, mais plutôt celle qui l’a acceptée. Qui était en post au moment des faits ?
Cruskot perdit son sourire narquois et ses yeux jetèrent des éclairs. " Sale petit bâtard, pensa-t-il, comment oses-tu ?! Me reprocher d’avoir éradiqué plus de rebelles que tu ne le voulais ! Tu ne perds rien pour attendre, je te tiendrais un jour, et là on verra qui aura des compte à rendre à qui. "
- D’après mes souvenirs, c’était le capitaine Rizz qui se trouvait en post à ce moment là, c’est lui qui a signé l’ordre de bombarder la capitale de Dorvalla, son destroyer le Viscère se trouvant au-dessus de la ville.
- Bien, je le verrais donc plus tard. Merci pour votre franchise amiral, mais je vous serais gré de mieux tenir vos officiers à l’avenir, je ne veux pas qu’un tel événement se reproduise sous mon commandement. Est-ce bien clair ?
" Ton commandement ne tiendra plus bien longtemps, donc oui, ça ne se passera plus. "
- Oui monsieur.
- Parfait, vous pouvez disposer amiral.
Ecker tourna les talons et sortit du bureau en pestant à voix basse. Iron appuya sur l’interphone et demanda à se qu’on prévienne le capitaine Rizz de venir immédiatement. Il n’avait aucunement l’intention de le faire payer pour les penchants sadiques et anarchistes de Cruskot, mais il devait quand même faire quelque chose pour que cela ne paraisse pas trop suspect. Le capitaine allait donc probablement être transféré sur un autre vaisseau dans une autre flotte pour noyer le poisson dans l’eau.
Kergala se mit à réfléchir à un moyen de calmer l’amiral dissident, mais pour l’instant aucune solution ne lui venait à l’esprit. " Espérons que je trouverais une idée et vite, il faut à tout prix que je l’évince et rapidement, sinon tout risque de capoter. " Il changea de sujet et pensa aux conséquences que pourrait avoir " l’excès " de zèle de Cruskot. En attaquant de manière contrôlée et réduite les positions républicaines, le Grand Amiral voulait maintenir la pression sans précipiter les choses, tout n’était pas encore en place pour déclarer la guerre totale, il lui fallait encore un peu de temps ; mais avec la destruction quasi totale de la capitale dorvalienne, le Sénat galactique risquait de voter carte blanche au Haut Commandement et au Conseil, et là, calmer le jeu serait impossible sans une intervention directe.
Kergala poussa un long soupir de désespoir. Il avait eu beau tout planifier, tout régler au détail près, il y avait toujours un grain de sable, plus ou moins gros, qui venait se placer dans les beaux rouages de son entreprises et manquer de tout faire stopper net. A croire que le destin s’acharnait contre lui et qu’il essayait de lui faire comprendre que c’était peine perdu. Il sourit. Il avait déjà assez eu affaire au destin pour savoir qu’il était possible d’aller à l’encontre de celui-ci. Et puis des fois, un désavantage pouvait se révéler être un atout précieux et jouer en sa faveur, mais pour cela, il fallais parfois forcer la main au destin…
A la semaine prochaine ^^
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